Des classes se vident faute d’ac­cueil pa­ra­sco­laire

Les éco­liers dé­sertent Flo­ris­sant pour sur­char­ger le Col­lège du 24-Jan­vier. Un pos­tu­lat ap­pelle la Ville à pa­rer en ur­gence au manque d’op­tions dans le quar­tier

24 Heures - - Vaud - C.BA.

«Mais où sont pas­sés les en­fants?» Fré­dé­rique Beauvois est conseillère com­mu­nale à Re­nens, pré­si­dente de l’as­so­cia­tion lo­cale de pa­rents d’élèves et ac­ces­soi­re­ment une ha­bi­tante du quar­tier de Flo­ris­sant. Sa ques­tion part d’un constat. «Ma fille a fait sa ren­trée en 5e pri­maire au Col­lège de Flo­ris­sant. J’étais contente car sa classe ne comp­tait que 16 élèves.» Mais la jeune ma­man s’est vite aper­çue que la classe d’à cô­té avait le même ef­fec­tif ré­duit, et que l’école avait re­grou­pé deux classes de 3e et de 4e en une seule.

Dans un pos­tu­lat, l’élue épingle le manque d’en­ca­dre­ment des éco­liers dans ce quar­tier po­pu­laire du nord de Re­nens: «Les pa­rents qui tra­vaillent se voient obli­gés de de­man­der que leur en­fant soit sco­la­ri­sé dans un éta­blis­se­ment qui n’est pas ce­lui de leur quar­tier, mais qui dis­pose d’un ac­cueil pa­ra­sco­laire.»

Di­rec­trice de l’Éta­blis­se­ment pri­maire Re­nens-Est, qui re­groupe plu­sieurs bâ­ti­ments sco­laires, Ca­role Boyer s’in­quiète aus­si du phé­no­mène: «Ce­la a un im­pact im­por­tant pour notre or­ga­ni­sa­tion, car les classes du Col­lège de Flo­ris­sant sont dé­ser­tées, tan­dis que celles du Col­lège du 24-Jan­vier sont sur­char­gées.» Se­lon les chiffres de l’éta­blis­se­ment, entre la ren­trée 2013 et celle de 2018, l’ef­fec­tif à Flo­ris­sant a bais­sé de 35% chez les 1re et 2e pri­maires, suite à l’en­trée en fonc­tion du nou­veau Col­lège de la Croi­sée no­tam­ment, et de 25% chez les 3e à 6e. «Se­lon la loi de l’en­sei­gne­ment obli­ga­toire, l’école ne de­vrait pas s’adap­ter à l’offre pa­ra­sco­laire. Dans les faits, c’est bien le contraire qui se passe pour les élèves de ce quar­tier», ob­serve la di­rec­trice.

«Cer­taines ma­mans songent à ar­rê­ter de tra­vailler faute de so­lu­tion pour leurs en­fants, alerte Fré­dé­rique Beauvois. L’al­ter­na­tive au pa­ra­sco­laire, ce sont les ma­mans de jour, qui sont en nombre tout à fait in­suf­fi­sant, ou les aides non dé­cla­rées.» Dans son pos­tu­lat, l’élue ap­pelle la Mu­ni­ci­pa­li­té à trou­ver une so­lu­tion dès la ren­trée 2019 et pro­pose de créer un ac­cueil pro­vi­soire pour les re­pas de mi­di dans les lo­caux du Col­lège de Flo­ris­sant. Dans le quar­tier, il fau­dra en ef­fet at­tendre la ren­trée 2020 pour com­bler la brèche de ma­nière pé­renne, avec l’ou­ver­ture d’un ac­cueil do­té de 24 places. L’an­cienne école en­fan­tine de Flo­ris­sant doit aus­si être re­con­ver­tie en ac­cueil pa­ra­sco­laire, mais au­cun ca­len­drier n’est en­core fixé. «Nous sommes très conscients du pro­blème et de ce que vivent les pa­rents, ré­agit Ka­rine Clerc, mu­ni­ci­pale en charge de l’En­fance. Nous at­ten­dons de pou­voir exa­mi­ner ce pos­tu­lat et voir ce qu’il est pos­sible de faire.»

Re­nens

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