Ser­vette reste seul lea­der de Chal­lenge League

Me­nés au score par Win­ter­thour, dès la 6e mi­nute, les Gre­nat ne s’af­folent pas et font par­ler leurs qua­li­tés pour mar­quer trois buts

Tribune de Geneve - - LA UNE - Da­niel Vi­sen­ti­ni Win­ter­thour

Pe­tit à pe­tit les in­ter­ro­ga­tions se lèvent, les unes après les autres. Dans le ciel gre­nat du dé­but de sai­son, plu­sieurs ques­tions flot­taient en­core. On sa­vait les am­bi­tions lo­giques, ce re­tour en Su­per League. On de­vait pour­tant se mon­trer lu­cide et l’être en­core au­jourd’hui. Mais en­fin, après une brillante vic­toire 3-1 à Win­ter­thour pour s’ins­tal­ler tout seul en tête du clas­se­ment, les ques­tion­ne­ments se dis­sipent.

Oui, Ser­vette est un lea­der lé­gi­time, la meilleure équipe de Chal­lenge League ac­tuel­le­ment et de­puis plu­sieurs matches. Oui, il pra­tique un foot­ball of­fen­sif, élé­gant, et les as­su­rances qui naissent de­puis quelques se­maines sont au­tant de so­lides as­sises pour le fu­tur. Oui, Alain Gei­ger ef­fec­tue un tra­vail re­mar­quable en gé­rant son groupe. Le nou­vel en­traî­neur de­man­dait du temps, mais les choses se mettent en place vite. Il a dé­ga­gé une équipe type, il s’ap­puie sur deux ou trois sys­tèmes de jeu qu’il peut mo­du­ler en cours de match sans que ce­la ne dé­con­certe les siens.

Les qua­li­tés des Gre­nat

Dans l’ar­chi­pel de ces pe­tites sa­tis­fac­tions qui en forment des grosses, il y a des évi­dences. On veut par­ler de la qua­li­té tech­nique de ce groupe gre­nat. Win­ter­thour a des ar­gu­ments, les Zu­ri­chois ont même eu le cu­lot d’ou­vrir le score à do­mi­cile dès la sixième mi­nute, pro­fi­tant d’une flo­pée d’er­reurs per­son­nelles (Rou­tis pour le cor­ner concé­dé, Sé­ve­rin pour le dé­ga­ge­ment ra­té et la faute qui sui­vait, Frick pour le coup franc de Slis­ko­vic qui lui pas­sait sous le ventre). Mais rien ne semble de­voir per­tur­ber Ser­vette, pas même ce 1-0 qui les cueillait à froid. Non, sans af­fo­le­ment, les Gre­nat se sont ap­pli­qués à faire ce qu’ils font de mieux de­puis plu­sieurs matches: jouer. Après tout, quand on a mar­qué trois fois de suite trois buts lors des trois der­niers matches, il n’y a pas de rai­sons de pa­ni­quer. C’est ce que Schalk s’est dit quand il a en­fin ins­crit son pre­mier but pour éga­li­ser dès la 18e mi­nute.

En fait, c’est tou­jours plus simple quand on a dans ses rangs Ste­va­no­vic (as­siste de rêve pour Al­phonse après une bourde de Wild, 1-2 à la 49e), Al­phonse passe gé­niale sur le 1-3 et Wü­thrich pour conclure ma­gis­tra­le­ment par une balle bros­sée dans la lu­carne.

On ra­jou­te­ra en­core Co­gnat, qui au­rait dû trou­ver la faille lui aus­si. Mais tous mé­ritent un coup de cha­peau. Parce que ce groupe-là est so­li­daire, parce que Gei­ger, après avoir dé­ci­dé de com­men­cer en 4-13-2, a vite re­ca­dré Al­phonse sur la gauche: bonne dé­ci­sion pour un 44-1-1 qui te­nait mieux la route à ce mo­ment. La preuve d’une belle marge de ma­noeuvre. «Je veux une équipe qui at­taque et qui joue, j’ai les élé­ments pour ce­la, lan­çait Gei­ger. Je sais pour­quoi nous sommes à cinq suc­cès d’af­fi­lée: le bou­lot, tous les jours à l’en­traî­ne­ment et une forme d’har­mo­nie aus­si.»

«Gar­der la tête froide»

C’est simple, oui. Ser­vette re­gorge de ta­lents et quand ceux-ci jouent en­semble, c’est toute l’équipe qui de­vient ir­ré­sis­tible. De quoi don­ner le sou­rire à l’une des perles de l’équipe, Mi­cha Ste­va­no­vic. «Je crois que ce­lui qui vient nous voir jouer main­te­nant doit re­mar­quer la confiance qui se dé­gage de l’équipe, sou­ligne-t-il. Nous avions seule­ment be­soin d’un peu de temps. Un nou­vel en­traî­neur, des nou­veaux joueurs: il faut ap­prendre à se connaître. Mais il faut gar­der la tête froide. C’est très bien d’être seul en tête et de mar­quer plein de buts. C’est sym­pa de fê­ter ça le soir de la vic­toire. Mais le len­de­main, c’est ou­blié. Le dan­ger, ce se­rait jus­te­ment de se croire dé­jà ar­ri­vé quelque part ou de pen­ser à la pro­mo­tion. Il faut conti­nuer à tra­vailler.»

Ser­vette fait preuve de sa­gesse, il pas­se­ra une belle trêve in­ter­na­tio­nale, en lea­der. «Et après, il y au­ra en­core quatre matches, dont trois à do­mi­cile, que nous de­vons ga­gner», sou­rit en­core Ste­va­no­vic. En plus, il a de la suite dans les idées.

Les Gre­nat ont dé­mon­tré ce ven­dre­di à Schaff­house qu’ils étaient bien la meilleure équipe de Chal­lenge League du mo­ment.ÉRIC LA­FARGUE

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