L’ar­doise sa­lée du ma­gis­trat Phi­lippe Leu­ba

Le Matin Dimanche - - SUISSE -

se pré­oc­cu­per et dé­fendre les in­té­rêts col­lec­tifs des contri­buables vau­dois?

Il ne tient qu’à Phi­lippe Leu­ba de prou­ver qu’il est à la hau­teur de sa place au gou­ver­ne­ment. Pour ce­la, il doit com­men­cer par faire toute la lu­mière pu­blique sur Lu­na Clas­sics. Parce qu’on ne jette pas 1,2 mil­lion de fonds pu­blics par la fe­nêtre. La dé­fense de l’état passe par là. Après la sor­tie du rap­port sur la dé­bâcle de «Cham­pions!» Phi­lippe Leu­ba dé­cla­rait: «Ce qui compte c’est de ti­rer les en­sei­gne­ments des fautes qui ont été com­mises pour que telle mésa­ven­ture ne se re­pro­duise pas.» TRIPLE DÉ­BÂCLE Le Dé­par­te­ment de l’éco­no­mie di­ri­gé par Phi­lippe Leu­ba a es­suyé trois dé­routes fi­nan­cières de pro­jets qu’il sou­te­nait di­rec­te­ment ou in­di­rec­te­ment. Lu­na Clas­sics a fait faillite en 2015. En no­vembre 2015, c’est le spec­tacle «Cham­pions!» à Lau­sanne qui af­fiche un dé­fi­cit im­por­tant et in­at­ten­du. En jan­vier 2017, la so­cié­té Swiss Space Sys­tem S3 à Payerne est mise en faillite.

DES MIL­LIONS DE PERTES Ces trois pro­jets sont dif­fé­rents, sou­ligne le Dé­par­te­ment. Lu­na Clas­sics était un fes­ti­val cultu­rel con­si­dé­ré comme d’in­té­rêt in­ter­na­tio­nal: il a bé­né­fi­cié des fonds de la loi sur l’ap­pui au dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique. «Cham­pions!» était un spec­tacle de pa­ti­nage ar­tis­tique dé­dié au CIO: il a pro­fi­té des sub­ven­tions de la loi vau­doise sur le sport. La start-up S3, quant à elle, vou­lait dé­mo­cra­ti­ser l’ac­cès à l’es­pace: c’est le Con­seil d’état in cor­pore qui a vou­lu sau­ver cette en­tre­prise en lui don­nant ac­cès au Fonds de lutte contre le chô­mage. Certes ces trois pro­jets sont dif­fé­rents, mais ils af­fichent une seule et même is­sue: le dé­fi­cit. Lu­na Clas­sics a coû­té plus de 1,2 mil­lion aux contri­buables. Le spec­tacle «Cham­pions!»:

743 000 fr. Et le pro­jet S3 500 000 fr.

DEUX EN­QUÊTES Les faillites de «Cham­pions!» et de S3 ont fait scan­dale au plus haut som­met de l’état. Et les ser­vices de Phi­lippe Leu­ba sont concer­nés. Dans ces deux cas, le Contrôle can­to­nal des fi­nances (CCF) a ou­vert une en­quête. Le rap­port sur «Cham­pions!» a été sé­vère contre le conseiller d’état li­bé­ral: des cri­tiques sur sa gou­ver­nance ont été for­mu­lées. Le rap­port sur S3 a été plus clé­ment. Dans un pre­mier temps seule­ment, puis­qu’une en­quête de «24 heures» a ré­vé­lé un dys­fonc­tion­ne­ment de l’état dans ce dos­sier et donc les failles des in­ves­ti­ga­tions du CCF. Une re­fonte du rè­gle­ment de l’oc­troi des prêts du Fonds de lutte contre le chô­mage est dé­sor­mais en cours.

PAS D’IN­VES­TI­GA­TION La faillite de Lu­na Clas­sics concerne aus­si le Dé­par­te­ment de l’éco­no­mie. En re­vanche, elle n’a fait l’ob­jet d’au­cune en­quête de l’état.

Ch­ris­tian­brun/keystone

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