Les rixes aug­mentent du­rant le week-end

Plein air Ces chiffres, en hausse spec­ta­cu­laire, in­ter­rogent sur le nou­veau lien fes­tif que les dé­con­fi­nés tissent entre eux, par mil­liers.

Tribune de Geneve - - La Une - Thierry Mer­te­nat

Entre li­ber­té re­trou­vée, re­tour de la cha­leur et consom­ma­tion d’al­cool, l’es­pace pu­blic d’abord vé­cu comme lieu de fête peut par­fois se trans­for­mer en ring. Pour preuve, la po­lice ge­ne­voise a dû in­ter­ve­nir sur plus de 70 ba­garres lors du week-end écou­lé. Bi­lan.

Le week-end fut riche en ma­tière d’in­ter­ven­tions po­li­cières. «Juin est ré­gu­liè­re­ment un mois très in­tense en termes de ré­qui­si­tions pour la po­lice», rap­pelle son porte-pa­role Sil­vain Guillaume-Gen­til, avant de lis­ter les fac­teurs fa­vo­rables à ce re­gain d’ac­ti­vi­té: «Il fait en prin­cipe beau et chaud, c’est la fin de l’an­née sco­laire mais pas en­core les va­cances d’été: énor­mé­ment de per­sonnes sortent et oc­cupent l’es­pace pu­blic pour faire la fête.»

Du cô­té de l’état-ma­jor, on an­ti­cipe en mo­bi­li­sant, au seuil du week-end, du per­son­nel en plus, soit «une force opé­ra­tion­nelle dé­diée, en ren­fort no­tam­ment des uni­tés po­lice se­cours, et en­tiè­re­ment dé­ployée sur le ter­rain, comme ce fut dé­jà le cas en 2019.» Sauf que nous sommes en 2020 et que plus rien n’est tout à fait comme avant, même si les thèmes ma­jo­ri­taires res­tent peu ou prou les mêmes: plaintes pour bruit, conflits de toutes sortes, dé­buts de ba­garres pour les­quels l’état très al­coo­li­sé des pro­ta­go­nistes com­plique le tra­vail des forces de l’ordre.

Mais l’in­ten­si­té des évé­ne­ments à trai­ter en une seule nuit, le nombre de per­sonnes im­pli­quées et leur hos­ti­li­té dé­cla­rée changent com­plè­te­ment la donne. Le dé­con­fi­ne­ment joue le rôle d’un puis­sant ac­cé­lé­ra­teur. Les vieux rou­tiers du main­tien de l’ordre ont vu des si­tua­tions dé­gé­né­rer dans des pro­por­tions in­ha­bi­tuelles, des com­por­te­ments d’ir­res­pect en­vers les autres comme en­vers le pa­tri­moine, se nour­ris­sant d’une agres­si­vi­té col­lec­tive à faire peur.

«Notre cen­trale a en­re­gis­tré 733 ap­pels du 26 juin à 19 h au 27 juin à 6 h. Les opé­ra­teurs ont comp­ta­bi­li­sé 230 ré­qui­si­tions. Les­quelles sont mon­tées à 248 du­rant la nuit sui­vante. Si on ad­di­tionne les in­ter­ven­tions du week-end pour conflits sur l’es­pace pu­blic, on ar­rive à 71 cas. Des ba­garres im­pli­quant des groupes de jeunes et jeunes adultes.» Des chiffres en hausse spec­ta­cu­laire, qui disent bien le vo­lume de tra­vail né­ces­saire pour conte­nir ce qui dé­borde de par­tout, à l’image tri­viale mais ins­truc­tive des pou­belles qui vo­missent leur trop-plein de dé­chets ac­cu­mu­lés.

Ces chiffres ne rendent pas très op­ti­miste sur le nou­veau lien fes­tif pro­po­sé par les hordes de dé­con­fi­nés. La nuit ve­nue, au seuil du week-end, notre ville part en vrille: ce n’est plus l’im­pres­sion d’une nuit, c’est un fait qui se ré­pète avec une cons­tance pré­oc­cu­pante.

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