ZLAT­KO DA­LIC S’EST EN­FIN FAIT UN NOM

Le sé­lec­tion­neur de la Croa­tie était in­con­nu du grand pu­blic avant le tour­noi. Le voi­là en fi­nale de la Coupe du monde pour sa pre­mière ex­pé­rience en équipe na­tio­nale!

Le Matin - - SPORTS - Tim.guille­min@le­ma­tin.ch

Il y a à dix-huit mois, Zlat­ko Da­lic an­non­çait aux di­ri­geants d’Al-Ain qu’il s’en al­lait, un triste lun­di de jan­vier 2017 après une dé­faite face à Al-Ja­zi­ra. Le club des Émi­rats arabes unis n’a rien fait pour le re­te­nir. Fin de l’his­toire, après trois ans de suc­cès quand même. Car il ne faut pas ré­su­mer Zlat­ko Da­lic à un par­fait «no­bo­dy» dans le monde du foot­ball: quelques mois plus tôt, son équipe et lui at­tei­gnaient la fi­nale de la Ligue des cham­pions asia­tique, per­due face aux Sud-Co­réens de Jeon­buk.

Mais tout de même: à ce mo­ment-là, Zlat­ko Da­lic ne s’ima­gi­nait sans doute pas se re­trou­ver en fi­nale de la Coupe du monde une an­née et de­mie plus tard! «C’est vrai, il y a du che­min de par­cou­ru, mais je ne sors pas de nulle part», a contré le Croate cette se­maine, met­tant en lu­mière le tra­vail réa­li­sé en Asie. «J’ai tra­vaillé dans de grands clubs sur ce con­tinent et le bou­lot ef­fec­tué là-bas m’a ai­dé pour ce que je suis en train de réus­sir au­jourd’hui. Et j’in­clus les qua­li­fi­ca­tions.»

Il faut en ef­fet se re­plon­ger quelques mois en ar­rière pour bien com­prendre d’où sort la Croa­tie. Pla­cés dans un groupe dif­fi­cile, les Croates étaient tout proches de l’éli­mi­na­tion. Ante Ca­cic s’est fait vi­rer quelques heures après un nul en Is­lande le 6 oc­tobre, trois jours avant le dé­pla­ce­ment de la der­nière chance en Ukraine. Zlat­ko Da­lic a dé­bar­qué en ca­tas­trophe et la Croa­tie s’est im­po­sée à Kiev (2-0) avant de dy­na­mi­ter la Grèce en bar­rages (4-1, 0-0) un mois après.

For­cé­ment, il y a eu une forme d’au­to­ges­tion de la part du groupe, les stars croates ayant plus be­soin d’un «ac­com­pa­gna­teur» que d’un maître tac­ti­cien, mais Zlat­ko Da­lic n’est tou­te­fois pas à prendre trop à la légère.

Par­ti en bas de l’échelle

Lui a en tout cas une grande confiance en lui. «Quand la sé­lec­tion a fait ap­pel à moi, je n’ai pas dou­té. Vous sa­vez, rien ne m’a été ser­vi sur un plateau, pas comme en Eu­rope, où cer­tains ont des jobs dans des grands clubs parce qu’ils étaient des grands noms comme joueurs.»

Un tacle tout en maî­trise pour ce­lui qui n’a ja­mais été in­ter­na­tio­nal lors de sa car­rière de joueur pro­fes­sion­nel. Pas de quoi en faire un com­plexe, bien au contraire. «Tout au long de ma car­rière, de ma vie, j’ai toujours choi­si le che­min le plus dif­fi­cile. Je suis al­lé à l’étran­ger dès que j’ai trou­vé un

tra­vail. Mais pas en Eu­rope, en Asie. Parce qu’en Eu­rope vous vou­lez des grands noms et que moi j’avais un pe­tit nom. Alors j’ai com­men­cé en bas de l’échelle et je me suis fait un nom, j’ai en­traî­né par­mi les plus grands clubs d’Asie. Là-bas, je suis de­ve­nu quel­qu’un.»

Sa phrase pré­fé­rée à l’époque? Il sou­rit: «J’avais l’ha­bi­tude de dire: don­nez-moi le Real Ma­drid ou Bar­ce­lone, et je ga­gne­rai des titres.» Au­jourd’hui, avec Lu­ka Mo­dric et Ivan Ra­ki­tic, il est à 90 ou 120 mi­nutes de ga­gner le plus pres­ti­gieux de tous.

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