Bo­ca ­Ri­ver, ou quand le foot dé­passe tout en­ten­de­ment

Ex­plo­sif par na­ture, le der­by de Bue­nos Aires a lieu pour la pre­mière fois en fi­nale de la Co­pa Li­ber­ta­dores

24 Heures - - Sports - S.M.

Bien sûr, il y a dé­jà eu un AC Mi­lan - Ju­ven­tus ( 2003), un Bayern - Dort­mund ( 2013) et même deux Real - At­lé­ti­co Ma­drid (2014 et 2016) en fi­nale de la Ligue des cham­pions. Bien sûr, ça n’est ni la pre­mière ni la der­nière fois qu’un match en­flamme toute une ville, dé­chire tout un peuple. Bien sûr, on hur­le­ra du Caire à Glas­gow, en pas­sant par Is­tan­bul, Var­so­vie ou Rio de Ja­nei­ro (par­don à tous les autres), que chez nous aus­si, le foot­ball est «bien plus qu’une simple ques­tion de vie ou de mort » – comme di­sait Bill Shank­ly à Li­ver­pool. Oui, trois fois oui et c’est bien ce qui fait de lui un phé­no­mène si spé­cial, le foot sait ré­pandre sa flamme dans les moindres re­coins d’une pla­nète conquise.

Mais quand même: une fi­nale de Co­pa Li­ber­ta­dores (la C1 su­da­mé­ri­caine) entre Bo­ca Ju­niors et Ri­ver Plate, les deux ri­vaux (eu­phé­misme) de Bue­nos Aires, ça risque de tout ex­plo­ser sur l’échelle de la pas­sion, de la fo­lie. Pour le meilleur et pour le pire. Ce que va vivre la ca­pi­tale ar­gen­tine, entre le match al­ler de ce sa­me­di à la Bom­bo­ne­ra (21 h en Suisse) et le re­tour au Mo­nu­men­tal du 24 no­vembre, dé­passe tout en­ten­de­ment. D’ailleurs, l’autre jour, une dis­cus­sion pu­re­ment foot­bal­lis­tique s’est ter­mi­née par des coups de feu.

Zé­ro mort pour l’ins­tant – sous ré­serve des sou­bre­sauts de la nuit pas­sée, veillée d’armes. Mais le contexte, tra­di­tion­nel­le­ment ten­du pour ce Su­per­cla­si­co (Bar­ça - Real, ça n’est que le Cla­si­co), 369e du nom de­puis 1908, s’an­nonce plus ra­va­geur que ja­mais. Sur le plan « spor­tif » d’abord, parce que ja­mais les deux clubs ne s’étaient en­core af­fron­tés à ce stade ul­time de la com­pé­ti­tion reine; gloire éter­nelle à qui l’em­por­te­ra, ma­lé­dic­tion in­ex­tin­guible à ce­lui qui s’in­cli­ne­ra. Sur le plan po­li­tique en­suite, parce que le pays, par na­ture en ébul­li­tion, se trouve en équi­libre éco­no­mi­co-hu­main très ins­table. Et comme s’il n’y avait pas as­sez de sel dans le chi­mi­chur­ri (sauce tra­di­tion­nelle af­fi­liée à la pra­tique de la grillade), Mau­ri­cio Ma­cri, pré­sident ar­gen­tin ul­tra­con­tes­té par les pauvres parce qu’il semble ne s’in­té­res­ser qu’aux riches, est aus­si un an­cien pré­sident de Bo­ca Ju­niors.

Bo­ca - Ri­ver, ou l’af­fron­te­ment ul­time. Plus de mille jour­na­listes ac­cré­di­tés, dif­fu­sion as­su­rée dans une cen­taine de pays à tra­vers le monde – jus­qu’ici, tout va bien. Bo­ca - Ri­ver pour la der­nière fi­nale de la Co­pa Li­ber­ta­dores à se dis­pu­ter en matches al­ler-re­tour, ça va­lait la peine d’at­tendre. Pour le meilleur ou pour le pire.

Newspapers in French

Newspapers from Switzerland

© PressReader. All rights reserved.