OEuvre du sculp­teur Vincent Koh­ler, les deux jambes me­su­re­ront quatre mètres de haut. Elles sont mises à l’en­quête pu­blique

24 Heures - - Vaud - Laurent An­to­noff

On n’en at­ten­dait pas moins du fa­cé­tieux Laurent Flutsch, hu­mo­riste et di­rec­teur du Mu­sée ro­main de Vi­dy. En quête d’une oeuvre d’art qui mar­que­rait de son em­preinte l’en­trée de l’ins­ti­tu­tion du­ra­ble­ment, il a fi­na­le­ment je­té son dé­vo­lu sur une sculp­ture du lau­san­nois Vincent Koh­ler: deux jambes géantes de quatre mètres de haut. Ac­tuel­le­ment mises à l’en­quête pu­blique, elles pour­raient se plan­ter de­vant le mu­sée avant la fin de l’an­née dé­jà.

«La pro­po­si­tion de Vincent Koh­ler nous sé­duit. Elle est dé­ca­lée, mar­rante tout en étant évo­ca­trice de l’ar­chéo­lo­gie. Et bien évi­dem­ment, la di­men­sion de ces jambes est in­té­res­sante», ex­plique Laurent Flutsch. S’il ad­met vo­lon­tiers que le Mu­sée ro­main est «dé­cen­tré et écar­té de la voie pu­blique», que beau­coup ne le re­marquent pas, il es­père qu’avec «cette chose-là», le pro­blème se­ra en par­tie ré­so­lu.

«Les jambes géantes, c’est sou­vent tout ce qui reste des co­losses avec le temps» Vincent Koh­ler

Sculp­teur lau­san­nois

Le hors norme, il connaît

L’ar­tiste Vincent Koh­ler n’en est pas à sa pre­mière ins­tal­la­tion à Lau­sanne. On lui doit no­tam­ment la fon­taine de l’es­pla­nade du Flon et les ga­lets-jeux pour la Mai­son de quar­tier du cô­té de Chailly. Les réa­li­sa­tions hors normes, il connaît: de la san­tiag géante en bé­ton aux jambes – dé­jà – de plus de un mètre de haut dan­sant le french can­can. «Je réa­lise sou­vent des agran­dis­se­ments dans mon tra­vail. Pour le Mu­sée ro­main, il fal­lait que ce­la fasse «ruines» quand même. D’où l’idée de jambes géantes, parce que c’est sou­vent tout qui reste des co­losses avec le temps», confie l’ar­tiste.

Sauf que les jambes de Vincent Koh­ler se­ront plus «contem­po­raines» et moins «vi­riles» que celles d’un gla­dia­teur mus­clé. Et pour cause: ce sont celles de sa fille, qu’il a scan­nées puis mou­lées. Des jambes d’en­fant qui marche, à la réa­li­sa­tion as­sez brute faite de bé­ton en strates et de cailloux, aus­si, dans une do­mi­nance de gris.

Une sta­tue à 17 000 francs

À la Ville, c’est la mu­ni­ci­pale Na­ta­cha Lit­zis­torf (Les Verts), di­rec­trice du Lo­ge­ment, de l’En­vi­ron­ne­ment et de l’Ar­chi­tec­ture, qui pi­lote ce pro­jet de­vi­sé à 17 000 francs et fi­nan­cé par le pour­cen­tage cultu­rel lié à la construc­tion du mu­sée. «L’idée de ces jambes géantes qui per­met de jouer avec les échelles du pay­sage, ce­la me plaît bien.»

Une autre sta­tue im­po­sante a fait son ap­pa­ri­tion du cô­té de Vi­dy il y a quelques se­maines: le «Châ­teau la­pin» de Za­ric, dans le cadre d’une ré­tros­pec­tive qui lui est consa­crée à l’Es­pace Ar­laud. Ac­cu­sée par cer­tains pro­me­neurs de gâ­cher la vue sur le lac, elle n’est là que tem­po­rai­re­ment. Le temps ve­nu, le ba­by-foot géant de Za­ric pour­rait être ra­pa­trié sur le site du stade de la Tui­lière où une autre ins­tal­la­tion est d’ores et dé­jà pré­vue. Il s’agi­ra d’ap­por­ter une di­men­sion ar­tis­tique aux quatre pe­tits édi­fices où les billets se­ront ven­dus. Tou­jours en lien avec le pour­cen­tage cultu­rel com­pris dans le bud­get de construc­tion. «Cette pos­si­bi­li­té de fi­nan­ce­ment n’est pas tou­jours uti­li­sée, mais on va rat­tra­per le temps per­du», as­sure Na­ta­cha Lit­zis­torf.

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