Un pro­jet ge­ne­vois pour la nou­velle pa­ti­noire

Tribune de Geneve - - SPORTS -

C’est un pro­jet qui de­vait avan­cer vite, mais qui, pour beau­coup de rai­sons, semble s’être en­li­sé. On parle de la nou­velle pa­ti­noire au Trèfle-Blanc, ce com­plexe qui de­vait être por­té par les mêmes Ca­na­diens qui ont quit­té la di­rec­tion de Ge­nè­veSer­vette en ca­ti­mi­ni, lais­sant un club ex­sangue en jan­vier (avec un trou dans les comptes avoi­si­nant les neuf mil­lions! – plus que ce qui était pré­vu ini­tia­le­ment). Un club sau­vé du pire par la Fon­da­tion 1890, elle-même sou­te­nue par la Fon­da­tion Hans-Wils­dorf (Ro­lex). Mais, en­fin, fort d’un au­dit de l’État qui avait as­su­ré de la sur­face fi­nan­cière et du sa­voir-faire de leurs in­ves­tis­seurs, MM. Gall et Gil­lis sont tou­jours là, à vou­loir dé­ve­lop­per la seule chose pour la­quelle ils sont ve­nus à Ge­nève à l’ap­pel de Hugh Quen­nec: bien plus que la construc­tion d’une nou­velle pa­ti­noire né­ces­saire pour un can­ton et sur­tout pour Ge­nève-Ser­vette, dé­ve­lop­per le pro­jet im­mo­bi­lier qui va avec.

Leur porte-pa­role, Ch­ris­tophe Lamps, as­sure leur bonne foi et leur vo­lon­té. «Nous sommes prêts, lance-t-il. Nous de­meu­rons po­si­tifs et at­ten­dons les der­nières va­li­da­tions for­melles de l’État, confir­mant le pro­jet et le bu­si­ness plan pré­sen­té à la fin de 2017. Ce­la per­met­tra de mettre en place le rem­bour­se­ment des frais en­cou­rus par le club, ain­si que des com­pen­sa­tions fi­nan­cières, pour un to­tal de plus de six mil­lions. Les in­ves­tis­seurs se sont en­ga­gés par un pro­jet de contrat sur ces mon­tants.» Ce­la suf­fi­ra-t-il pour ef­fa­cer le pas­sé? Parce qu’il y a un pas­sé, pour ne pas dire un pas­sif. Ces sommes qui ont long­temps gre­vé le bud­get des Aigles, les di­ri­geants ca­na­diens de l’époque n’ayant ja­mais rien payé ou presque. D’ailleurs, se­lon nos in­for­ma­tions, la di­rec­tion ac­tuelle des Aigles a en­voyé une som­ma­tion pour un rè­gle­ment de 1,5 mil­lion dû au club. La lettre a été adres­sée à TBRE SA (Tri­fo­lium Ca­pi­tal SA), cette so­cié­té créée pour por­ter le pro­jet de la nou­velle pa­ti­noire, dont l’ayant droit se­rait Hugh Quen­nec. MM. Gall et Gil­lis de­vaient y prendre part, sauf qu’ils ne se­raient pas pré­sents en son sein: TBRE semble être une co­quille vide.

Au­jourd’hui, une réa­li­té: au­cun do­cu­ment si­gné, au­cune lettre d’in­ten­tion, au­cune pro­prié­té in­tel­lec­tuelle ne lie le club ou le can­ton aux in­ves­tis­seurs ca­na­diens. Ces der­niers pro­mettent des rem­bour­se­ments contre l’as­su­rance d’être choi­sis. Ils évoquent tou­jours un com­plexe pha­rao­nique qui pour­rait dé­pas­ser les 400 mil­lions de francs, qu’ils as­surent ga­ran­tir par un in­ves­tis­se­ment 100% pri­vé.

Mais d’autres per­sonnes se mettent sur les rangs dé­sor­mais. Nous avons ap­pris qu’un pro­jet ge­ne­vois, pi­lo­té par un in­ves­tis­seur connu de la place im­mo­bi­lière, s’est sé­rieu­se­ment dé­ve­lop­pé. On parle là d’un com­plexe qui coû­te­rait près de deux fois moins (250 mil­lions de francs). Il est pré­vu au même en­droit, au Trèfle-Blanc. Qu’en pense Ge­nève-Ser­vette?

«Nous étu­die­rons les condi­tions-cadres qui se­ront les plus in­té­res­santes pour l’in­té­rêt du club, ex­plique lo­gi­que­ment Ch­ris­tophe Stu­cki, le di­rec­teur gé­né­ral. Au­tre­ment dit, nous sou­tien­drons ceux qui ap­por­te­ront les meilleures ga­ran­ties pour nous, dans un cli­mat de confiance, en ac­cord avec les au­to­ri­tés po­li­tiques qui trai­te­ront du dos­sier.»

Les Ca­na­diens ont-ils en­core la confiance du club? On peut en dou­ter. En at­ten­dant, le pro­jet ge­ne­vois, dont les di­ri­geants des Aigles sont au cou­rant, avance à grands pas.

Newspapers in French

Newspapers from Switzerland

© PressReader. All rights reserved.