Bru­tal re­tour sur terre pour la Na­ti

Le Temps - - Conversation - FLO­RIAN DELAFOI @flo­rian­del

La Suisse s’est in­cli­née mar­di soir face à la sé­lec­tion por­tu­gaise (2-0). Une dés­illu­sion cruelle, qui dé­clenche une vague de com­men­taires cri­tiques. Le signe d’une grande frus­tra­tion

L’équipe suisse de foot s’est ef­fon­drée face au Por­tu­gal. Une dé­faite cruelle (2-0) qui prive la Na­ti d’une qua­li­fi­ca­tion di­recte pour la pro­chaine Coupe du monde. Elle de­vra ba­tailler en bar­rages pour dé­cro­cher sa place en Rus­sie. «Les Suisses ont été tout sauf dan­ge­reux, et cer­tai­ne­ment pas do­mi­nants», juge Tho­mas Schif­ferle, journaliste au Tages-An­zei­ger. Un com­men­taire qui donne le ton.

Au len­de­main du match, les mé­dias ne sont pas tendres avec la sé­lec­tion na­tio­nale. Une grande dés­illu­sion qui s’ex­plique sans doute par le scé­na­rio de la ren­contre. Le pre­mier but por­tu­gais est le ré­sul­tat d’un ca­ram­bo­lage dans la sur­face hel­vé­tique: le mal­heu­reux Jo­han Djou­rou a pous­sé le bal­lon au fond des fi­lets. Et l’équipe na­tio­nale n’a pas eu les armes pour mettre en dan­ger les co­équi­piers de Cris­tia­no Ro­nal­do. Pire, elle a pris un deuxième but. Ré­sul­tat: «La Suisse n’est pas en­core une des meilleures équipes d’Eu­rope», titre la Neue Zür­cher Zei­tung.

Ce bru­tal re­tour sur terre est aus­si com­men­té par Sté­phane Grich­ting. Dans les pages du Ma­tin, l’an­cien in­ter­na­tio­nal hel­vé­tique in­vite à «re­la­ti­vi­ser ce qui s’est pas­sé de­puis une an­née». Jus­qu’à remettre en cause le ni­veau de jeu des hommes de Vla­di­mir Pet­ko­vic: «La fai­blesse du groupe a sans doute tron­qué le ju­ge­ment que l’on pou­vait por­ter sur notre équipe na­tio­nale.» Cette ana­lyse sé­vère est gran­de­ment par­ta­gée sur les ré­seaux so­ciaux. «Une fois de plus, la lu­ci­di­té de Sté­phane Grich­ting…» com­mente sur Twit­ter le journaliste spor­tif Ar­naud Ce­rut­ti.

«Pour al­ler en Rus­sie, il fau­dra cou­rir plus vite et ne pas jouer comme à l’en­traî­ne­ment», sou­pire un in­ter­naute sur la page Fa­ce­book du Temps. Des re­grets éga­le­ment ex­pri­més par la RTS: «Même s’il se­rait ab­surde de tout remettre en ques­tion sur ce seul match de Lis­bonne, la Suisse a failli le soir où elle au­rait pu être grande.» Comme un air de ren­dez-vous man­qué.

Sur le Web, le camp des op­ti­mistes donne aus­si de la voix. «Oui, la Na­ti a per­du hier soir. Elle a per­du son pre­mier match dans ce tour de qua­li­fi­ca­tion. De­vons-nous pleu­rer le ré­sul­tat ou sou­rire du par­cours?» ques­tionne un in­ter­naute sur la page Fa­ce­book du Ma­tin. C’est en ef­fet la seule dé­faite qu’au­ra concé­dée la Suisse lors des éli­mi­na­toires. Une belle per­for­mance. Cet op­ti­misme s’est d’ailleurs ex­pri­mé au Lau­sanne Hoc- key Club, qui a in­vi­té les sup­por­ters de la Suisse dans son chau­dron de Mal­ley. «On en­cou­rage la Na­ti mal­gré tout avec une fon­due», a twit­té une journaliste de 24 heures pré­sente sur place. Au mo­ment du «but casquette», un grand si­lence a tou­te­fois ré­gné dans la salle.

Rap­pe­lons que les Hel­vètes ont dû af­fron­ter une sé­lec­tion por­tu­gaise en grande forme. «Jouer le champion d’Eu­rope en titre, sur son ter­rain, c’est se frot­ter au très haut ni­veau. Si la Suisse avait be­soin de cette re­con­nais­sance in­ter­na­tio­nale après avoir si souvent tré­bu­ché à l’ins­tant de fran­chir un pa­lier, elle ne doit tou­te­fois pas re­non­cer à ses nou­velles en­vies», es­time Da­niel Vi­sen­ti­ni, journaliste à la Tri­bune de Ge­nève. Car l’aven­ture n’est pas ter­mi­née pour les joueurs suisses. Et les sup­por­ters l’ont bien com­pris. «Je sou­haite que la Suisse gagne les bar­rages!» s’en­thou­siasme une lectrice sur la page Fa­ce­book du Temps.

De son cô­té, la com­mu­nau­té por­tu­gaise ju­bile. Sa sé­lec­tion est di­rec­te­ment qua­li­fiée pour le pro­chain Mon­dial. Sur Twit­ter, des in­ter­nautes se moquent de la une du Blick am Abend, pu­bliée avant la ren­contre. On y voit la star por­tu­gaise à ge­noux avec ce titre pro­vo­ca­teur: «Cris­tia­no, on veut te voir pleu­rer ce soir.» Réponse des sup­por­ters de la Se­lec­ção: dé­so­lé, ce ne se­ra pas pour cette fois.

Le ca­pi­taine (et dé­fen­seur) Ste­phan Licht­stei­ner lors du match Por­tu­gal-Suisse, à Lis­bonne, ce mar­di soir.

(LAURENT GILLIÉRON/KEYSTONE)

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