Au théâtre, on est plu­sieurs dans la bai­gnoire

Tribune de Geneve - - ANNONCES -

Au XIXe siècle, en Eu­rope comme en Amé­rique, des salles de théâtre, de concert et d’opéra sortent de terre dans toutes les villes d’une cer­taine im­por­tance. Leur ar­chi­tec­ture est un peu la même par­tout. À Pa­ris, les loges du rez-de­chaus­sée sont ap­pe­lées bai­gnoires; elles en ont sou­vent les ron­deurs. «Vide les bai­gnoires, rem­plit les la­va­bos» est une énigme de Tris­tan Ber­nard connue des cru­ci­ver­bistes. La ré­ponse est «en­tracte». Jean Bé­raud a peint les oc­cu­pants de l’une de ces bai­gnoires avant qu’ils ne filent aux la­va­bos. Le spec­tacle bat son plein, ce qui n’em­pêche pas ma­dame de se pou­drer de­vant le mi­roir de sa loge. Son com­pa­gnon de bai­gnoire la contemple amou­reu­se­ment. Jean Bé­raud (1849-1935) est un peintre de la vie pa­ri­sienne du tour­nant du XIXe siècle, dont les oeuvres se trouvent dans les plus grands mu­sées. En 1883, le Théâtre des Va­rié­tés existe de­puis 76 ans. Cette an­née-là, il voit la créa­tion de «Mam’zelle Ni­touche», une opé­rette du com­po­si­teur Her­vé qui se­ra don­née à l’Opéra de Lau­sanne en jan­vier 2019! Un mot en­core sur la loge bai­gnoire dans l’uni­vers de Proust. Le nar­ra­teur y cherche des yeux les «blanches Né­réides» que sont pour lui les in­ac­ces­sibles du­chesses.

B.Ch.

«La bai­gnoire, au Théâtre des Va­rié­tés», par Jean Bé­raud. RMN-GRAND PA­LAIS / AGENCE BULLOZ/ MUSÉE CARNAVALET

Newspapers in French

Newspapers from Switzerland

© PressReader. All rights reserved.