AILLEURS

Des «No­ckerl» et du pou­let frit pour les pa­pilles, les «Fest­spiele» pour les sens nobles. Avec ça, des cos­tumes tra­di­tion­nels, des églises et du ba­roque à foi­son. Et bien sûr Mo­zart, tou­jours Mo­zart, en­core Mo­zart. Ce­la dit, on peut al­ler au-de­là du clich

Bilan - Luxe - - Sommaire - Hans Uli von Er­lach

Salz­bourg : bien plus que du Mo­zart

l va de soi que Mo­zart est in­con­tour­nable. Le gé­nie de la mu­sique né ici en 1756 est om­ni­pré­sent. Sa mai­son na­tale, son do­mi­cile et les fonts bap­tis­maux de bronze vieux de bien­tôt 400 ans sur les­quels il fut bap­ti­sé sont des must tou­ris­tiques au même titre que les boules de cho­co­lat au mas­se­pain or­nées de son portrait. On sait ce­pen­dant qu’entre lui et sa ville na­tale, il y avait un rap­port d’amour-

Ihaine et qu’à 25, ans il par­tit une fois pour toutes pour Vienne. Les Salz­bour­geois et leur of­fice du tourisme le lui ont par­don­né de­puis long­temps et vivent al­lè­gre­ment de son image. Mais at­ten­tion ! Il est re­ve­nu en 2005 ! Haut de près de trois mètres, comme une sta­tue de bronze. Et en tant que femme, ain­si que le montrent ai­sé­ment un torse exu­bé­rant avec jeu de jambes plein d’en­train et coif­fure à tresse ty­pique de Mo­zart. Car la muse s’élève au-des­sus des dis­tinc­tions de genre. La sculp­ture de l’ar- tiste al­le­mand Mar­kus Lü­pertz est une des treize oeuvres – à ce jour – que la Salz­burg Foun­da­tion a éri­gées sur les places du centre de la ville. Des places que les ar­tistes in­vi­tés ont pu choi­sir eux-mêmes. Tous des noms ré­pu­tés dans le monde comme An­selm Kie­fer, Ste­phan Bal­ken­hol, James Tur­rell, Ma­rio Merz, Ma­ri­na Abra­mo­vic et l’au­tri­chienne Bri­gitte Ko­wanz, qui a ins­tal­lé aux quatre têtes de pont d’une Staats­brücke char­gée d’his­toire des cubes de verre se­mi-ré­flé­chis­sants or­nés d’ins­crip­tions au néon.

______Les treize sculp­tures se vi­sitent au gré d’un « Walk of Mo­dern Art » à tra­vers la ville. « Il ne s’agit pas sim­ple­ment de meu­bler les places mais de re­dé­cou­vrir des lieux », ex­pose le pro­fes­seur Wal­ter Smer­ling, tête pen­sante de ce pro­jet ar­tis­tique dans l’es­pace pu­blic. Un pro­jet qui s’est pas­sé de fonds pu­blics, notez-le bien, fi­nan­cé par des spon­sors – Cre­dit Suisse a ou­vert la ronde en 2002 – et par des membres de la fon­da­tion. Il y a cinq ans, les sculp­tures sont pas­sées à la col­lec­tion de l’in­dus­triel Rein­hold Würth, qui les confie à la ville en guise de prêt per­ma­nent. Wal­ter Smer­ling se ré­jouit : « Même si, au dé­but, nous nous sommes heur­tés au scep­ti­cisme et au re­jet, ces oeuvres ap­par­tiennent au­jourd’hui à la ci­té. Les Salz­bour­geois ne les res­ti­tue­raient pour rien au monde ! »

Re­mar­quable éga­le­ment, l’ar­chi­tec­ture contem­po­raine – qui ne cor­res­pond pas du tout à l’image de mo­nu­ment historique de la ville – vaut le dé­tour. Du spec­ta­cu­laire Han­gar-7 de verre et d’acier, com­pre­nant un mu­sée de l’avia­tion et un des meilleurs res­tau­rants de la ville, jus­qu’à la nou­velle an­nexe du vé­né­rable Mo­zar­teum; de la nou­velle cen­trale, édi­fiée en style dé­cons­truit par les ar­chi­tectes lo­caux TSB pour la caisse d’épargne-lo­ge­ment Wüs­ten­rot jus­qu’à la Bi­blio­thèque mu­ni­ci­pale du bu­reau d’ar­chi­tec­ture Halle1, avec son bar en sur­plomb gui­gnant à 32 mètres de haut, pour ne nom­mer que quelques édi­fices qui mé­ritent d’être dé­cou­verts. On peut les ad­mi­rer au gré de tours or­ga­ni­sés.

« Il ne s’agit pas sim­ple­ment de meu­bler les places mais de re­dé­cou­vrir des lieux » Pro­fes­sor Wal­ter Smer­ling

Le nou­veau « Stein » : du de­si­gn à l’ac­cent de Ve­nise

On dit que Salz­bourg se­rait la ville la plus ita­lienne du nord des Alpes. Car c’est au XVIE siècle dé­jà que l’ar­chi­tecte vé­ni­tien Vin­cen­zo Sca­moz­zi fut char­gé de des­si­ner le nou­veau plan de la ville. Réou­vert après une ré­no­va­tion to­tale, l’hô­tel de luxe Stein éta­blit le lien entre les deux ci­tés de culture à l’en­seigne de « Salz­burg meets Ve­nice ». Après tout, la bâ­tisse, dont l’his­toire re­monte au XIVE siècle, est sise dans le centre historique, sur les rives de la Sal­zach, une espèce de Ca­nal Grande salz­bour­geois. L’hô­tel est conçu avec l’ac­cent ita­lien, gé­né­reux et luxueux, par le bu­reau d’ar­chi­tecte, In­ter­na­tio­nal Ope­ra de Flo­rence, comme ins­pi­ré par l’eau dans des tons ma­jo­ri­tai­re­ment blanc-bleu. Et la plus an­cienne ma­nu­fac­ture de verre de Mu­ra­no, Ba­ro­vier & To­so, a créé les lu­mi­naires ori­gi­naux souf­flés à la bouche et les oeuvres d’art en verre. N’est res­tée en l’état que la lé­gen­daire Stein­ter­rasse, de­ve­nue l’élé­gant bar-res­tau­rant sur le toit Se­ven Sense, qui pro­pose une cui­sine de haut vol, ten­dance et tou­jours fraîche du mar­ché. Un lieu ex­clu­sif avec vue à cou­per le souffle sur la ri­vière et la ville, y com­pris son sym­bole: la for­te­resse Ho­hen­salz­burg. Un vé­ri­table pri­vi­lège! www.ho­tel­stein.at

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