Vo­ter avec la tête ou avec le coeur?

Bilan - - Décryptage - PAR MAR­JO­RIE THÉ­RY

Dès qu’il s’agit de vo­ta­tions, je me range as­sez na­tu­rel­le­ment du cô­té ra­tion­nel de la table, avec ana­lyse froide et dis­tan­ciée des consé­quences éco­no­miques du vote. Mais pas cette fois. Pas s’agis­sant de l’ini­tia­tive dite «d’au­to­dé­ter­mi­na­tion», sou­mise au peuple le 25 no­vembre pro­chain. Cette fois, la fa­mille po­li­tique des ini­tiants (l’UDC) et les prises de po­si­tion n’entrent pas dans mon équa­tion. Pas plus que les dis­cours et études sur les risques, de­ve­nus in­au­dibles pour moi. Seules des ques­tions de va­leurs et de choix de so­cié­té me viennent à l’es­prit. Et elles me font pen­cher en fa­veur de cette ini­tia­tive. Pour au moins trois rai­sons.

Pre­miè­re­ment, pour des rai­sons dé­mo­cra­tiques. Je n’ar­rive pas à conce­voir qu’en tant que ci­toyen ou en­tre­prise, je doive po­ten­tiel­le­ment me plier à des règles in­ter­na­tio­nales plu­tôt qu’à notre Consti­tu­tion. Ce­la d’au­tant plus qu’à l’heure ac­tuelle, il n’existe pas de «gou­ver­ne­ment du monde» qui ait été élu, mais plu­tôt quan­ti­té d’ins­tances su­pra­na­tio­nales à la gou­ver­nance floue et élas­tique, qui se sont ar­ro­gé des pou­voirs de coer­ci­tion. A l’image de l’OCDE, par exemple, qui n’a d’ailleurs eu de cesse de s’achar­ner contre la Suisse ces der­nières an­nées.

Des pra­tiques in­ac­cep­tables

Deuxiè­me­ment, car la Suisse échappe (en­core) à deux pra­tiques à mon sens in­ac­cep­tables: l’ex­tra­ter­ri­to­ria­li­té du droit et l’ap­pli­ca­tion ré­tro­ac­tive des lois, trai­tés et autres rè­gle­ments. Les Amé­ri­cains en sont de­ve­nus friands et les Eu­ro­péens s’en ins­pirent de plus en plus...

Troi­siè­me­ment, car je ne veux pas que la vie po­li­tique de­vienne si com­plexe qu’elle en soit to­ta­le­ment illi­sible, au risque d’en­cou­ra­ger en­core un peu plus les mou­ve­ments ex­tré­mistes de tous bords.

Newspapers in French

Newspapers from Switzerland

© PressReader. All rights reserved.