Vio­la Am­herd, «au centre du centre»

La Haut-Va­lai­sanne a convié la presse pour dé­fendre sa can­di­da­ture au gou­ver­ne­ment, évo­quant son at­ta­che­ment au dia­logue pour trou­ver des so­lu­tions. Le PDC va­lai­san la sou­tient à 100%

Le Temps - - SUISSE - GRÉ­GOIRE BAUR @GregBaur

La confé­rence de presse de Vio­la Am­herd détonne quelque peu. Elle semble en re­tard sur le ca­len­drier. La Haut-Va­lai­sanne a dé­ci­dé de convo­quer les mé­dias, ce jeu­di, pour se pré­sen­ter et ex­pli­quer les rai­sons qui la poussent à bri­guer le siège lais­sé va­cant au Conseil fé­dé­ral par Do­ris Leu­thard, alors que la cam­pagne, en vue de l’élec­tion du 5 dé­cembre, bat dé­jà son plein. La conseillère na­tio­nale ne fait que te­nir sa pro­messe faite lors de l’an­nonce de sa can­di­da­ture, fin oc­tobre.

«Par­fois, c’est la na­ture qui dé­cide. Mon état de san­té m’em­pê­chait de faire cette confé­rence de presse plus tôt», rap­pelle-telle. Au­jourd’hui, Vio­la Am­herd va mieux. Ses pro­blèmes de san­té sont de l’his­toire an­cienne. «Ils ne sont au­cu­ne­ment liés aux ré­flexions concer­nant cette can­di­da­ture», pré­cise-t-elle en sou­riant. Si les cal­culs ré­naux ne l’ont pas stop­pée dans sa vo­lon­té de sié­ger au Conseil fé­dé­ral, les dis­cus­sions avec son en­tou­rage et son par­ti, ain­si que les «re­tours po­si­tifs de la po­pu­la­tion et du monde po­li­tique», l’ont en­cou­ra­gée à sau­ter le pas.

Ex­pé­rience des pou­voirs exé­cu­tif et lé­gis­la­tif

Vio­la Am­herd es­time avoir le ba­gage né­ces­saire pour ac­cé­der au gou­ver­ne­ment, met­tant en avant ses qua­li­tés de «bâ­tis­seuse de ponts». «La dis­cus­sion, les échanges sont au coeur de mes prio­ri­tés. Pour trou­ver des so­lu­tions so­lides et du­rables, il faut sa­voir écouter et prendre en compte les opi­nions qui dif­fèrent de la vôtre», sou­ligne-t-elle. Pré­si­dente de Brigue-Glis du­rant douze ans, conseillère na­tio­nale de­puis 2005, Vio­la Am­herd fait éga­le­ment va­loir ses ex­pé­riences au sein des pou­voirs exé­cu­tif et lé­gis­la­tif. Dans le pro­ces­sus dé­ci­sion­nel, elle avoue ap­pré­cier par­ti­cu­liè­re­ment le mo­ment où il faut tran­cher. «J’aime prendre des dé­ci­sions, c’est une qua­li­té im­por­tante pour être conseillère fé­dé­rale», es­time-t-elle.

La Haut-Va­lai­sanne, qui peut éga­le­ment faire va­loir une éti­quette de re­pré­sen­tante des ré­gions pé­ri­phé­riques, sait que la tâche ne se­ra pas fa­cile et que les dé­fis à re­le­ver sont nom­breux. Evo­quant la nu­mé­ri­sa­tion, les re­la­tions avec l’Eu­rope ou en­core les coûts de la san­té, Vio­la Am­herd se dit prête à don­ner «de son temps, de son ex­pé­rience et de son éner­gie pour trou­ver des ré­ponses à ces ques­tions». Le tout en re­pré­sen­tant les va­leurs de son par­ti, le PDC, au sein du Conseil fé­dé­ral.

Une can­di­date trop à gauche?

Mais la can­di­date, que d’au­cuns jugent trop à gauche pour une dé­mo­crate-chré­tienne, peut-elle être l’égé­rie de son par­ti? «Il faut pas­ser par-des­sus les éti­quettes qu’on es­saie de me col­ler. Si on ana­lyse mes votes au Conseil na­tio­nal, on se rend compte que je suis au centre du centre. C’est ce­la l’ADN du PDC», ré­pond la prin­ci­pale in­té­res­sée. Les dé­mo­crates-chré­tiens va­lai­sans ac­quiescent. Vio­la Am­herd peut de­ve­nir la fi­gure de proue de leur par­ti. De­vant les mé­dias, ils se montrent unis der­rière sa can­di­da­ture.

Le choix des dif­fé­rents in­ter­ve­nants de la confé­rence de presse vient d’ailleurs ren­for­cer cette image d’union. La pré­sence de Serge Mé­trailler, pré­sident du PDC du Va­lais ro­mand qui n’a pas hé­si­té à par­ler de «sou­tien in­con­di­tion­nel», dé­montre que l’en­semble du can­ton porte cette can­di­da­ture et pas uni­que­ment sa par­tie ger­ma­no­phone. Les prises de pa­role suc­ces­sives du conseiller aux Etats Beat Rie­der et du chef de groupe du PDC haut-va­lai­san (CVPO) au Grand Conseil Phi­lipp Mat­thias Bre­gy, tous deux plus à droite que Vio­la Am­herd sur l’échi­quier po­li­tique, ont pour but de faire taire les ru­meurs de di­vi­sion au sein du CVPO.

«Je ne sais pas qui me veut du mal»

Si le par­ti ap­pa­raît uni der­rière Vio­la Am­herd, ce n’est pas le cas de l’en­semble du Haut-Va­lais. De­puis quelques se­maines, plu­sieurs af­faires, qui écornent l’image de la can­di­date, éclatent au grand jour. Dé­but oc­tobre, on ap­pre­nait que la conseillère na­tio­nale avait été condam­née pour avoir per­çu des loyers trop éle­vés du­rant plu­sieurs an­nées. Ce jeu­di, la Welt­woche dé­voile une his­toire d’hé­ri­tage que la no­taire au­rait mal gé­ré. «Je ne sais pas qui me veut du mal, ex­plique Vio­la Am­herd, en pré­ci­sant que les écrits de la Welt­woche sont faux. Mais je suis consciente que si après près de trente ans de car­rière po­li­tique, tu n’as pas d’en­ne­mis, quelque chose ne joue pas.»

VIO­LA AM­HERD CONSEILLÈRE NA­TIO­NALE (PDC/VS)

«La dis­cus­sion, les échanges sont au coeur de mes prio­ri­tés. Pour trou­ver des so­lu­tions so­lides et du­rables, il faut sa­voir écouter»

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