Club Med nou­velle for­mule: test à Ba­li

L’opé­ra­teur de va­cances s’est en­ga­gé dans une mon­tée en gamme orien­tée sur les fa­milles. A Ba­li, le ré­sul­tat est spec­ta­cu­laire. Et fait re­gret­ter de ne plus être un en­fant.

Bilan - - Sommaire - PAR FA­BRICE DE­LAYE

us ês us de voyages exo­tiques, de la fraî­cheur d’un golf à la lu­mière du ma­tin, de co­raux sous-ma­rins ou d’em­bruns, d’après-mi­di de far­niente et de vi­sites de temples, ou en­core de cock­tails frais et mas­sages au spa, sui­vis de fêtes pieds nus dans le sable. Sauf que, dès que l’on voyage avec ses en­fants, tout de­vient plus com­pli­qué. L’idéal se­rait de bé­né­fi­cier d’une in­fra­struc­ture qui per­mette d’al­ter­ner des ac­ti­vi­tés en fa­mille, avec des mo­ments de dé­tente, en couple ou entre adultes, pour se res­sour­cer.

Des pres­ta­tions élar­gies

Ce constat est au centre de la ré­in­ven­tion com­plète qu’opère le Club Med de­puis 2004 au­tour de deux axes: la mon­tée en gamme et la fa­mille. L’in­ven­teur des va­cances «all in­clu­sive» a conser­vé l’es­sen­tiel d’un concept, lar­ge­ment re­pris de­puis son avè­ne­ment: les buf­fets, les mul­tiples ac­ti­vi­tés spor­tives, le Mi­ni Club, le Ju­nior’s Club et les GO. Sans ou­blier une dé­marche de dé­ve­lop­pe­ment du­rable, qui pro­longe la vo­lon­té his­to­rique de la marque d’ins­crire ses clubs en sym­biose avec la na­ture et ses beau­tés.

L’une des par­ti­cu­la­ri­tés du Club Med est la qua­li­té du choix des sites où il s’im­plante. En 1986, quand il dé­marre au sud de l’île de Ba­li, à une qua­ran­taine de ki­lo­mètres de l’aé­ro­port de Den­pa­sar sur la pres­qu’île de Bu­kit, le vil­lage de Nu­sa Dua n’est pas en­core une sta­tion bal­néaire. Epau­lé par le De­ve­lop­ment Board de Ba­li, le Club Med s’ins­talle dans une re­traite bor­dée par 500 mètres de plage et en­tou­rée par 13 hec­tares de parc. Un choix ju­di­cieux. Cet écrin de co­co­tiers, à l’ombre des­quels on peut s’ini­tier ou s’en­traî­ner au golf avant de re­joindre l’un des trois 18 trous à proxi­mi­té, abrite jus­qu’à 850 hôtes tout en leur don­nant une sen­sa­tion de grand large. Et ce­la a per­mis à ce club de se trans­for­mer pen­dant cinq ans sans fermer, avec un in­ves­tis­se­ment de 12 mil­lions d’eu­ros.

Dans une des 393 chambres du resort, on n’est ce­pen­dant pas bluf­fé par la mon­tée en gamme. C’est confor­table mais pas luxueux – il est vrai que l’on est dans un «quatre-tri­dents», les étoiles du Club, et pas un cinq. Par contre, vaste comme un ter­rain de foot, la pis­cine ne dé­çoit pas. Pas plus que le buf­fet qui étonne par la va­rié­té des cui­sines qu’on y trouve, ce qui tem­père la rou­tine de prendre au même en­droit pe­tit-dé­jeu­ner, dé­jeu­ner et dî­ner.

Il faut dire qu’avec une clien­tèle faite de 20% de Co­réens et au­tant d’Aus­tra­liens, il en faut pour tous les goûts. Il est ain­si as­sez jouis­sif de pas­ser d’une en­trée de su­shis à un plat thaï pour fi­nir avec une pâ­tis­se­rie fran­çaise. A quoi s’ajoute la pos­si­bi­li­té d’un dî­ner à la carte au gour­met lounge The Deck. Xa­vier Des­saulles, CEO East and South Asia & Pa­ci­fic du

Club Med, nous pré­ci­se­ra par la suite que l’opé­ra­teur s’est lar­ge­ment mis au bio et même aux cir­cuits courts. Le Club Med suit un sys­tème de cer­ti­fi­ca­tion en­vi­ron­ne­men­tale bap­ti­sé Green Globe et sou­tient Agri­sud, une as­so­cia­tion qui fa­vo­rise les liens entre les clubs et leurs éco­sys­tèmes, en par­ti­cu­lier en sou­te­nant les pe­tits pay­sans lo­caux.

Zé­ni­tude des zones calmes

Si l’on voit plus d’adultes qui dînent aux chan­delles que d’en­fants dans ce lounge, ce n’est pas le seul en­droit qui pré­sente cette ca­rac­té­ris­tique. A cô­té des zones dites fa­mille, on trouve en ef­fet un cer­tain nombre d’es­paces calmes comme le spa. «Par­fait», au dire d’un spé­cia­liste, il est par­ti­cu­liè­re­ment ap­pré­ciable après une marche jus­qu’au som­met du vol­can Agung (3031 m) pour as­sis­ter au spec­ta­cu­laire le­ver du so­leil sur l’île voi­sine de Lom­bok, où ou­vri­ra un nou­veau

Club en 2019. On pour­suit dans la tran­quilli­té avec un es­pace zen ré­ser­vé aux adultes. Do­té d’une pis­cine à dé­bor­de­ment, il a été pen­sé par le de­si­gner Marc Her­trich qui a gui­dé la ré­no­va­tion de ce Club.

C’est en­core Marc Her­trich qui a conçu la cou­pole du bar cen­tral, qui sert de point de ral­lie­ment en dé­but soi­rée. Que l’on sorte d’une chaise longue ou d’un raf­ting sur les ri­vières Ayung ou Te­la­ga­wa­ja, que l’on re­vienne d’une vi­site des temples de Ta­nah Lot ou de Ta­man Ayun ou d’une ses­sion de planche à voile ou (de­puis cette an­née) de surf en col­la­bo­ra­tion avec un club de Ku­ta, c’est sous cette cou­pole que com­mence l’une des ac­ti­vi­tés es­sen­tielles d’un sé­jour réus­si au Club Med: la so­cia­li­sa­tion. Gé­né­ra­le­ment ce­la passe par les ré­cits par­ta­gés des ex­pé­riences de la culture ba­li­naise. Car comme l’ex­plique Xa­vier Des­saulles, «contrai­re­ment à d’autres des­ti­na­tions bal­néaires, Ba­li a une vraie culture ali­men­tée par la spi­ri­tua­li­té de ses ha­bi­tants.»

En se ren­dant au bar, on passe im­man­qua­ble­ment de­vant l’un des lieux pri­vi­lé­giés du mé­lange des cultures et des ori­gines que per­met le Club: un parc de tra­pèzes et d’agrès. Ici, le Mi­ni Club est de­ve­nu école de cirque. A y consta­ter la joie des en­fants, on ai­me­rait bien avoir de nou­veau 10 ans, ou peut-être 17, à l’âge où Rim­baud di­sait que l’on n’est pas en­core sé­rieux.

12 MIL­LIONS D’EU­ROS ONT ÉTÉ IN­VES­TIS EN 5 ANS DANS LE SEUL CLUB DE BA­LI, AFIN D’EN MO­DER­NI­SER LES IN­FRA­STRUC­TURES

* Ce re­por­tage a été réa­li­sé grâce à une in­vi­ta­tion du Club Med l’au­tomne der­nier.

Le Club Med de Ba­li s’in­sère au coeur d’un écrin de co­co­tiers.

De­puis 2004, le Club Med tra­vaille sur une mon­tée en gamme de ses pres­ta­tions.

Newspapers in French

Newspapers from Switzerland

© PressReader. All rights reserved.