Les cou­leurs de Na­po­léon

24 Heures - - Samedi -

Quand la France entre en guerre en 1914, les hommes partent avec une te­nue da­tant de l’Em­pire qui va de­ve­nir, avec ses cou­leurs ro­man­tiques, l’icône de la fin d’une époque. Au front face aux Al­le­mands do­tés de ca­mou­flages et d’armes mo­dernes, cette te­nue se ré­vé­le­ra in­adap­tée aux com­bats.

Mo­bi­li­sés, vo­lon­taires et ré­ser­vistes portent en­core le ké­pi rouge de 1884. Très voyant, il est nor­ma­le­ment re­cou­vert d’un couvre-ké­pi bleu clair qui sup­por­te­ra très mal la pluie.

En laine dou­blée de toile, la ca­pote mo­dèle 1877 se ré­vèle to­ta­le­ment dé­pas­sée, avec ses bou­tons flam­boyants, un col trop bas, des plis met­tant en avant le beau pan­ta­lon et le nu­mé­ro du ré­gi­ment re­haus­sé de rouge. Sur chaque épaule, une patte en rou­leau sert à re­te­nir le fu­sil (le Le­bel 1986, de 4 kg) et le ha­vre­sac (20 kg sans les mu­ni­tions).

1. Le ké­pi

2. La ca­pote

3. Le pan­ta­lon ga­rance

Fier­té na­tio­nale, le pan­ta­lon rouge re­mon­tant à Charles X peine à être aban­don­né. Un ca­deau pour les ar­tilleurs al­le­mands qui les re­pèrent ain­si fa­ci­le­ment. Les ca­davres d’août 1914, ré­pan­dus sur les champs, se­ront com­pa­rés à des co­que­li­cots par les poi­lus.

Les pieds souffrent de bro­de­quins non étanches et de jam­bières en cuir sou­vent dou­lou­reuses pour les mol­lets.

4. Bro­de­quin et jam­bière

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