ONG LA LOI QUI FÂCHE

Gavroche Thaïlande - - Cambodge - Un texte vague

ar­ticle 42 de la Cons­ti­tu­tion oblige le gou­ver­ne­ment à dé­ter­mi­ner par la loi le droit de créer une as­so­cia­tion. Après cinq ans de chan­ge­ments, la « LAN­GO » (Law on As­so­cia­tions and Non-Go­vern­men­tal Or­ga­ni­za­tions – Loi sur les as­so­cia­tions et les ONG) a été adop­tée par les 68 dé­pu­tés du Par­ti du peuple cam­bod­gien (PPC), mal­gré le boy­cott des 55 dé­pu­tés d’op­po­si­tion, les ma­ni­fes­ta­tions ci­toyennes et les de­mandes de ré­vi­sions des prin­ci­pales or­ga­ni­sa­tions de dé­fense des droits de l’Homme. D’après le Co­mi­té de Co­opé­ra­tion du Cam­bodge (CCC), une ONG cam­bod­gienne dont la mis­sion est de ren­for­cer

L’le pro­fes­sion­na­lisme des or­ga­ni­sa­tions dans le pays, il existe en­vi­ron 3500 ONG en­re­gis­trées dans le royaume. Un peu moins de la moi­tié d’entre elles sont ac­tives, la plu­part en par­tie fi­nan­cées par l’Union eu­ro­péenne, les États-Unis, la Suède ou en­core le Ja­pon. Le texte adop­té peut ser­vir d’ou­til pour lut­ter contre les as­so­cia­tions illé­gales, comme cer­tains or­phe­li­nats par exemple, mais, se­lon ses dé­trac­teurs, il pour­rait éga­le­ment à terme com­pli­quer l’im­pli­ca­tion des ci­toyens dans la vie pu­blique. Les ar­ticles 30, 34 et 35 de la loi au­to­risent par exemple le gou­ver­ne­ment à sus­pendre les ac­ti­vi­tés des ONG lo­cales et in­ter­na­tio­nales qui manquent à la « neu­tra­li­té po­li­tique » ou portent at­teinte à « la paix, la sta­bi­li­té et l’ordre pu­blic ou la sé­cu­ri­té na­tio­nale, l’union na­tio­nale, la culture et les tra­di­tions de la so­cié­té cam­bod­gienne ». Ces ex­pres­sions sont consi­dé­rées vagues et leur in­ter­pré­ta­tion au sein d’une cour de jus­tice cam­bod­gienne in­quiète. Pour So­pheap Chak, la di­rec­trice du centre cam­bod­gien de dé­fense des droits de l’Homme (Cam­bo­dian Cen­ter for Human Rights - CCHR), l’une des or­ga­ni­sa­tions ma­jeures au Cam­bodge, mi­li­ter pour la dé­fense des droits de l’Homme est né­ces­sai­re­ment po­li­tique car ce­la im­plique un chan­ge­ment dans la so­cié­té. Elle avance ain­si que « la LAN­GO per­met trop fa­ci­le­ment d’ac­cu­ser les ONG qui cri­tiquent le pou­voir de por­ter at­teinte à la sé­cu­ri­té pu­blique, à l’ordre na­tio­nal, etc., ce qui à terme por­te­ra gra­ve­ment at­teinte à la li­ber­té d’ex­pres­sion ». Da­vid Moore, le di­rec­teur du centre sur les or­ga­ni­sa­tions à but non lu­cra­tif (Cen­ter for Non Pro­fit Law – CNPL) ba­sé à Washington, est éga­le­ment de cet avis : « L’uti­li­sa­tion d’un lan­gage vague et trop éten­du dans une loi re­la­tive aux as­so­cia­tions pose un grand pro­blème, car il in­vite le gou­ver­ne­ment à ef­fec­tuer des dé­ci­sions de ma­nière ar­bi­traire et sub­jec­tive. Le re­fus d’en­re­gis­trer des or­ga­ni­sa­tions est à ce titre par­ti­cu­lière-

Le Cam­bodge est le pays qui compte le plus grand nombre d’ONG par in­di­vi­du au monde après le Rwan­da. Le 13 juillet 2015, l’As­sem­blée na­tio­nale a adop­té une loi qui ré­gule les ac­ti­vi­tés de ces der­nières. Le texte fait dé­bat et reste vi­ve­ment cri­ti­qué par les ac­teurs de la so­cié­té ci­vile.

ment in­quié­tant. Comme on a dé­jà pu le voir dans d’autres pays, un lan­gage si vague peut don­ner lieu à un re­fus d’en­re­gis­tre­ment de groupes engagés dans des ac­ti­vi­tés de plai­doyer sur une my­riade de ques­tions, no­tam­ment celles de la pro­tec­tion des droits de l’Homme, de l’en­vi­ron­ne­ment, des droits fon­ciers, de la dé­fense des mi­no­ri­tés sexuelles, etc. », dé­clare-t-il. À ce titre, les bailleurs de fonds les plus im­por­tants pour la so­cié­té ci­vile au Cam­bodge, l’Union eu­ro­péenne, les ÉtatsU­nis et les Na­tions Unies, ont de­man­dé le re­trait de la loi dé­but juillet. Dans une ré­so­lu­tion adop­tée le 9 juillet der­nier, le Par­le­ment eu­ro­péen a dé­cla­ré que « le pays pour­ra perdre entre 600 et 700 mil­lions de dol­lars par an en pro­jets de dé­ve­lop­pe­ment une fois la loi adop­tée. LAN­GO place des res­tric­tions sur les bud­gets, me­na­çant la ca­pa­ci­té des ONG in­ter­na­tio­nales de réa­li­ser des pro­jets ren­tables ». Tou­te­fois, l’in­quié­tude peut être re­la­ti­vi­sée. Raoul Marc Jen­nar, conseiller di­plo­ma­tique du fo­rum in­ter­na­tio­nal des ONG au Cam­bodge de 1989 à 1992, confie ain­si à Ga­vroche que « les ONG sé­rieuses, qui tra­vaillent en toute trans­pa­rence à l'égard de leurs bailleurs de fonds (l'UE, les agences des Na­tions Unies, la co­opé­ra­tion bi­la­té­rale...) qui se consacrent à des tâches hu­ma­ni­taires ou de dé­ve­lop­pe­ment n'ont rien à craindre de cette loi qui ne gêne que les as­so­cia­tions et ONG dont le fi­nan­ce­ment est opaque, dont les ac­ti­vi­tés sont sans rap­port avec leur rai­son so­ciale ou qui se livrent à des ac­ti­vi­tés clai­re­ment po­li­tiques ». Il est en ef­fet de l’ordre de la spéculation de dire que le gou­ver­ne­ment cam­bod­gien pense sa so­cié­té ci­vile « trop libre », même si les mou­ve­ments de contes­ta­tion ont fleu­ri ces der­nières an­nées, sou­vent ai­dés du sou­tien de la com­mu­nau­té in­ter­na­tio­nale. Marie Mel­lac, chercheuse en géo­gra­phie rat­ta­chée au CNRS (Centre na­tio­nal de la re­cherche scien­ti­fique), qua­li­fie la ca­pa­ci­té de ré­sis­tance au Cam­bodge d’« im­pres­sion­nante » et ex­plique à Ga­vroche qu’« au Cam­bodge, la so­cié­té ci­vile est consti­tuée d’or­ga­ni­sa­tions lo­cales dont le plus grand nombre est lié à des or­ga­ni­sa­tions étran­gères. Il existe aus­si une ré­cu­pé­ra­tion po­li­tique très forte de leurs ac­tions, qui pose la ques­tion du fonc­tion­ne­ment de ces mou­ve­ments, mais éga­le­ment des rai­sons pour les­quelles ils se battent ». Outre cette né­ces­si­té de mieux dé­fi­nir le rôle et les mis­sions des ONG et des as­so­cia­tions dans le pays, le Mi­nistre de l’In­té­rieur, Sar Kheng, a dé­cla­ré après l’adop­tion de la loi qu’elle ser­vi­rait éga­le­ment à lut­ter contre la cor­rup­tion des ONG : « Le Co­mi­té de Co­opé­ra­tion pour le Cam­bodge a dé­cla­ré que les ONG avaient re­çu 700 mil­lions de dol­lars en 2012, mais le mi­nis­tère des Af­faires étran­gères n’en a en­re­gis­tré que 280 mil­lions. Où va l’ar­gent ? Nous avons be­soin de cette loi pour pré­ve­nir le blan­chi­ment d’ar­gent et le ter­ro­risme ». Afin de lut­ter contre l’adop­tion de la loi, le CCC a lan­cé la campagne « Stop & Consult » pour ob­te­nir une ré­vi­sion de la loi qui tienne en compte de leurs griefs et de­man­der une meilleure consul­ta­tion de la so­cié­té ci­vile. Leur vic­toire n’a été que re­la­tive car le vote a été re­pous­sé d’en­vi­ron un mois avant d’être adop­té. Le gou­ver­ne­ment a bien or­ga­ni­sé des ate­liers de dis­cus­sions au­tour du projet, mais la plu­part des ac­teurs de la so­cié­té ci­vile ont été dé­çus. « Les or­ga­ni­sa­teurs ont trié les par­ti­ci­pants sur le vo­let et ont sé­lec­tion­né les in­ter­ve­nants et les ques­tions avec soin », té­moigne So­pheap Chak sans grand es­poir. En ef­fet, même si des chan­ge­ments dus à l’in­ter­ven­tion de cer­tains membres de la so­cié­té ci­vile ont per­mis de chan­ger le texte à cinq re­prises, le dia­logue entre la so­cié­té ci­vile et le gou­ver­ne­ment est rare. Billy Cha Tung Lai est consul­tant sur la ques­tion des droits de l’Homme dans le pays et ex­plique que « le gou­ver­ne­ment n’en­gage ja­mais réel­le­ment de dia­logue avec les ONG ou les as­so­cia­tions de com­mu­nau­tés. Il laisse les bailleurs in­ter­na­tio­naux le faire. Mais les au­to­ri­tés cam­bod­giennes sont conscientes du danger que ces com­mu­nau­tés consti­tuent pour leur pou­voir, en rai­son de leur mul­ti­pli­ca­tion ces dix der­nières an­nées et de leur ca­pa­ci­té à ré­sis­ter ». En ef­fet au Cam­bodge, mal­gré les avan­cées dé­mo­cra­tiques ob­ser­vées de­puis 1998, les contre-pou­voirs ne sont pas en­core aus­si forts que le pou­voir. Les formes de ré­sis­tance sur les ques­tions so­ciales, en­vi­ron­ne­men­tales ou en­core fon­cière sont donc sou­vent in­for­melles et proches d’ar­gu­ments po­li­tiques. Leur ef­fi­ca­ci­té n’a pas en­core été plei­ne­ment prou­vée en rai­son du manque de com­pé­tence et d’in­dé­pen­dance de l’ap­pa­reil ju­di­ciaire. Le CCHR a sou­vent ai­dé ces mou­ve­ments à s’or­ga­ni­ser et sa di­rec­trice conclut que « cette loi au­ra un im­pact di­rect ou in­di­rect sur les ac­ti­vi­tés de toutes les or­ga­ni­sa­tions de la so­cié­té ci­vile, car elle confère un pou­voir large et in­tru­sif au gou­ver­ne­ment. [Elle] pour­rait de­ve­nir sy­no­nyme de res­tric­tions en termes de li­ber­té d’as­so­cia­tion, d’ex­pres­sion et d’as­sem­blée, et par là même li­mi­ter le droit à la par­ti­ci­pa­tion à la vie pu­blique du pays en ex­pri­mant son mé­con­ten­te­ment ». La loi doit en­core être va­li­dée par le Sé­nat puis par le roi Si­ha­mo­ni avant d’être ap­pli­quée. Mai­na Kiai, ex­pert des Na­tions Unies sur la ques­tion des droits de l’homme, a ré­cem­ment ap­pe­lé le Sé­nat à la re­je­ter et a dé­cla­ré : « Si cette loi est dé­fi­ni­ti­ve­ment adop­tée, n’im­porte quel groupe de dé­fense des droits de l’Homme ou des droits fon­da­men­taux et des pra­tiques de bonne gou­ver­nance peut être fer­mé ou cri­mi­na­li­sé […] À terme, ce­la au­ra des consé­quences dé­sas­treuses sur les ci­toyens cam­bod­giens et leur par­ti­ci­pa­tion à la vie dé­mo­cra­tique pour contri­buer au dé­ve­lop­pe­ment de leur pays »

ans ces vastes plaines fer­tiles et ver­doyantes, où se cô­toient les choux, les ruches et les cultures de feuilles de ci­gare ( tha­na­pè), on dé­couvre aus­si des champs cou­verts de pe­tits mon­ti­cules qui fument. On creuse ces der­niers pour y pla­cer du fu­mier et des braises brû­lantes. L’en­semble consti­tue un en­grais et il ne reste plus qu’à plan­ter des pommes de terre dans les mon­ti­cules. Les mon­ta­gnards Pa-Oh maî­trisent par­fai­te­ment cette tech­nique de culture. Les tu­ber­cules ain­si ré­col­tés consti­tuent une va­rié­té re­com­man­dée pour les frites qu’on peut tes­ter dans les res­tau­rants de l’aé­ro­port de He­ho. Quand on prend la vieille route qui, de­puis Ka­law, passe par Aung Ban, on peut voir, en ar­ri­vant à Pin­daya (Pang­ta­ra en lan­gage shan), sur la droite, un énorme pan­neau re­pré­sen­tant une grosse arai­gnée noire au centre de sa toile. Les en­to­mo­lo­gistes in­vé­té­rés sont ra­vis du spec­tacle et les ama­teurs de frites le sont moins. Les trois grottes qui font la cé­lé­bri­té du site sont vi­sibles sur la fa­laise avec leurs as­cen­seurs flam­bant neufs. Il faut contour­ner le lac ar­ti­fi­ciel ou tra­ver­ser la ville en lon­geant la digue sur la rive ouest afin de re­ve­nir au pied de la fa­laise. L’es­ca­lier et les as­cen­seurs qui des­servent les grottes s’ouvrent sur le flanc est do­mi­nant le lac. Un ca­ba­non au bord de la route rap­pelle qu’il en coûte 2 dol­lars pour pé­né­trer dans cette zone au­to-ad­mi­nis­trée par l’eth­nie Da­nouv (1), et trois dol­lars de plus pour vi­si­ter Shwé Ou-Min, la plus grande des trois grottes.

D

La grotte de Pin­daya ap­pa­raît dans l’his­toire au XVIIIe siècle. Elle doit la plus grande part de sa cé­lé­bri­té à sa lé­gende de l’arai­gnée-ogresse consom­mant des vierges. Le ter­ri­toire bir­man est ain­si par­se­mé de lé­gendes (qui n’en sont peut-être pas) dont les Bir­mans raf­folent. Le meilleur exemple est à Pa­gan, où un su­per-aigle, nom­mé Thi­lain­gna, se ré­ga­lait de vierges aus­si sou­mises qu’ap­pé­tis­santes. Dans les lé­gendes, la fonc­tion pre­mière de ces pauvres vierges était de ser­vir de re­pas pour sa­tis­faire l’ap­pé­tit fé­roce des ogres-can­ni­bales. Le dé­ve­lop­pe­ment du tou­risme et l’ar­ri­vée mas­sive des vi­si­teurs per­met dé­sor­mais au gou­ver­ne­ment de ré­col­ter suf­fi­sam­ment de fonds pour four­nir du tra­vail à ses af­fi­dés et aux sans-em­plois bien­pen­sants des na­tio­na­li­tés sous contrôle, sans avoir à payer ni les uns ni les autres. Il s’at­tire ain­si la co­opé­ra­tion des au­to-ad­mi­nis­trés et la re­con­nais­sance des membres de leurs fa­milles, qu’il s’agisse de fa­milles de mi­li­taires ou de fonc­tion­naires dé­jà em­ployés par le gou­ver­ne­ment. Ce qui peut tou­jours ser­vir en pé­riode élec­to­rale. L’éty­mo­lo­gie du to­po­nyme « Pin­daya » dé­rive de la pro­non­cia­tion du Shan « Pang­ta­ra ». Pour les uns il s’agi­rait d’un mot qui si­gni­fie­rait « la vaste plaine ». La ville est en ef­fet si­tuée au sud-ouest de l’Etat Shan, et do­mine les plaines de la Bir­ma­nie cen­trale, dont elle n’est sé­pa­rée que par l’es­car­pe­ment du pla­teau Shan et la val­lée de la ri­vière Zaw­gyi qui re­joint la plaine de Kyauk­sé. Cette plaine d’al­ti­tude se­rait aus­si ap­pe­lée « Myay Latt » (la terre moyenne). Pour les autres, Pin­daya se­rait un dé­ri­vé du bir­man « Pin kou ya » (« il y a une arai­gnée » / « tuer l’arai­gnée »). Nous aban­don­ne­rons ces in­ter­pré­ta­tions aux lin­guistes pour nous pen­cher sur la lé­gende qui ouvre la voie à des images plus poé­tiques. Le nom de la ville est lié à une lé­gende sou­vent re­pré­sen­tée dans les théâtres po­pu­laires iti­né­rants ( pwé) qui sillonnent le pays en fonc­tion des fes­ti­vals de pa­godes. Le prince de Pin­daya se ren­dit un jour en vi­site à la Cour de Pa­gan. En che­min, il ren­con­tra un ogre – nom­breux en ce temps-là – et le tua d’une flèche. Mais l’ogre avait la peau dure et, comme il avait des re­la­tions gé­niales au pays des gé­nies, il trou­va le moyen de se ré­in­car­ner en une vi­laine arai­gnée (beurk !) pen­dant l’ab­sence du prince. Pour se ven­ger, il dé­ci­da de kid­nap­per les sept filles de ce der­nier au mo­ment où elles sor­taient du bain. Le mo­ment était bien choi­si car les jeunes filles avaient l’ha­bi­tude de se pré­las­ser quo­ti­dien­ne­ment dans les eaux ra­fraî­chis­santes du lac. Après la bai­gnade, elles ve­naient se re­po­ser dans la grotte de la fa­laise afin d’ad­mi­rer les cou­chers de soleil sur les pay­sages du pla­teau Shan. Sans ver­gogne, l’ogre-arai­gnée s’em­pa­ra donc des da­moi­selles et les em­pri­son­na dans la grotte. En guise de sû­re­té, il ten­dit sa toile pour en fer­mer l’ou­ver­ture... Pré­ve­nu par des per­ro­quets ba­vards (les mes­sa­gers de l’époque, re­pré­sen­tés dans toutes les pein­tures mu­rales), le prince fut obli­gé de quit­ter les dames de la Cour de Pa­gan et re­vint en toute hâte à Pin­daya. Faute d’in­sec­ti­cide, il sau­va les prin­cesses en tuant d’une flèche la sale bête qui lui ser­vait de cible au mi­lieu de sa toile. Les Bir­mans, poètes in­vé­té­rés, amou­reux des rimes, ajoutent que, pen­dant le com­bat, le prince fut bles­sé. Il par­tit se re­po­ser à la campagne, mais le sang qui jaillis­sait de›››

es›››\cer­tai­ne­ment la mieux amé­na­gée du pays. Les moines ont réus­si à s’ins­tal­ler au pied de Shwé Ou Min. Ils y tiennent un autre pe­tit bu­reau sol­li­ci­tant des dons pour payer l’élec­tri­ci­té, of­frir des robes aux Boud­dhas et vendre des ob­jets-sou­ve­nirs. Au-des­sus, on peut ad­mi­rer quelques cen­taines de pla­quettes vo­tives (ter­ra­cot­tas) col­lées sur la pa­roi. On en dé­nom­brait au­tre­fois huit mille, mais la plu­part ont été dé­truites dans le grand in­cen­die qui a em­bra­sé le porche de la grotte en 1916. Là où, au­tre­fois, le pè­le­rin de­vait pro­gres­ser entre les au­tels et les niches, sur des sen­tiers hu­mides, pen­tus, boueux, glis­sants et mal éclai­rés (quand ils l’étaient), il peut dé­sor­mais avan­cer sans craindre de se bri­ser un (ou plu­sieurs) os. L’amé­na­ge­ment est si bien fait qu’il faut se rendre à l’évi­dence : un très bon pay­sa­giste des ca­vernes est pas­sé par là. Cette spé­cia­li­té n’est pas en­sei­gnée à l’uni­ver­si­té bir­mane. La grotte for­mée na­tu­rel­le­ment dans des cal­caires (vieux de cen­taines de mil­lions d’an­nées) se­rait amé­na­gée de­puis plus de 400 ans, mais le stou­pa ori­gi­nel au­rait été construit au XIIe siècle par le roi Alaung­si­thu. Il ren­fer­me­rait un che­veu du Boud­dha. Le boud­dhisme se se­rait ré­pan­du sur la ré­gion à par­tir de la grotte. A gauche de l’en­trée, dans la par­tie la plus éle­vée, se trouve une pe­tite grotte de mé­di­ta­tion. On y ac­cède à quatre pattes pour se glis­ser à l’in­té­rieur. Il s’y pas­sait au­tre­fois de bien étranges et mys­té­rieux évé­ne­ments. Cette ca­vi­té est, pa­raît-il, la ré­si­dence d’un « weik­za » (per­son­nage do­té de pou­voirs sur­na­tu­rels) qui s’est ren­du in­vi­sible afin de pou­voir at­tendre la ve­nue du fu­tur Boud­dha Mai­treya. Beau­coup de croyants ont vu ce weik­za et le dé­crivent comme un nain très ›››

Boud­dha as­sis en­tou­ré d’une di­zaine de zé­dis. Toutes les hau­teurs de la ré­gion sont des mar­queurs sa­crés pour les ha­bi­tants. Comme pour le gou­ver­ne­ment.

Newspapers in French

Newspapers from Thailand

© PressReader. All rights reserved.