Les hor­lo­gers face à un nou­veau chal­lenge

Bilan - - Décryptage - PAR CHAN­TAL DE SENGER

Le Grand Prix d’hor­lo­ge­rie de Ge­nève a créé deux nou­velles ré­com­penses. Pa­ral­lè­le­ment, 72 montres pré­sé­lec­tion­nées par le ju­ry se­ront ex­po­sées au Mu­sée d’art et d’his­toire.

Les ama­teurs de garde-temps peuvent se ré­jouir: du 1er au 14 no­vembre, 72 montres pré­sé­lec­tion­nées par le ju­ry du Grand Prix de l’hor­lo­ge­rie de Ge­nève (GPHG) se­ront ex­po­sées au Mu­sée d’art et d’his­toire (MAH). Et pour la deuxième an­née consé­cu­tive, des ate­liers de dé­cou­verte des mul­tiples fa­cettes de l’art hor­lo­ger se­ront pro­po­sés au pu­blic et à cer­taines classes d’écoles du se­con­daire, en col­la­bo­ra­tion avec la Fon­da­tion de la haute hor­lo­ge­rie. L’an der­nier, un élève du cycle d’orien­ta­tion a été re­pé­ré du­rant ces ate­liers, puis em­bau­ché par une grande ma­nu­fac­ture hor­lo­gère genevoise. «Notre rôle est aus­si de mo­ti­ver la jeune gé­né­ra­tion à se lan­cer dans ce mé­tier de plus en plus re­cher­ché», ex­plique Ca­rine Maillard, di­rec­trice de la Fon­da­tion du GPHG.

Dans la même veine, Ge­nève, qui se veut la ca­pi­tale de la haute hor­lo­ge­rie, a sou­te­nu le lan­ce­ment d’une chaire en de­si­gn hor­lo­ger à la HEAD (Haute Ecole d’art et de de­si­gn) en 2015. Cette même chaire ex­po­se­ra une sculp­ture hor­lo­gère unique au MAH, réa­li­sée par l’ate­lier d’hor­lo­ge­rie Agen­hor, ain­si que les pro­jets de qua­torze étu­diants pré­sen­tés pour la pre­mière fois.

Le Grand Prix de l’hor­lo­ge­rie, créé en 2001 et cha­peau­té de­puis 2011 par une fon­da­tion re­con­nue d’uti­li­té pu­blique, a quant à lui pour ob­jec­tif de sa­luer l’ex­cel­lence de l’art hor­lo­ger contem­po­rain. «Notre mis­sion est de mettre en va­leur chaque an­née la di­ver­si­té de la créa­ti­vi­té hor­lo­gère des pe­tites et des grandes marques, com­mente Ca­rine Maillard. Nous pré­sen­tons et ré­com­pen­sons les plus belles créa­tions.» Cette an­née, le GPHG, dont le ju­ry est com­po­sé d’une tren­taine de per­son­na­li­tés pro­ve­nant du monde de l’in­dus­trie hor­lo­gère prin­ci­pa­le­ment, mais aus­si du théâtre, de la mode ou en­core du sport, ré­com­pen­se­ra 16 montres dans douze ca­té­go­ries (dame, homme, sport, joaille­rie, com­pli­ca­tion, etc.). Deux prix in­édits s’ins­crivent éga­le­ment au pal­ma­rès 2018: le Prix de l’au­dace qui ré­com­pen­se­ra la li­ber­té créa­tive et le Prix chal­lenge, qui ho­nore la qua­li­té à pe­tit prix (moins de

4000 francs). «Nous avons des montres d’une va­leur d’un mil­lion de francs et d’autres à moins de 4000 francs. Notre but, en créant cette nou­velle ca­té­go­rie, est de mon­trer qu’il y a aus­si de l’ex­cel­lence à ces prix-là», ajoute Ca­rine Maillard.

Soi­rée le 9 no­vembre

Après les re­traits de plu­sieurs marques hor­lo­gères des sa­lons de Ge­nève et de Bâle, le GPHG en­tend ain­si conti­nuer à don­ner de la vi­si­bi­li­té à cette in­dus­trie. Pe­tit bé­mol ce­pen­dant: alors qu’une cen­taine de marques par­ti­cipent au concours cette an­née, cer­taines grandes ma­nu­fac­tures ge­ne­voises – Ro­lex, Pa­tek Phi­lippe – ne se sont pas ins­crites au GPHG. Pour quelles rai­sons? Cer­taines marques n’ont pas de nou­velles créa­tions à pré­sen­ter chaque an­née ou ne sou­haitent tout sim­ple­ment pas par­ti­ci­per, in­diquent les or­ga­ni­sa­teurs de l’évé­ne­ment. Se­lon un ex­pert in­ter­ro­gé, la crainte de ne pas rem­por­ter de prix joue­rait un rôle, «l’in­dus­trie de l’hor­lo­ge­rie étant très fière».

La soi­rée de re­mise du GPHG se dé­rou­le­ra le 9 no­vembre au Théâtre du Lé­man, en pré­sence du conseiller fé­dé­ral char­gé de l’Eco­no­mie Jo­hann Sch­nei­derAm­mann. L’évé­ne­ment se­ra ani­mé par l’ac­teur et réa­li­sa­teur Edouard Baer. En guest star, la co­mé­dienne et imi­ta­trice d’ori­gine ca­na­dienne Vé­ro­nic DiCaire. Le GPHG, dont Ray­mond Lo­re­tan est le nou­veau pré­sident, fonc­tionne avec un bud­get d’en­vi­ron 1,5 mil­lion de francs fi­nan­cé par des spon­sors, par­mi les­quels LGT Bank. En 2020, le Prix fê­te­ra ses 20 ans et am­bi­tionne à cette oc­ca­sion d’ex­po­ser les lau­réats des Ai­guilles d’or. Et pour­quoi ne pas créer une aca­dé­mie comme les Cé­sar?

«NOTRE RÔLE

EST AUS­SI DE MO­TI­VER LA JEUNE GÉ­NÉ­RA­TION À SE LAN­CER DANS CE MÉ­TIER DE PLUS EN PLUS RE­CHER­CHÉ»

Le pal­ma­rès 2018 comp­te­ra deux prix in­édits: le Prix de l’au­dace et le Prix chal­lenge.

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