Le loup dans une peau de bou­que­tin

Le Temps - - Débats - CH­RIS­TIANE ELMIGER-STUDER

Suite à la pu­bli­ca­tion d’un texte de M. Ar­let­taz (LT du 9 mai), voi­ci quelques re­marques concer­nant la pré­sence du loup sur notre ter­ri­toire: qu’il s’agisse d’ani­maux hy­brides, ou non, ve­nus spon­ta­né­ment, ou non, peu im­porte, puisque nous sommes mis de­vant le fait ac­com­pli. C’est le comportement des grands pré­da­teurs qui pose pro­blème, pas leur ADN. […] Le loup n’est ni bon ni mé­chant, ne fai­sant pas de la sé­lec­tion na­tu­relle de ses proies une prio­ri­té. Il doit, comme tout être vi­vant, se nour­rir pour sur­vivre. […] Mais qui paie les dé­dom­ma­ge­ments aux éle­veurs, les ins­tal­la­tions de sécurité, les chiens de garde et le per­son­nel d’Etat qui gère tout ce­la? Le contri­buable. Se­lon l’his­to­rien J. M. Mo­ri­ceau, les meutes de loups qui firent un grand nombre de vic­times par­mi le bé­tail, les che­vaux et les chiens s’en pre­naient aus­si aux gar­diens, sou­vent des femmes et des en­fants puisque ce sont eux qui gar­daient les trou­peaux; ce­la jus­qu’en 1968. […] Par consé­quent, adap­tons-nous aux condi­tions de vie ac­tuelles: la po­pu­la­tion suisse est pas­sée de 3,4 mil­lions d’ha­bi­tants au mi­lieu du XIXe siècle à plus de 8 mil­lions au­jourd’hui alors que la sur­face du ter­ri­toire n’a pas va­rié. Gar­dons les grands pré­da­teurs dans les contrées peu peu­plées. Con­ten­tons-nous de conser­ver ef­fi­ca­ce­ment ce qui est com­pa­tible avec notre ter­ri­toire exi­gu et notre dé­mo­gra­phie ga­lo­pante. Lais­sons aux chasseurs et aux gardes-chasse le soin de ré­gu­ler le chep­tel de la faune sau­vage, en gar­dant notre bon sens.

Newspapers in French

Newspapers from Switzerland

© PressReader. All rights reserved.