«La concur­rence est de­ve­nue plus dure» pour la Suisse

Bilan - - Sommaire - PAR JEAN-PHI­LIPPE BUCHS

Da­niel Küng, di­rec­teur de Swit­zer­land Glo­bal En­ter­prise, es­time que la Suisse conserve de nom­breux atouts comme la sta­bi­li­té et la fis­ca­li­té pour at­ti­rer des en­tre­prises étran­gères.

Mal­gré le re­tour du pro­tec­tion­nisme, la re­mise en ques­tion du libre-échange et le dur­cis­se­ment de la concur­rence pour at­ti­rer des en­tre­prises étran­gères en Suisse, Da­niel Küng reste se­rein pour l’ins­tant. «La Suisse est un îlot de sta­bi­li­té qui dé­tient de nom­breux atouts», constate le di­rec­teur de Swit­zer­land Glo­bal En­ter­prise.

Fi­nan­cé à deux tiers par la Con­fé­dé­ra­tion, S-GE a pour mis­sion de sou­te­nir les ac­ti­vi­tés des en­tre­prises hel­vé­tiques à l’étran­ger par le biais d’an­tennes lo­cales ins­tal­lées dans 27 pays et de pro­mou­voir la place éco­no­mique suisse. In­ter­view.

Les en­tre­prises hel­vé­tiques sont-elles pré­oc­cu­pées par le re­tour du pro­tec­tion­nisme?

Nous res­sen­tons une cer­taine in­quié­tude en rai­son de l’in­cer­ti­tude qui pré­vaut. Mais à l’ex­cep­tion des en­tre­prises ac­tives dans l’acier, rares sont celles qui sont di­rec­te­ment af­fec­tées dans leurs ac­ti­vi­tés en Suisse, pour l’ins­tant. En re­vanche, les four­nis­seurs hel­vé­tiques de l’in­dus­trie au­to­mo­bile, par exemple, risquent d’être lour­de­ment tou­chés si les construc­teurs eu­ro­péens étaient en­traî­nés dans une guerre com­mer­ciale avec les Etats-Unis. Nous in­for­mons des risques et des contre-me­sures pour PME à l’oc­ca­sion de notre ren­dez-vous ex­port «Ex­por­ter de­main» le 30 oc­tobre à l’EPFL.

Les en­tre­prises pro­fitent-elles des ac­cords de libre-échange si­gnés par la Suisse?

Le taux d’uti­li­sa­tion de ces ac­cords va­rie se­lon nos par­te­naires. Avec la Chine, il at­teint 44% de nos ex­por­ta­tions se­lon une étude pu­bliée ré­cem­ment. Ce qui consti­tue un bon ré­sul­tat pour un trai­té qui n’est en vi­gueur que de­puis quatre ans.

Cer­tains es­timent pour­tant que cet ac­cord est un échec?

Non, ce n’est pas le cas. Il y a beau­coup d’ex­por­ta­teurs con­tents. Mais il y a des PME qui constatent que le prix à payer pour bé­né­fi­cier de ces avan­tages est trop éle­vé en rai­son des nom­breux do­cu­ments à pré­pa­rer car il leur manque des res­sources. Les coûts ad­mi­nis­tra­tifs sont in­ver­se­ment pro­por­tion­nels à la va­leur de la mar­chan­dise ex­por­tée: plus celle-ci est im­por­tante et plus une en­tre­prise peut pro­fi­ter de cet ac­cord. C’est un dé­fi ré­gu­lier pour les PME en im­plé­men­tant les ac­cords de libre-échange.

L’Union eu­ro­péenne a conclu des ac­cords de libre-échange avec le Ja­pon et le Ca­na­da. Sont-ils plus avan­ta­geux que ceux en vi­gueur avec la Suisse?

Les condi­tions ob­te­nues par les Eu­ro­péens sont meilleures. La Con­fé­dé­ra­tion est cer­tai­ne­ment consciente de la né­ces­si­té de re­né­go­cier avec ces deux par­te­naires, mais aus­si avec le Mexique et d’autres pays. Au­jourd’hui, les ac­cords avec le Ca­na­da et le Ja­pon sont peu uti­li­sés (taux d’uti­li­sa­tion in­fé­rieur à 30%). En­trés en vi­gueur en 2009, il leur fau­drait une ac­tua­li­sa­tion et une ex­ten­sion.

De­puis quelques an­nées, au­cune grosse im­plan­ta­tion d’en­tre­prise étran­gère n’a eu lieu en Suisse. La place éco­no­mique hel­vé­tique est-elle de­ve­nue moins at­trac­tive?

Non, ce n’est pas vrai. On a eu quelques gros in­ves­tis­se­ments, par exemple Bio­gen à So­leure qui in­ves­tit plus d’un mil­liard de francs. Mais c’est vrai, les or­ga­nismes régionaux de pro­mo­tion éco­no­mique sont de­ve­nus plus sé­lec­tifs qu’au­tre­fois. L’ob­jec­tif est d’at­ti­rer des in­ves­tis­se­ments de qua­li­té qui doivent ap­por­ter une plus-va­lue en termes d’em­plois et de

«Des PME constatent que le prix à payer pour bé­né­fi­cier des avan­tages de l’ac­cord de li­breé­change avec la Chine est trop éle­vé.»

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