Ge­ne­vois, soyez gé­né­reux pour nos sol­dats mo­bi­li­sés!

Que li­sait-on dans la «Tri­bune» il y a 100 ans? Notre sé­rie d’été.

Tribune de Geneve - - GENÈVE -

En ces temps de guerre, l’heure est à la so­li­da­ri­té avec les sol­dats suisses. Sous le titre «Don na­tio­nal suisse et cartes pos­tales, mé­dailles», l’édi­tion de «La Tri­bune de Ge­nève» des di­manche 14 et lun­di 15 juillet 1918 lance donc un vi­brant ap­pel à la gé­né­ro­si­té.

«Le Co­mi­té can­to­nal ge­ne­vois pour le Don na­tio­nal suisse se voit dans l’obli­ga­tion de ren­sei­gner le pu­blic sur la vente des cartes pos­tales, mé­dailles, broches, chants du sol­dat, qui se­ra faite ex­clu­si­ve­ment en fa­veur de nos sol­dats et leurs fa­milles, le di­manche 28 juillet, dans le Parc de La Grange, à l’oc­ca­sion de la grande fête mi­li­taire et le jeu­di 1er août (jour dit de l’ar­mée).»

Afin d’être sûr que les oboles tom­be­ront dans la bonne es­car­celle, le jour­na­liste pré­cise: «Cette vente (…) est in­dé­pen­dante de celle qui se fait chaque an­née par les soins de la Fête na­tio­nale du 1er août et dont en sont char­gés les bureaux de poste et Sec­tions des sa­ma­ri­tains et gym­nas­tique».

Pour ceux qui n’au­raient pas bien sai­si l’im­por­tance de cette ac­tion, le chro­ni­queur en­fonce le clou: «Tout le pro­duit de la vente des 28 juillet et 1er août des mé­dailles, broches, chants du sol­dat, cartes pos­tales (re­pro­duc­tion de l’af­fiche de notre ar­tiste Cour­voi­sier), vien­dra gros­sir l’ap­port fi- nan­cier du can­ton de Ge­nève en fa­veur des oeuvres so­ciales du sol­dat.»

Vous en re­pren­drez bien une pe­tite louche? «Le Co­mi­té can­to­nal tient à coeur à ce que Ge­nève fi­gure en bon rang, mal­gré les nom­breuses quêtes, tom­bo­las de tous genres en fa­veur d’oeuvres in­té­res­santes.»

Al­lez, un ul­time rap­pel: «Les fonds du Don na­tio­nal suisse ser­vi­ront à ve­nir en aide à nos sol­dats et leurs fa­milles; c’est une oeuvre suisse qui se­ra ap­pe­lée à rendre de grands ser­vices à notre Pa­trie.»

Le prix des porcs ex­plose

N’em­pêche, la vie est dure et par­tout les prix montent. Un exemple, à dé­cou­vrir dans la ru­brique Échos: «Un wa­gon de 32 porcs a été conduit sa­me­di aux abat­toirs de notre ville. Ces ani­maux ont été ache­tés par un groupe de char­cu­tiers pour le prix de 39 950 fr. Or il y a juste un an, le 13 juillet 1917, le même nombre de porcs, re­pré­sen­tant le même poids, a été ven­du à Bienne pour 22 000 fr. N’ac­cu­sons ce­pen­dant pas les éle­veurs de trop ga­gner mais bien plu­tôt les au­to­ri­tés fé­dé­rales com­pé­tentes de leur la­men­table et ré­vol­tante ad­mi­nis­tra­tion ga­be­gie», dé­nonce le ré­dac­teur.

Qui pour­suit sa dé­mons­tra­tion: «L’en­grais ven­du par la Con­fé­dé­ra­tion re­vient à celle-ci 65 fr. les 100 ki­los, et quand l’éle­veur l’achète il doit le payer de 180 à 200 fr.» Et se­lon l’au­teur de l’ar­ticle, il s’agit en plus d’un «mé­lange abo­mi­nable de grains ava­riés et de fu­mier sé­ché et pul­vé­ri­sé». Bon ap­pé­tit!

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