Pen­dant que les autres res­tent

Le Matin Dimanche - - CHRONIQUES -

Le noir, les mains jointes et la lu­mière du ciel. L’image ra­mène aux icônes et c’est bien le cas. Un mo­ment de prière et de sa­cri­fice, in­fi­ni­ment per­son­nel, ef­froya­ble­ment pu­blic. Les yeux disent ce­la aus­si. J’y suis, mais je n’y suis pas en­tiè­re­ment. Je suis autre chose que ce que vous voyez, croyez, pen­siez. La preuve, je vais m’en al­ler.

Les jour­na­listes pré­sents dans la salle où Gé­ral­dine Sa­va­ry an­non­çait qu’elle ne se re­pré­sen­te­rait pas au Con­seil des États l’an pro­chain se sont tous sen­tis ac­cu­sés, per­son­nel­le­ment. Le fa­meux «har­cè­le­ment mé­dia­tique». Mais au­rait-elle pris cette dé­ci­sion s’il était res­té un seul so­cia­liste pour la sou­te­nir? Si ses ca­ma­rades qui portent si mal leur nom l’avaient ai­dée à tra­ver­ser le gué, s’ils ne s’étaient pas je­tés comme des hyènes sur les os qu’elle al­lait po­ten­tiel­le­ment leur lais­ser?

Gé­ral­dine Sa­va­ry a com­mis une er­reur de ju­ge­ment en ac­cep­tant de l’argent d’un mil­liar­daire au for­fait fis­cal pour fi­nan­cer une par­tie de ses cam­pagnes. Mais sur­tout une énorme im­pru­dence en sous-es­ti­mant ce que ses amis po­li­tiques en fe­raient un jour. Le com­prendre, en ti­rer les consé­quences at­teste de sa clair­voyance et de sa li­ber­té, même si ce­la at­triste des mil­liers de femmes.

La Vau­doise part en di­sant avoir dé­cou­vert qu’elle est moins ré­sis­tante qu’elle ne l’es­pé­rait. Mais sa clar­té dans la dé­ci­sion, sa force pour l’ex­pli­quer pu­bli­que­ment dit qu’elle est mieux que ça: elle n’est pas en «ti­tane», elle est en elle. Un mé­tal qui force l’ad­mi­ra­tion. Pen­dant ce temps, ceux qui ont vrai­ment tri­ché, men­ti, se sont mo­qués de l’argent pu­blic res­tent en poste. Pas parce qu’ils sont plus so­lides, juste plus sourds.

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