Les ac­tions chères ont tou­jours la cote au­près des in­ves­tis­seurs

Le mar­ché est ani­mé ac­tuel­le­ment par un mo­men­tum: la pré­fé­rence va aux titres de qua­li­té qui se sont dé­jà bien ap­pré­ciés, in­dé­pen­dam­ment de leur va­lo­ri­sa­tion.

Bilan - - Sommaire -

    exemple: de­puis fin 2012, l’ac­tion a grim­pé de près de 590%. Le fa­bri­cant d’im­plants den­taires im­pres­sionne par la crois­sance à deux chiffres de son chiffre d’af­faires, au-des­sus de ce que connaît son mar­ché. A en croire les in­ter­ve­nants sur le mar­ché, il mé­rite donc une va­lo­ri­sa­tion éle­vée: sur la base du bé­né­fice at­ten­du pour 2018, les va­leurs sont trai­tées à un ra­tio cours/bé­né­fice (PER) de 44. Il y a cinq ans, ce PER était en­core de 23.

Cette énorme hausse de cours re­pose pour une bonne part sur une ex­pan­sion

de la cote, au­tre­ment dit les ac­tions sont de­ve­nues plus chères. Néan­moins, cette an­née en­core, elles ont net­te­ment mieux évo­lué que le mar­ché.

Mar­tin Schlat­ter, res­pon­sable ac­tions chez Swiss Rock As­set Ma­na­ge­ment, confirme: «En ce mo­ment, le mar­ché est for­te­ment ani­mé par un mo­men­tum.» Ce­la veut dire que les titres qui, ces der­niers temps, ont évo­lué mieux que la moyenne gardent leur élan et conti­nuent de bien mar­cher, in­dé­pen­dam­ment de leur va­lo­ri­sa­tion. En re­vanche, se­lon Mar­tin Schlat­ter, l’ap­proche «va­lue» ne fonc­tionne pas bien en ce mo­ment (avec ce style d’in­ves­tis­se­ment, on tente de sé­lec­tion­ner des va­leurs do­tées d’un prix avan­ta­geux (lire l’en­ca­dré ci-des­sous sur les in­di­ca­teurs de va­lo­ri­sa­tion im­por­tants).

Les mid­caps fa­vo­ri­sées

On re­marque que les ac­tions d’en­tre­prises suisses de taille moyenne sont très va­lo­ri­sées. Le PER des va­leurs conte­nues dans le SPI Middle a aug­men­té en moyenne de 18 à plus de 25 entre dé­cembre 2012 et le mi­lieu de cette an­née. Au sein du SPI en gé­né­ral, la va­lo­ri­sa­tion a évo­lué dans le même temps d’un peu moins de 13 à tout juste 14.

Bien des en­tre­prises co­tées de taille moyenne se dis­tinguent par le fait qu’elles sont su­per­be­ment po­si­tion­nées, oc­cupent sur leur mar­ché une po­si­tion do­mi­nante, croissent no­ta­ble­ment et sont bien di­ri­gées. Exemples, outre Strau­mann: Ems-Che­mie, le cho­co­la­tier Lindt & Sprün­gli, le pro­duc­teur de lo­gi­ciels ban­caires Te­me­nos.

Par­mi les re­pré­sen­tants plus mo­destes du ba­ro­mètre des va­leurs stan­dards SMI, il s’en trouve aus­si plu­sieurs à pos­sé­der les mêmes mar­queurs de qua­li­té. No­tam­ment le fa­bri­cant d’arômes et fra­grances Gi­vau­dan, le sous-trai­tant du bâ­ti­ment Si­ka, ce­lui de la phar­ma Lon­za et le tech­ni­cien sa­ni­taire Ge­be­rit. Ce qu’ils ont en com­mun, c’est la cher­té de leurs ac­tions (voir ta­bleau ci-contre).

A l’in­verse, on trouve éga­le­ment des blue chips avec une va­lo­ri­sa­tion basse, en pre­mier lieu les grands titres de la phar­ma. Ceux de No­var­tis sont trai­tés au­jourd’hui avec un PER au­tour de 15, alors que c’était en­core le double au tour­nant du mil­lé­naire. La pres­sion sur les prix des mé­di­ca­ments aux Etats-Unis et les ques­tions liées à la crois­sance freinent la pro­pen­sion des in­ves­tis­seurs à ache­ter. Les titres cy­cliques se dis­tinguent éga­le­ment par leur va­lo­ri­sa­tion basse, no­tam­ment ceux du four­nis­seur de per­son­nel Adec­co, du pro­duc­teur

d’acier Sch­molz + Bi­cken­bach et du sous-trai­tant de l’au­to­mo­bile Au­to­neum. Dans ces deux der­niers cas, ce sont les sou­cis quant aux en­traves au com­merce qui jouent un rôle. Par­mi les cy­cliques, l’évo­lu­tion des cours est ce­pen­dant aus­si de plus en plus frei­née par le soup­çon que le cycle éco­no­mique glo­bal pour­rait avoir at­teint son plus haut.

Opi­nions di­ver­gentes

Ques­tion: sur quels titres les in­ves­tis­seurs de­vraient-ils mi­ser? Sur de coû­teuses ac­tions de qua­li­té qui marchent fort ou vaut-il mieux ob­ser­ver à nou­veau de près les ra­tios de va­lo­ri­sa­tion? Par­mi les pro­fes­sion­nels, les opi­nions di­vergent.

Tho­mas Del­la Ca­sa, res­pon­sable ges­tion du pa­tri­moine à Hel­ve­tische Bank, consi­dère tou­jours que les ac­tions de qua­li­té mé­ritent d’être ache­tées même si, au pre­mier re­gard, elles sont chères. Pour lui, la qua­li­té ré­side jus­te­ment dans le fait qu’en cas de phase conjonc­tu­relle dif­fi­cile une en­tre­prise peut dé­fendre ses marges grâce à son pou­voir ac­cru sur les prix et une po­si­tion de mar­ché forte. Strau­mann a un mo­dèle d’af­faires qui cor­res­pond à ces condi­tions. Pour ce pro­fes­sion­nel de l’in­ves­tis­se­ment, vu la crois­sance pré­vi­sible, le su­jet cri­tique de la va­lo­ri­sa­tion éle­vée se re­la­ti­vise.

Vi­for Phar­ma pré­sente une va­lo­ri­sa­tion éle­vée, avec un ra­tio cours/bé­né­fice (PER) de 45.

Le fa­bri­cant d’im­plants den­taires Strau­mann a vu son ac­tion grim­per de près de 590% de­puis 2012.

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