Les auxi­liaires tech­no­lo­giques, des ad­di­tifs qui passent sous les ra­dars

Le Matin Dimanche - - BIEN VIVRE -

On connaît les ad­di­tifs ali­men­taires. Ces in­gré­dients qui ne sont pas des den­rées ali­men­taires, mais entrent dans la fa­bri­ca­tion d’un pro­duit. Ils doivent être men­tion­nés sur l’em­bal­lage, se­lon la loi. Mais qui a dé­jà en­ten­du par­ler des auxi­liaires tech­no­lo­giques? Eux sont plu­tôt qua­li­fiés de sup­ports d’ad­di­tifs. Ils entrent aus­si dans le pro­ces­sus de fa­bri­ca­tion de nom­breux pro­duits ali­men­taires, ils peuvent y lais­ser des traces, et pour­tant n’ont pas à être dé­cla­rés sur l’em­bal­lage.

Sous cette ap­pel­la­tion d’auxi­liaires tech­no­lo­giques entrent toutes sortes de sub­stances. Des fer­ments tra­di­tion­nels, par exemple, mais aus­si des sub­stances moins ano­dines. De la gé­la­tine ani­male, no­tam­ment, que les vé­gé­ta­riens peuvent être ame­nés à ava­ler sans le sa­voir. Ou en­core des an­ti­adhé­sifs dont sont sau­pou­drés cer­tains bis­cuits pour qu’ils se dé­moulent bien, voire des sol­vants. «L’hexane est uti­li­sé pour ex­traire l’huile des plantes. Vous al­lez en re­trou­ver des traces en­suite dans votre huile ali­men­taire, pré­vient Chris­tophe Brus­set. Le di­clo­ro­mé­thane, lui, est uti­li­sé pour en­le­ver la ca­féine de cer­tains ca­fés «dé­ca». C’est la mé­thode la moins chère. Le pro­blème, c’est que cer­tains de ces auxi­liaires tech­no­lo­giques sont consi­dé­rés comme toxiques, can­cé­ri­gènes, par cer­taines études.»

Pré­sents en très faible quan­ti­té dans les den­rées ali­men­taires, ces ad­di­tifs-là n’ont pas à être dé­cla­rés. «Mais si vous, en tant que consom­ma­teur, vous vou­lez les évi­ter, vous n’avez au­cun moyen de le faire», s’in­surge Chris­tophe Brus­set. Grief par­ta­gé par Bar­ba­ra Pfen­ni­ger: «Sans por­ter de ju­ge­ment glo­bal sur la toxi­ci­té de ces auxi­liaires tech­no­lo­giques qui en­globent des sub­stances très di­verses, il est néan­moins pro­blé­ma­tique que les consom­ma­teurs ne puissent pas sa­voir ce qui a été uti­li­sé ni quels ré­si­dus sub­sistent dans les ali­ments qu’ils consomment. D’au­tant plus que ces auxi­liaires tech­no­lo­giques, qui per­mettent aux fa­bri­cants de si­gna­ler moins d’ad­di­tifs sur leurs em­bal­lages, sont de plus en plus fré­quem­ment uti­li­sés. Il se­rait temps de re­voir la lé­gis­la­tion ali­men­taire pour of­frir aux consom­ma­teurs des ali­ments réel­le­ment trans­pa­rents.»

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