Dans la course aux ri­chesses, les mil­liar­daires se dé­tachent

Le Matin Dimanche - - ECONOMIE - MAR­KUS DIEM MEIER

Les Suisses les plus for­tu­nés de­viennent de plus en plus riches. Pour­tant l’in­éga­li­té n’a pas vrai­ment aug­men­té chez nous. En 2012 la fa­mille Kam­prad af­fi­chait une for­tune de 38 mil­liards. Cinq ans plus tard, elle a 48 mil­liards. Ain­si les hé­ri­tiers Ikea, Pe­ter, Jo­nas et Ma­thias, font la course en tête de­puis cinq ans sur la liste des Suisses les plus for­tu­nés du ma­ga­zine éco­no­mique «Bi­lan». Ques­tion crois­sance, les frères Kam­prad sont sui­vis par les hé­ri­tiers de Ch­ris­toph Blo­cher. Qui ont réus­si entre 2012 et 2017 à qua­dru­pler leur pa­tri­moine. Certes, cette an­née la for­tune glo­bale des des­cen­dants du maître à pen­ser de L’UDC a su­bi des re­vers: le cours de l’ac­tion D’EMS Che­mie, pro­prié­té de Mag­da­le­na, la fille aî­née, a bais­sé de 15%, son frère Mar­kus, à la tête de Dot­ti­kon Ex­clu­sive Syn­the­sis a per­du plus d’un tiers de sa va­leur.

Les autres ga­gnants: en 2017, Er­nes­to Ber­ta­rel­li pos­sé­dait 13 mil­liards alors qu’en 2012, il n’en dé­cla­rait que 10. Jorge Le­mann (bières, Kraft-heinz) pos­sé­dait 29 mil­liards contre 17 mil­liards en 2012. Char­lène de Car­val­ho-hei­ne­ken, à la tête d’un em­pire bras­si­cole, pos­sé­dait 13 mil­liards de for­tune alors qu’elle se conten­tait de 6 mil­liards cinq ans au­pa­ra­vant. La fa­mille Hoff­mann/ Oe­ri se trou­vait en 2017 à la tête de 25 mil­liards alors qu’en 2012, elle af­fi­chait 16 mil­liards. Du­rant le même laps de temps, le clan Schind­ler-bon­nard (as­cen­seurs) a vu sa for­tune pas­ser de 6 à 12 mil­liards. Quant à Phi­lippe Bren­nink­mei­jer (im­mo­bi­lier, tex­tile C&A) il a vu ses 12 mil­liards de­ve­nir 15 mil­liards. Une ex­cep­tion: la for­tune de Vik­tor Vek­sel­berg (so­cié­té de par­ti­ci­pa­tions Re­no­va) qui a re­cu­lé de 14 à 13 mil­liards.

La for­tune des mieux lo­tis a gran­di par­tout. Se­lon une étude D’UBS/PWC, les mil­liar­daires pos­sèdent glo­ba­le­ment un cin­quième de plus que l’an passé, soit un bo­nus de 1,4 bil­lion. Cette étude es­time qu’en Suisse, la for­tune des mil­liar­daires a sui­vi la même courbe de crois­sance. Plus bas dans la liste, 2560 per­sonnes dis­posent chez nous d’une for­tune dé­pas­sant 50 mil­lions de dol­lars et 958 per­sonnes ont plus de 100 mil­lions de dol­lars.

Se­lon les éco­no­mistes Re­to Föll­mi et Isa­bel Martí­nez de l’uni­ver­si­té de Saint-gall, les in­éga­li­tés en Suisse n’ont que peu aug­men­té si l’on consi­dère les re­ve­nus et pas la for­tune. «La Suisse se trouve dans la moyenne, les dis­pro­por­tions sont moins mar­quées qu’aux États-unis, mais res­tent en de­çà des chiffres de la Nor­vège, très éga­li­taire», pré­cise la cher­cheuse. À par­tir du mi­lieu des an­nées 90, en Suisse, les pe­tites paies ont été re­va­lo­ri­sées. Se­lon l’union syn­di­cale suisse, de­puis 1996, les bas sa­laires ont aug­men­té de 20% en francs constants et les moyens sa­laires de 16%. Les in­éga­li­tés sont mieux ac­cep­tées, ex­plique Isa­bel Mar­ti­nez, lorsque l’en­semble de la po­pu­la­tion se porte re­la­ti­ve­ment bien: «Mais ce­la change dès que plus de gens ne gagnent plus as­sez pour fi­nan­cer leurs dé­penses sans cesse crois­santes en ma­tière de lo­ge­ment et de san­té par exemple.»

Ca­bre­ra

Er­nes­to Ber­ta­rel­li pos­sé­dait 13 mil­liards en 2017. Soit trois de plus que cinq ans au­pa­ra­vant.georges

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