Co­lo­pa­thie fonc­tion­nelle : un in­tes­tin à soi­gner

Le syn­drome de co­lo­pa­thie fonc­tion­nelle (ap­pe­lé aus­si syn­drome du cô­lon ir­ri­table) est un trouble fré­quent de l’in­tes­tin qui bien que ra­re­ment grave, reste sou­vent in­con­for­table, dou­lou­reux et par­fois par­ti­cu­liè­re­ment han­di­ca­pant.

Gavroche Thaïlande - - Le Village I Actu -

Dr GÉ­RARD LA­LANDE

Di­rec­teur Gé­né­ral, CEO-HEALTH : or­ga­nise la prise en charge de vos

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Pro­vo­quant des dou­leurs ab­do­mi­nales et des selles anor­males qui en­travent in­évi­ta­ble­ment la qua­li­té de vie sur le long terme, cette ma­la­die tend ce­pen­dant à di­mi­nuer avec le temps, ne condui­sant ni à des pa­tho­lo­gies di­ges­tives graves, ni à ré­duire l’es­pé­rance de vie du pa­tient.

La co­lo­pa­thie fonc­tion­nelle peut sur­ve­nir à tout âge, mais ap­pa­raît prin­ci­pa­le­ment chez les adultes de moins de 45 ans et at­teint gé­né­ra­le­ment les femmes plus que les hommes. Dans les pays oc­ci­den­taux, près d’un cin­quième de la po­pu­la­tion en se­rait af­fec­té. La cause reste in­dé­ter­mi­née et il sem­ble­rait que l’ac­ti­vi­té ex­ces­sive ou in­suf­fi­sante des muscles et/ou des nerfs si­tués dans la pa­roi in­terne du cô­lon soit im­pli­quée dans l’ap­pa­ri­tion des troubles.

La sévérité et la fré­quence des ma­ni­fes­ta­tions va­rient gran­de­ment d’un su­jet à l’autre. Les prin­ci­paux symp­tômes in­cluent des dou­leurs ab­do­mi­nales en­traî­nant par­fois des sen­sa­tions de ma­laise, des spasmes avec bal­lon­ne­ments as­so­ciés à une pro­duc­tion ex­ces­sive de gaz qui, par dé­fi­ni­tion, sur­viennent au moins trois jours par mois sur une pé­riode se pro­lon­geant au de­là de trois mois. Les épi­sodes ré­cur­rents de diar­rhée et/ou de consti­pa­tion sont le fait des mou­ve­ments in­tes­ti­naux anor­maux qui sont gé­né­ra­le­ment sou­la­gés après la dé­fé­ca­tion. Les ma­laises peuvent être dé­clen­chés par cer­tains ali- ments ou bois­sons (en par­ti­cu­lier les épices, l’al­cool, les so­das ou le cho­co­lat), par une in­to­lé­rance ali­men­taire sous ja­cente (lac­tose, glu­ten), par une in­fec­tion bac­té­rienne de l’in­tes­tin, ou par des fluc­tua­tions hor­mo­nales (chez les femmes, le ma­laise est plus fré­quent au mo­ment des mens­trua­tions), et en­fin par le stress.

Il n’existe pas de test spé­ci­fique pour confir­mer la co­lo­pa­thie fonc­tion­nelle. La ma­la­die est ha­bi­tuel­le­ment diag­nos­ti­quée par l’ob­ser­vance des symp­tômes ty­piques évo­luant de fa­çon chro­nique, et sur­tout après avoir éli­mi­né, par la conduite d’in­ves­ti­ga­tions mul­tiples, d’autres ma­la­dies plus graves du cô­lon telles que les ma­la­dies in­flam­ma­toires (ma­la­die de Crohn, co­lite ul­cé­reuse) ou le can­cer du cô­lon.

Les per­sonnes at­teintes de dou­leurs per­sis­tantes de l’ab­do­men lais­sant sug­gé­rer une co­lo­pa­thie doivent consul­ter un gastro-en­té­ro­logue afin de bé­né­fi­cier d’une éva­lua­tion com­plète et re­ce­voir un trai­te­ment adé­quat. Non trai­tée, la co­lo­pa­thie fonc­tion­nelle peut af­fec­ter de fa­çon im­por­tante la qua­li­té de vie du pa­tient et in­duire au long cours des troubles men­taux comme une dé­pres­sion. Mal­gré l’évo­lu­tion chro­nique ha­bi­tuelle, la gra­vi­té et la du­rée des ré­ci­dives di­mi­nuent sou­vent avec le temps. D’au­rant qu’avec une bonne prise en charge, l’état gé­né­ral peut être amé­lio­ré de ma­nière si­gni­fi­ca­tive. Bien qu’au­cun trai­te­ment cu­ra­tif ne soit dis- po­nible pour la ma­jo­ri­té des ma­lades, cer­taines ap­proches thé­ra­peu­tiques ap­pa­raissent ef­fi­caces pour sou­la­ger les pous­sées dou­lou­reuses, no­tam­ment par l’adop­tion d’un ré­gime ali­men­taire ap­pro­prié qui éli­mine tous les ali­ments ou bois­sons dé­clen­cheurs po­ten­tiels (al­cools, so­das, bois­sons ca­féi­nées et nu­tri­ments in­to­lé­rants) et qui in­clut une prise quo­ti­dienne d’au moins deux litres d’eau ; par la pra­tique ré­gu­lière d’exer­cices phy­siques et par le contrôle du stress. Pour ré­duire l’in­ten­si­té des ma­ni­fes­ta­tions, di­vers mé­di­ca­ments sont uti­li­sés, comme le lo­pe­ra­mide pour les épi­sodes diar­rhéiques, des laxa­tifs mi­neurs pour la consti­pa­tion, des an­ti­bio­tiques pour trai­ter une éven­tuelle in­fec­tion du cô­lon, ou en­core des an­ti­spas­mo­diques pour les spasmes ab­do­mi­naux. Des mé­di­ca­ments psy­cho­tropes (an­xio­ly­tiques ou an­ti­dé­pres­seurs) peuvent être pres­crits afin de mo­du­ler et amé­lio­rer les mou­ve­ments de l’in­tes­tin.

Pour cer­tains pa­tients, les thé­ra­pies al­ter­na­tives peuvent être en­vi­sa­gées et in­cluent les pro­bio­tiques (sup­plé­ments nu­tri­tion­nels conte­nant des bac­té­ries utiles pour le cô­lon), di­vers tech­niques de mé­di­ta­tion et éven­tuel­le­ment un sou­tien psy­cho­lo­gique par un thé­ra­peute ex­pé­ri­men­té.

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