Opi­nions de la ré­dac­tion: sub­ven­tion­ner la presse?

Bilan - - Sommaire - JEAN-PHI­LIPPE BUCHS

RES­PON­SA­BI­LI­TÉS Si la presse écrite vit une pro­fonde crise struc­tu­relle ca­rac­té­ri­sée par le re­cul de la pu­bli­ci­té et des lecteurs, les édi­teurs conti­nuent ce­pen­dant d’af­fi­cher des résultats qui leur per­mettent de ver­ser des di­vi­dendes confor­tables à leurs ac­tion­naires. Dans ce contexte, la ques­tion d’un sou­tien pu­blic est pour le moins in­con­grue voire in­dé­cente. La sur­vie des jour­naux – cer­tains sont ren­tables – re­lève de la res­pon­sa­bi­li­té de leurs pro­prié­taires. Rien ne les em­pêche de fi­nan­cer leurs pu­bli­ca­tions grâce aux im­por­tants bé­né­fices réa­li­sés par leurs di­vi­sions nu­mé­riques, dont les conte­nus fi­gu­raient jus­qu’à ré­cem­ment dans les pages de leurs propres quo­ti­diens et ma­ga­zines!

Face aux mu­ta­tions struc­tu­relles qui frappent la branche, il ne faut tou­te­fois pas s’in­ter­dire de ré­flé­chir à une éven­tuelle aide à la presse. La moins mau­vaise so­lu­tion pas­se­rait par la créa­tion d’une fon­da­tion mixte pri­vée­pu­blique.

Pa­ral­lè­le­ment aux in­ter­ro­ga­tions éco­no­miques, les jour­na­listes, qui re­chignent à toute au­to­cri­tique, fe­raient bien de pro­cé­der à un exa­men de conscience sur leurs obli­ga­tions vis-à-vis de leurs lecteurs. Dé­fendent-ils l’in­té­rêt pu­blic? Font-ils preuve d’es­prit cri­tique? Res­pectent-ils les prin­cipes dé­on­to­lo­giques de leur pro­fes­sion? Dans son ou­vrage «Presse futile, presse in­utile» pu­blié en 2007, le re­gret­té Ro­ger de Dies­bach mi­li­tait dé­jà pour une presse de qua­li­té qui, seule, peut lé­gi­ti­mer le rôle du jour­na­liste.

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