Edi­to

Sept - - Edito - Pa­trick Val­lé­lian

Chère lectrice, Cher lec­teur,

Le pro­blème avec les guerres, même asy­mé­triques, c’est qu’elles vous obligent à choi­sir. A choi­sir entre le blanc et le noir. Le bien et le mal. Entre nous et eux. Fi­nies les nuances. Ter­mi­né le temps de la ré­flexion. Il y a un axe, une fron­tière qui se des­sine dans nos âmes, nos coeurs, nos têtes, nos amours. Un mur. Un camp. Et gare à ceux qui pré­fèrent les che­mins de tra­verse.

Si la pre­mière vic­time de la guerre, c’est la vé­ri­té, la se­conde, à coup sûr, reste le libre ar­bitre. C’est d’ailleurs ce qui m’hé­risse le plus le poil à force de voir les bar­bus im­po­ser leur agen­da san­glant en réponse aux guerres orien­tales des ad­mi­nis­tra­tions Bush-oba­ma et à leurs cen­taines de mil­liers de morts ano­nymes.

Plus per­sonne ne se de­mande qui a ou­vert la boîte de Pan­dore de l’is­lam ra­di­cal. Qui l’a struc­tu­ré. L’a ali­men­té. Qui a men­ti au point de nous faire croire que le pro­blème ve­nait de l’iran et de la Rus­sie. Qui ferme en­core les yeux sur cette Ara­bie saou­dite qui souffle sur le feu. Et pour­quoi l’oc­ci­dent se­ra ju­gé par l’his­toire pour avoir lais­sé des monstres gran­dir sous ses yeux.

Sur­tout, cette si­tua­tion biaise notre re­gard sur la re­li­gion, opium des ex­tré­mistes. Chaque at­ten­tat, chaque at­taque, chaque goutte de sang ver­sé au nom de Dieu nous prend pe­tit à pe­tit en otage. Il vien­dra un jour, pro­chain mal­heu­reu­se­ment, où il fau­dra choi­sir son camp et mon­trer patte blanche même si la re­li­gion ne concerne per­sonne d’autre que soi. Que notre rap­port à la vie, à l’autre et à la mort. C’est notre af­faire. Pas celle de notre voi­sin, ni de l’etat qui n’a qu’une mis­sion: as­su­rer une laï­ci­té pure et dure, seul rem­part de la li­ber­té re­li­gieuse.

En fait, croire, c’est un acte per­son­nel. In­time. Comme le sont ces chambres de re­li­gieux qu’ont pu vi­si­ter ex­cep­tion­nel­le­ment El­sa Do­rey et Kler­vi Le Co­zic ( lire pages 46 à 65). Sur la pointe des pieds. On y prie. On y pleure. On y souffre. On y écoute de la mu­sique. On y écrit. On y vit quoi…

Une porte sur une in­ti­mi­té avec le di­vin que nous ouvrent éga­le­ment les ar­tistes un­der­ground de Jé­ru­sa­lem ( lire pages 104 à 112) qui tentent de construire des ponts in­ter­re­li­gieux grâce à la mu­sique, à la poé­sie… et au ska­te­board, ou les dis­ciples de la zaouïa al Ala­wiya, une confré­rie sou­fie de l’ouest al­gé­rien ( lire pages 36 à 45) dont la sa­gesse et la dou­ceur peinent à se faire en­tendre dans la ca­co­pho­nie ac­tuelle de l’is­lam.

Une ca­co­pho­nie qui ré­sonne aux oreilles des fous d’hus­sein qu’eric Laf­forgue nous fait ren­con­trer ( lire pages 66 à 103). Son su­perbe ré­cit pho­to­gra­phique nous plonge aux cô­tés des fi­dèles chiites com­mé­mo­rant la mort du pe­tit-fils de Ma­ho­met lors de la fête d’achou­ra. Co­lo­ré. Brillant. Vi­brant. In­tense.

Une ma­nière de prou­ver qu’ici, comme là-bas, croire n’est pas morne, ni san­glant. Mais per­son­nel. Joyeux. Hu­main. Et que ceux qui veulent nous im­po­ser leur foi par la vio­lence ne sont ni des ré­sis­tants ou des ter­ro­ristes, mais des cri­mi­nels. De quelque bord qu’ils soient.

Bonne lec­ture

Vous vou­lez dé­cou­vrir ce qu’est un mook aug­men­té? C’est fa­cile: té­lé­char­gez notre App Sept, scan­nez les pages où fi­gure notre pic­to Sept AR et dé­gus­tez nos «plus» vir­tuels (lire notre mode d’em­ploi en page 4). Pe­tit conseil: com­men­cez par la page de cou­ver­ture de Sept, le mook suisse...

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