«Moi à gauche? Mon pa­pa doit se re­tour­ner dans sa tombe»

Le Matin Dimanche - - ACTEURS - LISE BAILAT

Après avoir an­non­cé sa can­di­da­ture pour le Con­seil fé­dé­ral de­puis un lit d’hô­pi­tal, Vio­la Am­herd (PDC/VS) est prête à des­cendre dans l’arène. La conseillère na­tio­nale livre son cre­do et dé­fend sa chance.

Vous al­lez mieux?

Oui, je suis ré­ta­blie à 100%. Cette se­maine, j’ai en­core dû en­le­ver un pe­tit ca­nal que l’on m’avait po­sé près des reins et ce­la s’est bien passé.

Vous aviez dé­jà eu des cal­culs au­pa­ra­vant?

Non, les mé­de­cins m’ont dit que ce­la pou­vait ar­ri­ver à tout le monde, à n’im­porte quel mo­ment. Il pa­raît que ce­la peut être lié à une sur­con­som­ma­tion de viande. Mais comme je n’en mange pas… (Rires.) Je ne peux pas me plaindre. Jus­qu’à pré­sent, j’ai eu une ex­cel­lente san­té.

An­non­cer sa can­di­da­ture de­puis un lit d’hô­pi­tal, ce n’est quand même pas ba­nal.

C’était sur­tout très dom­mage! J’au­rais bien ai­mé m’ex­pli­quer di­rec­te­ment sur ma can­di­da­ture, en com­mu­ni­quant ou­ver­te­ment. Mais j’étais à l’hô­pi­tal et ce n’était pas pos­sible.

Il y a aus­si eu la ré­vé­la­tion de cette condam­na­tion ci­vile pour des loyers en­cais­sés en trop. Ça vous a fait hé­si­ter? Non. C’est clair, ce n’était pas un mo­ment agréable. Mais j’ai vou­lu être trans­pa­rente. J’ai ré­pon­du à toutes les ques­tions des jour­na­listes. J’ai même en­voyé les do­cu­ments à ceux qui les sou­hai­taient. Je n’ai rien à ca­cher. C’est une pro­cé­dure ci­vile pas une pro­cé­dure pé­nale. Quand on n’est pas dans la pro­fes­sion, il est par­fois dif­fi­cile de faire la dif­fé­rence. Mais comme dans toute ac­ti­vi­té éco­no­mique, quand deux par­ties ne sont pas du même avis, c’est un tri­bu­nal qui doit tran­cher. Rien de plus.

Donc si la jus­tice tranche une nou­velle fois contre vous ces pro­chaines se­maines, vous main­tien­drez votre can­di­da­ture?

Oui.

Dites-nous: vous n’avez rien d’autre à ca­cher?

Rien dont je se­rais consciente. Bien sûr, je suis avo­cate-no­taire et dans la po­li­tique de­puis plus de trente ans. Ce­la peut créer des en­ne­mis. J’ai pu prendre des dé­ci­sions qui n’ont pas sa­tis­fait tout le monde. Il faut vivre avec.

Qu’est-ce qui vous mo­tive à de­ve­nir conseillère fédérale?

Après trente ans en po­li­tique, j’ai tou­jours au­tant de pas­sion pour la chose pu­blique. Je res­pecte to­ta­le­ment la fonc­tion de conseiller fé­dé­ral qui est très exi­geante et offre aus­si la pos­si­bi­li­té de dé­ve­lop­per ses idées dans un col­lège, en ten­tant de les réa­li­ser. Je me sens l’éner­gie et la vo­lon­té né­ces­saire pour ce poste.

De quelle Suisse rê­vez-vous pour de­main?

D’une Suisse pros­père et ou­verte. Et ce n’est pas une for­mule! J’ai beau­coup tra­vaillé pour la jeu­nesse. J’ai­me­rais qu’elle croie en son ave­nir, que les jeunes aient la chance de se for­mer, de se réa­li­ser et de trou­ver un tra­vail. Pour ce­la, nous avons be­soin d’une Suisse ou­verte et d’une éco­no­mie qui fonc­tionne bien. Le coeur de votre cam­pagne, c’est la di­gi­ta­li­sa­tion. Pour­quoi?

C’est jus­te­ment un thème du fu­tur. Une étude a clas­sé la Suisse à la 5e place des pays les plus avan­cés en ma­tière de di­gi­ta­li­sa­tion et d’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle. Moi, je rêve d’une Suisse par­mi les trois pre­miers. Je pense que nous avons vrai­ment une chance à sai­sir, avec nos uni­ver­si­tés spé­cia­li­sées, notre force d’in­no­va­tion. Et il n’y a pas que le cô­té tech­nique, mais aus­si les consé­quences so­ciales. Avec la di­gi­ta­li­sa­tion, des per­sonnes vont perdre leur em­ploi. Il faut leur don­ner les moyens de conti­nuer à se for­mer, leur per­mettre de ne pas avoir peur de ces nou­velles tech­no­lo­gies. Nous de­vons trou­ver des so­lu­tions.

Le Con­seil fé­dé­ral n’en fait pas as­sez?

Il a élaboré une stra­té­gie di­gi­tale, et a fon­dé In­no­tour, qui dis­tri­bue des sub­ven­tions. C’est dé­jà bien, mais on peut faire plus, j’en suis per­sua­dée. Je le vois aus­si en tant que pré­si­dente de la so­cié­té qui dé­ve­loppe la fibre op­tique dans le Haut­va­lais. Nous de­vons dé­ve­lop­per les in­fra­struc­tures, la lé­gis­la­tion, la pro­tec­tion des don­nées, etc. C’est un tout.

En ma­tière d’en­vi­ron­ne­ment, votre pro­fil Smart­vote est peu dé­ve­lop­pé. Vous n’êtes pas très éco­lo?

Si, j’y suis très sen­sible. Je suis aus­si pré­si­dente du Parc ré­gio­nal du Binn­tal. Mais je pense que ce clas­se­ment est sur­tout dû à la ques­tion du loup. Je suis contre la pré­sence du loup en Suisse. Comme Va­lai­sanne, je pense que c’est com­pré­hen­sible!

Vous vous re­con­nais­sez comme la can­di­date de la gauche?

Non. Je suis la can­di­date du PDC. Mon pa­pa, qui est dé­cé­dé en 1999, doit se re­tour­ner dans sa tombe s’il en­tend que je suis de gauche. Il était en­tre­pre­neur. À la mai­son, nous avons tous tra­vaillé dans le com­merce fa­mi­lial et c’était un thème per-

Yvain Ge­ne­vay

Vio­la Am­herd (PDC/VS) rêve que la Suisse soit dans les trois pre­miers pays les plus avan­cés en ma­tière de di­gi­ta­li­sa­tion et d’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle.

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