In­nos­quare ou la nou­velle foire à l’in­no­va­tion en terre vau­doise

Le Temps - - Economie - GHISLAINE BLOCH @Blo­chG­his­laine

Une quin­zaine de pro­to­types, is­sus des écoles de la HES-SO, sont pré­sen­tés ven­dre­di à des in­dus­triels. En­vi­ron 300 par­ti­ci­pants sont at­ten­dus dans la com­mune vau­doise d’Etoy

Sur la base d’un échange ther­mique entre la tem­pé­ra­ture cor­po­relle et celle de l’en­vi­ron­ne­ment ex­té­rieur, le ther­mo­gé­né­ra­teur flexible est ca­pable de pro­duire de l’éner­gie.

«En fonc­tion de leur po­ten­tiel et de leur mar­ché, ces tech­no­lo­gies peuvent va­loir plu­sieurs di­zaines de mil­liers de francs»

JU­LIETTE LEMAIGNEN, FON­DA­TION INARTIS

Plu­sieurs in­dus­triels iront, ven­dre­di, faire leurs em­plettes à Etoy (VD), à l’oc­ca­sion de la bourse tech­no­lo­gique In­nos­quare. Dans les lo­caux du groupe phar­ma­ceu­tique ja­po­nais Suns­tar, plu­sieurs di­rec­teurs d’en­tre­prise, no­tam­ment des re­pré­sen­tants de Fer­ring, Shire, Lon­za, De­bio­pharm, Suns­tar ou EY, ten­te­ront de dé­ni­cher une pé­pite is­sue des dif­fé­rents éta­blis­se­ments de la Haute Ecole spé­cia­li­sée de Suisse oc­ci­den­tale (HES-SO).

«Cet évé­ne­ment consti­tue une ex­cel­lente op­por­tu­ni­té pour res­ter au cou­rant des der­nières ten­dances dans l’in­no­va­tion au ni­veau suisse. Nous re­cher­chons tou­jours des idées in­no­vantes afin d’amé­lio­rer notre offre exis­tante», ex­plique Wie­land Noet­zold, di­rec­teur exé­cu­tif pour l’Eu­rope chez Suns­tar, un groupe de 4000 per­sonnes ac­tif dans les sec­teurs de la san­té et des soins. Il se­ra pré­sent avec d’autres di­rec­teurs d’en­tre­prise en pré-ou­ver­ture de l’évé­ne­ment, fi­nan­cé par la HES-SO.

«Une ga­be­gie im­mense»

«Nous at­ten­dons près de 300 par­ti­ci­pants, non seule­ment is­sus du sec­teur de la re­cherche, mais éga­le­ment des in­dus­triels de la Health Val­ley, es­time Be­noît Du­buis, pré­sident de la Fon­da­tion Inartis, à l’ori­gine de cette ini­tia­tive qui réunit les mi­lieux aca­dé­miques et en­tre­pre­neu­riaux. Ac­tuel­le­ment, le trans­fert tech­no­lo­gique entre les uni­ver­si­tés et l’in­dus­trie n’est pas op­ti­mal. Il manque de connexions. C’est une ga­be­gie im­mense qui cu­mule des frais de re­cherche im­por­tants avec le main­tien des parcs de bre­vets qui peuvent s’avé­rer co­los­saux pour les plus grandes struc­tures.»

Les cher­cheurs n’ont pas tou­jours la pos­si­bi­li­té, ou la vo­lon­té, de trans­for­mer leur in­no­va­tion en start-up. Cer­tains pré­fèrent les dé­ve­lop­per di­rec­te­ment pour l’in­dus­trie. «En fonc­tion de leur po­ten­tiel et de leur mar­ché, ces tech­no­lo­gies peuvent va­loir plu­sieurs di­zaines de mil­liers de francs», note Ju­liette Lemaignen, de la Fon­da­tion Inartis, qui es­père as­sis­ter à des tran­sac­tions ou au moins à des dé­buts de né­go­cia­tions. «Afin d’épau­ler les ache­teurs dans leurs choix, les ex­perts d’EY ap­portent leur aide pour dé­fi­nir le choix à por­ter entre une li­cence, une op­tion de li­cence ou un contrat de dis­cus­sion ex­clu­sive, par exemple.»

Ther­mo­gé­né­ra­teur flexible

Une quin­zaine de tech­no­lo­gies en lien avec le monde la san­té ont été sé­lec­tion­nées par la Fon­da­tion Inartis. Tous les pro­jets sont fi­na­li­sés, pos­sèdent un dé­mons­tra­teur ou un pro­to­type. De plus, ils sont tous libres de droits.

Par­mi ces tech­no­lo­gies, on peut ci­ter celle d’une ther­mo­gé­né­ra­teur flexible, une sorte de pompe à cha­leur du corps hu­main. Il s’agit d’un patch qui se colle sur la peau. Sur la base d’un échange ther­mique entre la tem­pé­ra­ture cor­po­relle et celle de l’en­vi­ron­ne­ment ex­té­rieur, le dis­po­si­tif est ca­pable de gé­né­rer de l’éner­gie.

Dé­ve­lop­pé par la Haute Ecole d’in­gé­nie­rie et d’ar­chi­tec­ture de Fri­bourg (HEIA-FR) et la Haute école Arc de Neu­châ­tel, Berne et Ju­ra (HE-Arc), ce ther­mo­gé­né­ra­teur flexible pour­rait ali­men­ter de pe­tits ap­pa­reils élec­tro­niques, à l’exemple d’une montre ou d’un dis­po­si­tif mé­di­cal. «Avec In­nos­quare, nous es­pé­rons trou­ver des contacts et dé­ve­lop­per des pro­jets», ex­plique Ro­ger Mar­ti de la HEIA-FR.

Elec­trodes mi­nia­tures

Un groupe de re­cherche de la Haute Ecole d’in­gé­nie­rie et de ges­tion du can­ton de Vaud (HEIG-VD) a, de son cô­té, dé­ve­lop­pé des élec­trodes mi­nia­tures et sans fil pour per­mettre le mo­ni­to­ring des nou­veau-nés pré­ma­tu­rés.

«Notre pro­jet cherche à amé­lio­rer les tech­no­lo­gies exis­tantes en ma­tière de sur­veillance mé­di­cale chez les en­fants pré­ma­tu­rés. Les sys­tèmes ac­tuel­le­ment en usage gé­nèrent beau­coup de fausses alarmes qui in­duisent énor­mé­ment de stress chez les pa­rents et le per­son­nel mé­di­cal dé­jà gran­de­ment sous pres­sion, ex­plique le pro­fes­seur Al­ber­to Das­sat­ti de la HEIG-VD, qui se­rait fier de voir le fruit de ses tra­vaux se concré­ti­ser en quelque chose d’utile pour la so­cié­té.

«En plus d’aug­men­ter la fia­bi­li­té de l’ac­qui­si­tion de ces si­gnaux vi­taux, notre sys­tème ouvre la porte à des tech­niques d’ana­lyse plus pous­sées. L’in­fra­struc­ture ain­si mise en place peut éga­le­ment fa­ci­le­ment s’adap­ter aux per­sonnes âgées ou à d’autres contextes», ajoute Al­ber­to Das­sat­ti.

La Fon­da­tion Inartis pré­voit de ré­ité­rer ce type d’évé­ne­ment deux fois par an­née, dans des lieux dif­fé­rents. La pro­chaine réunion au­ra lieu le 13 sep­tembre chez Shire à Neu­châ­tel. Les tech­no­lo­gies qui se­ront pro­po­sées aux in­dus­triels éma­ne­ront, lors des pro­chaines édi­tions, non pas seule­ment des HES mais aus­si des uni­ver­si­tés. Plu­sieurs tech­no­lo­gies passent ac­tuel­le­ment au crible pour la pro­chaine édi­tion.

(DR)

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