Chère lec­trice, Cher lec­teur,

Sept - - Appel - Mer­ci William Bour­don Avo­cat Membre du col­lec­tif PPLAAF Pa­trick Val­lé­lian Ré­dac­teur en chef Sept

Ils ont osé dire non. Non à la cor­rup­tion. A l’ar­gent sale. Non aux Etats pré­da­teurs. A une sur­veillance gé­né­ra­li­sée. Non à des lois ab­surdes, à des agences de ren­sei­gne­ment ou en­core non à une guerre aus­si in­utile qu'illi­cite comme Da­niel Ells­berg dans les an­nées 1970 ( lire pages 30 à 65).

Cet an­cien haut fonc­tion­naire amé­ri­cain a trans­mis au New York Times les Pen­ta­gon Pa­pers, des do­cu­ments ul­tra-confi­den­tiels sur la guerre qui fai­sait rage au Viêt­nam. Les jour­na­listes ont pu re­cou­per ces in­for­ma­tions et prou­ver que le Gou­ver­ne­ment amé­ri­cain avait men­ti sur toute la ligne. Des ré­vé­la­tions qui ont ac­cé­lé­ré la chute du pré­sident Nixon et le re­tour à la mai­son des boys.

Le rôle dé­mo­cra­tique et in­dis­pen­sable des lan­ceurs d’alerte a de fait écla­té au grand jour, dé­mon­trant par là même le bien-fon­dé de leur com­bat pour un monde plus juste, plus trans­pa­rent et plus hon­nête.

Or de­puis, nos An­ti­gone des temps mo­dernes pour­suivent leur che­min de croix. Les Snow­den, Mei­li ( lire pages 20 à 23), Brown ( lire pages 94 à 107), Ene­bish (lire pages 72 à 81) ou Cat­ta­neo ( lire pages 108 à 130) passent au mieux pour de vi­lains rap­por­teurs, au pire pour des traîtres à la na­tion qu’il faut pu­nir. Bâillon­ner. Ou condam­ner par la jus­tice comme de vul­gaires cri­mi­nels.

Dans le si­lence as­sour­dis­sant de nos dé­mo­cra­ties qui peinent à leur re­con­naître le sta­tut de dé­fen­seurs de l'in­té­rêt gé­né­ral.

Et c'est bien ce qui nous pré­oc­cupe. Le manque cruel et ab­surde de réactions po­li­tiques aux ni­veaux na­tio­nal et in­ter­na­tio­nal pour sou­te­nir celles et ceux qui osent dé­non­cer des vé­ri­tés dé­ran­geantes est scan­da­leux. Il est temps que ce­la change. Il est temps que la voix de ces cou­ra­geux soit res­pec­tée, pro­té­gée, mais aus­si écou­tée comme il se doit. Comme une alerte. Et non comme une tra­hi­son.

La Pla­te­forme de pro­tec­tion des lan­ceurs d'alerte en Afrique (PPLAAF) et Sept s’unissent au­jourd’hui pour lan­cer un ap­pel mon­dial à toutes les bonnes vo­lon­tés. Il est in­dis­pen­sable au nom d’une né­ces­saire trans­pa­rence dans notre époque qui en manque cruel­le­ment de créer et pro­mou­voir une pro­tec­tion uni­ver­sel­le­ment re­con­nue pour les lan­ceurs d’alerte.

Une pro­tec­tion qui doit être ins­crite dans les textes fon­da­men­taux des Etats et s’ap­puyer sur des lois so­lides et mo­dernes as­su­rant no­tam­ment aux whist­le­blo­wers un to­tal ano­ny­mat ain­si qu’un sys­tème cryp­té de com­mu­ni­ca­tions et de trans­mis­sion d’in­for­ma­tions.

En­semble, rap­pe­lons éga­le­ment aux Etats qu’ils ne doivent pas en­tra­ver le tra­vail des jour­na­listes qui re­laient la pa­role des whist­le­blo­wers, mais au contraire le fa­ci­li­ter. Et que ces mêmes mé­dias ont une res­pon­sa­bi­li­té mo­rale vis-à-vis de ces sources.

En­semble, sou­te­nons les com­mu­nau­tés d’avo­cats, de mi­li­tants, D’ONG agis­sant comme bou­cliers contre de po­ten­tielles re­pré­sailles et me­naces avant et après les ré­vé­la­tions des lan­ceurs d’alerte.

En­semble, rap­pe­lons en­fin à l’or­ga­ni­sa­tion des Na­tions unies (ONU) qu’elle a pour mis­sion, entre autres, de faire res­pec­ter la li­ber­té d’ex­pres­sion de chaque ha­bi­tant de notre pla­nète.

Vous vou­lez dé­cou­vrir ce qu’est un mook aug­men­té ? C’est fa­cile : té­lé­char­gez notre App Sept, scan­nez les pages où fi­gure notre pic­to Sept AR et dé­gus­tez nos «plus» vir­tuels (lire notre mode d’em­ploi en page 4). Pe­tit con­seil: com­men­cez par la page de cou­ver­ture de Sept, le mook suisse ... Illustration de une : © Pas­cal Ne­me­sha­zy

Newspapers in French

Newspapers from Switzerland

© PressReader. All rights reserved.