«Il fau­dra ai­der les Chi­nois à mieux s’in­té­grer»

Le Matin Dimanche - - ECONOMIE -

À la mi-oc­tobre, en lien à l’aug­men­ta­tion des in­ves­tis­se­ments chi­nois en Suisse, Ave­nir Suisse pu­bliait un rap­port ba­sé sur cette ques­tion: «Faut-il in­tro­duire des contrôles éten­dus pour les in­ves­tis­se­ments étran­gers en Suisse?» D’après le res­pon­sable de re­cherche du groupe de ré­flexion li­bé­ral, Mar­co Sal­vi, la ré­ponse est né­ga­tive. «Les en­tre­prises n’ont pas be­soin de pro­tec­tion sup­plé­men­taire contre les ra­chats étran­gers (Chine com­prise).»

Dans son rap­port, Ave­nir Suisse ten­tait no­tam­ment de re­mettre l’église au mi­lieu du vil­lage en ce qui concerne les craintes liées à la Chine. No­tam­ment au vu du nombre d’ac­qui­si­tions lar­ge­ment exa­gé­ré. «Les pro­prié­taires asia­tiques at­tei­gnaient 12%, et seule­ment 3% de toutes les tran­sac­tions entre 2014 et 2017 concer­naient des en­tre­prises chi­noises.» En réa­li­té, la grande ma­jo­ri­té des in­ves­tis­se­ments réa­li­sés dans notre pays pro­ve­naient d’eu­rope à plus de 50%, puis d’amé­rique du Nord (avec le Ca­na­da). Ch­ris­tophe We­ber pré­cise même qu’alors que 1000 en­tre­prises suisses sont dé­sor­mais ac­tives en Chine, seules 80 chi­noises sont pré­sentes chez nous. «Des in­ves­tis­se­ments qui, hors de quelques cas par­ti­cu­liers, ont fait beau­coup de bien à l’éco­no­mie de notre pays», as­sure le pré­sident de la sec­tion ro­mande de la Chambre de Com­merce Suisse-chine. Ac­tuel­le­ment, ce der­nier es­time que les pré­cau­tions sont au­jourd’hui suf­fi­santes. Il plaide sur­tout pour un sou­tien et un ac­com­pa­gne­ment beau­coup plus pous­sé des so­cié­tés chi­noises cher­chant à s’im­plan­ter en Suisse. «Pour s’as­su­rer que les quelques échecs sur­ve­nus ces der­niers temps ne se ré­pètent pas, il faut les ai­der à mieux s’in­té­grer et s’adap­ter à la cul­ture éco­no­mique propre à la Suisse», ex­plique-t-il.

Ac­quies­çant sur le fond, conscient que l’ou­ver­ture de la Suisse est un pi­lier de la pros­pé­ri­té na­tio­nale, Ave­nir Suisse consi­dère tou­te­fois im­por­tant que des «règles du jeu har­mo­ni­sées soient éta­blies avec la Chine afin de per­mettre aux en­tre­prises suisses d’ac­cé­der plus li­bre­ment au mar­ché».

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