Lu­ka­ku dia­ble­ment ir­ré­sis­tible

Bat­tue 2-1 par la Bel­gique à Bruxelles, la Na­ti a ri­va­li­sé avec son pres­ti­gieux ad­ver­saire

Tribune de Geneve - - LA UNE - Tim Guille­min Bruxelles

Foot­ball En Ligue des na­tions, les hommes de Vla­di­mir Pet­ko­vic n’ont pas pré­ser­vé le bé­né­fice du match nul qu’ils pen­saient pour­tant ar­ra­cher à la Bel­gique. Mal­gré sa so­lide pres­ta­tion et le but de Ga­vra­no­vic, l’équipe de Suisse n’a pas pu en­di­guer la puis­sance de Ro­me­lu Lu­ka­ku, qui a mar­qué la ren­contre de son em­preinte.

Les 500 sup­por­ters de l’équipe de Suisse à avoir dé­ci­dé de pas­ser leur fin de se­maine à Bruxelles n’ont pas eu à le re­gret­ter. Dé­jà parce que la ca­pi­tale belge est un en­droit fort sym­pa­thique pour y pas­ser une ou deux nuits entre amis. Mais aus­si parce que Gra­nit Xha­ka, ex­cellent ven­dre­di dans son rôle de pointe basse à mi-ter­rain, et ses co­équi­piers leur ont prou­vé qu’ils pou­vaient ri­va­li­ser avec l’une des meilleures équipes du monde, ce qui était exac­te­ment ce que l’équipe de Suisse était ve­nue cher­cher comme confir­ma­tion au stade du Roi-Bau­doin, ce lieu char­gé d’his­toire.

Vla­di­mir Pet­ko­vic avait dé­ci­dé de sur­prendre tout le monde, y com­pris jus­qu’au der­nier mo­ment. Son équipe s’est fi­na­le­ment pré­sen­tée dans un sys­tème à trois dé­fen­seurs cen­traux, mal­gré l’ab­sence de Ma­nuel Akan­ji (tou­ché à une cuisse). Ri­car­do Ro­dri­guez a ain­si été ap­pe­lé à évo­luer au poste d’axial gauche, Ste­ven Zu­ber étant char­gé d’ani­mer le flanc et de dé­fendre face à Tho­mas Meu­nier. Mi­chael Lang oc­cu­pait lui le flanc droit, se re­trou­vant à ai­der Ni­co El­ve­di dans une tâche très com­pli­quée: li­mi­ter le champ d’ac­tion d’Eden Ha­zard, l’un des ca­dors ac­tuel­le­ment les plus en forme dans le foot­ball mon­dial. Bref, un nou­veau sys­tème, qui a por­té ses fruits, mal­gré la dé­faite.

En­tame de match par­faite

Les quinze pre­mières mi­nutes ont en ef­fet vu une équipe de Suisse maî­tresse du bal­lon, fai­sant re­cu­ler des Diables Rouges qui ne s’at­ten­daient sans doute pas à se faire tour­ner au­tour de telle ma­nière. Pour leur pre­mier match à la mai­son de­puis leur troi­sième place à la Coupe du monde en Rus­sie, les Belges ont été fê­tés par leur pu­blic, mais ils ont sur­tout été pris à froid par l’agres­si­vi­té des Suisses, qui ont li­vré une pre­mière pé­riode de grande qua­li­té.

Après la fu­reur du pre­mier quart d’heure, les hommes de Vla­di­mir Pet­ko­vic ont par­fai­te­ment gé­ré les Belges jus­qu’à la pause. Il y a eu des si­tua­tions pour les at­ta­quants des Diables, bien sûr, mais ceux-ci n’ont pas vé­ri­ta­ble­ment in­quié­té un Yann Som­mer fi­na­le­ment as­sez se­rein. Et les Belges, si poin­tilleux sur la ques­tion de la pos­ses­sion de balle, n’au­ront cer­tai­ne­ment pas man­qué de no­ter qu’ils étaient me­nés dans ce do­maine à la pause (47% contre 53%)…

La par­tie s’est en­flam­mée après le break, les Belges fai­sant en­fin hon­neur à leur sta­tut lors d’un pre­mier quart d’heure im­pres­sion­nant. Et, comme qua­si­ment toutes les sé­lec­tions qui croisent la route de Ro­me­lu Lu­ka­ku, la Na­ti a plié face au puis­sant at­ta­quant des Diables Rouges. Au terme d’une ac­tion col­lec­tive re­mar­quable, l’avant­centre s’est re­trou­vé en po­si­tion idéale dans les seize mètres et sa frappe a trom­pé un Yann Som­mer qui au­rait pu mieux faire beau­coup mieux sur ce coup (58e, 1-0).

Son­née, la Suisse? Un peu, car les Belges étaient vrai­ment sou­ve­rains à ce mo­ment de la par­tie et sans une bonne pres­ta­tion de la dé­fense hel­vé­tique, le score au­rait pu s’alour­dir à l’ap­proche de la der­nière de­mi­heure. Yann Som­mer a éga­le­ment sor­ti quelques pa­rades de classe, no­tam­ment face à Dries Mer­tens et, pe­tit à pe­tit, comme face à l’Es­pagne avant la Coupe du monde, comme face au Bré­sil à Ros­tov-sur-le-Don, la Na­ti a re­fait sur­face.

Dès la 70e en­vi­ron, les Belges ont de nou­veau com­men­cé à re­cu- ler et ce­la en dit long sur le ca­rac­tère et la qua­li­té de cette équipe de Suisse. L’éga­li­sa­tion de Ma­rio Ga­vra­no­vic (76e), très op­por­tu­niste à la ré­cep­tion d’un coup franc ex­cen­tré de Xher­dan Sha­qi­ri re­mis de la tête par Ni­co El­ve­di, est ve­nue ré­com­pen­ser cette Na­ti au­da­cieuse et dé­ter­mi­née. «Ga­vra», qui ve­nait de rem­pla­cer un Ha­ris Se­fe­ro­vic af­freu­se­ment dé­ce­vant, a eu la bonne idée de se trou­ver au bon en­droit.

Le dou­blé pour Lu­ka­ku

La Suisse pen­sait te­nir un point qui avait va­leur d’ex­ploit et au­rait même pu al­ler cher­cher le 1-2. Hé­las, en fin de match, et alors que Lu­ka­ku ve­nait de ra­ter une mon­tagne (81e), il a ob­te­nu une deuxième chance. Et ne l’a pas ra­tée, ins­cri­vant là son… 22e but en 18 matches avec la sé­lec­tion. La Suisse peut avoir des re­grets, mais elle a aus­si le droit d’être fière de sa pres­ta­tion.

Elle peut d’ailleurs tou­jours rem­por­ter son groupe de Ligue des na­tions. Pour y ar­ri­ver, il fau­dra battre l’Is­lande lun­di à Reyk­ja­vik et la Bel­gique en no­vembre à Lu­cerne. Pas fa­cile, mais pas im­pos­sible non plus.

KEYSTONE

EPA

Ro­me­lu Lu­ka­ku a fait des mi­sères à la dé­fense suisse, ins­cri­vant un dou­blé. La Na­ti n’a ce­pen­dant pas à avoir honte.

Newspapers in French

Newspapers from Switzerland

© PressReader. All rights reserved.