ILS DE­VRONT BAIS­SER LE VO­LUME À BIENNE

1er AOÛT L’éco­lo­giste bien­nois Urs Scheuss a ob­te­nu une ré­duc­tion des dé­ci­bels pour mé­na­ger la faune qui borde le lac de Bienne.

Le Matin - - LA UNE - VINCENT DONZÉ vincent.donze@le­ma­tin.ch

Cé­lé­brée tra­di­tion­nel­le­ment le 31 juillet dans la ci­té bi­lingue, pour être sui­vie d’une grasse ma­ti­née, la fête na­tio­nale fe­ra moins de bruit cette an­née sur le lac de Bienne. Une ré­duc­tion de dé­ci­bels ob­te­nue par l’éco­lo­giste Urs Scheuss, sou­cieux du bie­nêtre ani­mal.

Le fa­meux py­ro­tech­ni­cien lu­cer­nois To­ni Buss­mann met­tra une sourdine à la 23e Fête du lac de Bienne, la­quelle conserve tou­te­fois son ap­pel­la­tion de «Big Bang»! «Les coups de se­monce mar­quant le dé­but et la fin du pro­gramme sont sup­pri­més», in­dique le pré­sident du co­mi­té d’or­ga­ni­sa­tion Oli­ver von All­men, qui di­rige Tou­risme Bienne See­land.

«Ces coups de ton­nerre étaient as­sour­dis­sants, sur­tout avec l’écho cô­té mon­tagne», re­con­naît Oli­ver von All­men. Entre les boums de dé­but et de fin, li­mi­ter les dé­ci­bels en main­te­nant la hau­teur et l’am­pli­tude des feux, c’était mis­sion im­pos­sible. «Vu le pé­ri­mètre à illu­mi­ner, on n’y coupe pas. Plus c’est grand, plus ça ex­plose!» in­dique Oli­ver von All­men.

Il faut une ex­plo­sion pour pro­pul­ser des étoiles à 150 mètres de hau­teur, ce qui dé­clenche une dé­to­na­tion. Mais, sur fond mu­si­cal, l’ar­ti­fi­cier lu­cer­nois a in­tro­duit dans sa scé­no­gra­phie un bou­quet plus feu­tré, par­mi cinq scènes.

Va­leur de test

Pour les 70 000 spec­ta­teurs at­ten­dus au­tour de lac, sur­tout sur la pe­louse des Prés-de-la-Rive, les feux d’artifice 2018 au­ront va­leur de test, entre 22 h 30 et 23 h, après une dé­mons­tra­tion de vol­tige aérienne. «Si je re­çois un mil­lier de tex­tos ré­pro­ba­teurs le 1er août, nous fe­rons ma­chine ar­rière», pro­met l’or­ga­ni­sa­teur.

Di­mi­nuer le stress des ani­maux do­mes­tiques et sau­vages, c’est le but vi­sé par l’in­ter­ven­tion par­le­men­taire de l’éco­lo­giste Urs Scheuss. Sa pro­po­si­tion de di­mi­nuer le va­carme py­ro­tech­nique des fu­sées ti­rées sur le lac a été com­prise par le Conseil mu­ni­ci­pal, mais Oli­ver von All­men a an­ti­ci­pé la dis­cus­sion pré­vue. «C’est un pas dans la bonne di­rec­tion, bra­vo!» com­pli­mente Urs Scheuss.

La re­ven­di­ca­tion des Verts bien­nois re­pose sur une étude de 2015 réa­li­sée sur le lac de Constance et pu­bliée dans la re­vue «Der or­ni­tho­lo­gische Beo­bach­ter»: on y ap­prend qu’un feu d’artifice de huit mi­nutes a chas­sé 95% des oi­seaux qui se trou­vaient dans la baie proche de l’île de Mai­nau (D). Ailleurs, des ca­mé­ras in­fra­rouges ont mon­tré des ca­nards s’en­vo­ler au loin en pleine mue.

Pour les Verts, il s’agi­ra d’éva­luer l’im­pact po­si­tif de la ré­duc­tion so­nore. Une tâche dé­li­cate. «Nous re­tour­ne­rons sur place le len­de­main pour ob­ser­ver les oi­seaux, mais nous de­man­de­rons aus­si à la po­lice de nous com­mu­ni­quer ses ob­ser­va­tions», ex­plique Urs Scheuss, qui ne pos­sède pas d’ani­maux do­mes­tiques.

Chez BirdLife, le co­or­di­na­teur ro­mand Fran­çois Tur­rian sait com­bien les dé­to­na­tions pro­voquent une grande pa­nique en éloi­gnant les mères de leurs pous­sins. Mais il y a un re­proche qu’Olivier von All­men juge in­sen­sé: «On n’a ja­mais re­trou­vé un oi­seau mort après le feu d’artifice.»

Le garde-faune bien­nois n’a pas consta­té une hausse de la mor­ta­li­té, mais Fran­çois Tur­rian n’ex­clut pas des col­li­sions mor­telles dans la pa­nique gé­né­rale. Et si les nui­sances so­nores sont une chose, les par­ti­cules fines en sont une autre.

Ces coups de ton­nerre étaient as­sour­dis­sants, sur­tout avec l’écho cô­té mon­tagne» Oli­ver von All­men, chef de Tou­risme Bienne See­land

Le bruit des feux d’artifice ef­fraie les ani­maux do­mes­tiques et fait fuir les oi­seaux des en­vi­rons.

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