In­sul­tée par des élèves, une en­sei­gnante perd sa place

Le nom de la prof as­sor­ti d’obs­cé­ni­tés est res­té ta­gué une se­maine près de l’école.

24 Heures - - La une -

La prof té­moigne ano­ny­me­ment. Son nom a été suf­fi­sam­ment sa­li, es­time-telle. En sep­tembre der­nier, il s’éta­lait en grosses lettres le long d’un pas­sage me­nant à l’éta­blis­se­ment dans le­quel elle en­seigne de­puis dix ans, as­sor­ti d’in­sultes et de des­sins obs­cènes. «Deux élèves af­fo­lées m’ont aler­tée de ce tag», se sou­vient-elle. Elle si­gnale aus­si­tôt la chose, mais l’in­fa­mant graf­fi­ti reste en place près d’une se­maine, à la vue de tous ceux – élèves et en­sei­gnants – qui passent par là pour se rendre à l’école.

De­puis les faits, la di­rec­tion de son éta­blis­se­ment n’a pas for­mel­le­ment con­dam­né ces actes, dé­plore-t-elle. La co­lère des syn­di­cats, en décembre, n’y a rien chan­gé. Pas plus qu’une in­ter­ven­tion de­vant le Grand Con­seil de la dé­pu­tée so­cia­liste Ta­ra­neh Ami­nian en fé­vrier der­nier.

«Je suis la vic­time d’une vio­lence sexiste in­ac­cep­table qui m’a été in­fli­gée sur mon lieu de tra­vail. Pour­tant c’est moi qui en paie les consé­quences», s’in­digne la prof. Dès la ren­trée pro­chaine, elle tra­vaille­ra dans un autre col­lège, for­cée d’ac­cep­ter un poste où elle se char­ge­ra d’une ma­tière qu’elle n’a ja­mais en­sei­gnée. C’est cette ul­time pé­ri­pé­tie qui la pousse à té­moi­gner au­jourd’hui. Ses dires sont lar­ge­ment confir­més par notre en­quête.

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