Elle verse de l’ar­gent pour un ap­par­te­ment fan­tôme

Le Matin - - SUISSE - DA­VID RAMSEYER

MEYRIN (GE) «Il était bien ha­billé, il par­lait bien… » L’homme que dé­crit An­dreia s’est fait pas­ser pour un cour­tier et lui a fait mi­roi­ter un 4 pièces pour le­quel elle a payé une avance. Mais c’était un leurre. La qua­dra­gé­naire n’a ja­mais fi­gu­ré sur la liste d’at­tri­bu­tion de ce locatif. La vic­time a por­té plainte la se­maine der­nière.

Au prin­temps, elle ren­contre un re­pré­sen­tant de Swiss-Im­mo Real Es­tate Sàrl. «Je veux vivre avec mon ché­ri, j’étais im­pa­tiente. Mais c’est dur de trou­ver un ap­par­te­ment. Contre l’équi­valent d’un loyer men­suel, cette so­cié­té m’a pro­mis d’en dé­ni­cher un.» En avril, An­dreia vi­site un lo­ge­ment alors en tra­vaux avec un cour­tier. Elle lui re­met son dos­sier et paie un acompte de 300 fr. Après un mois, sans nou­velles, elle appelle la Ré­gie Grange, qui gère les lieux. «Elle n’avait pas mon dos­sier et ne connais­sait pas la so­cié­té avec qui je trai­tais. J’en ai pleu­ré! J’ai été naïve…» Swiss-Im­mo Real Es­tate Sàrl s’est éva­po­rée. Le té­lé­phone sonne dans le vide et la so­cié­té a quit­té ses bu­reaux de Ca­rouge (GE) de­puis des mois. «Ar­ri­vée en mai 2017, elle n’a ja­mais payé son loyer, cer­ti­fie le pro­prié­taire des lieux. J’ai ré­si­lié le bail en fin d’an­née.» Le 29 mai der­nier, consta­tant que SwissIm­mo Real Es­tate Sàrl n’était plus do­mi­ci­liée à son siège, le Re­gistre du com­merce lui a don­né trente jours pour se mettre en confor­mi­té, sous peine de dis­soudre l’en­tre­prise.

Ar­naque bien connue

Ce type d’ar­naque est connu des ré­gies. «Il ne faut rien ver­ser avant de nous avoir contac­tés et vite té­lé­pho­ner en cas de doute.» Béa­trice Grange, as­so­ciée de la gé­rance du même nom, pré­cise aus­si qu’un in­ter­mé­diaire ne peut ja­mais ga­ran­tir à son client qu’il au­ra le lo­ge­ment dé­si­ré. De son cô­té, la po­lice sou­ligne que les es­cro­que­ries d’un mon­tant ré­duit ont sou­vent un ob­jec­tif pré­cis: «Pour 300 fr., les gens hé­sitent à se lan­cer dans une pro­cé­dure judiciaire, re­lève son porte-pa­role, Sil­vain Guillaume-Gen­til. Mais il faut au moins si­gna­ler ces cas, ce­la peut profiter à de fu­tures vic­times.»

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