“CRÉER QUA­RANTE MILLE EM­PLOIS IM­MÉ­DIA­TE­MENT EST FORT RÉA­LI­SABLE”

Ti­mo­nier à la barre, Ham­ma­di Bousbia di­rige le groupe Sfbt qui réunit au­jourd’hui 20 en­tre­prises et près de 6.000 per­sonnes. L’homme qui a su trans­for­mer une en­tre­prise his­to­rique en un hol­ding pros­père, ré­pond à nos ques­tions.

La Presse Business (Tunisia) - - PORTRAIT - Par Cho­kri BEN NESSIR et Rid­ha MAAMRI - Photos Hi­chem GOUIÂ

En 2013, vous avez adres­sé une le re ou­verte au gou­ver­ne­ment. Quelles étaient les idées-force de ce e mis­sive ? H.B. :

J’ai pro­po­sé des me­sures à même de ren­flouer les caisses de l’Etat sans beau­coup d’ef­forts. Car quand on parle de dé­mo­cra­tie, ce n’est pas uni­que­ment le cô­té rose. La dé­mo­cra­tie exige aus­si cer­tains sa­cri­fices. La lettre ou­verte adres­sée au gou­ver­ne­ment en 2013, com­por­tait des ré­flexions dans ce sens. D’abord le pro­blème des res­sources et en­suite ce­lui des li­qui­di­tés. Le constat est que les re­cettes de l’Etat sont en baisse, alors que les dé­penses al­laient cres­cen­do. La so­lu­tion fa­cile était de re­cou­rir à l’em­prunt. Les idées prin­ci­pales dans ma ré­flexion por­taient sur une nou­velle res­source en rap­port avec le cours d’achat et de vente des de­vises. Je m’ex­plique : la pé­réqua­tion de change com­porte tou­jours une marge, très in­fime, au pro­fit de la banque. L’idée est de por­ter cette marge à 1% au pro­fit de l’Etat sur toutes les opé­ra­tion d’im­por­ta­tion et d’ex­por­ta­tion en de­vises. Une telle opé­ra­tion pour­rait gé­né­rer à l’Etat des res­sources de l’ordre de un mil­liard deux cent mil­lions de di­nars sans que l’in­ci­dence sur les opé­ra­teurs ne soit res­sen­tie. Dans le même sillage pour évi­ter une grande pres­sion sur nos ré­serves en de­vises, j’ai sou­li­gné que l’im­por­ta­tion des biens exis­tant dé­jà sur le marché lo­cal, est quelque chose dont on peut fa­ci­le­ment s’en pas­ser. Mais comme nous sommes liés par des conven­tions in­ter­na­tio­nales, nous ne pou­vons lé­ga­le­ment in­ter­dire l’im­por­ta­tion ou la li­mi­ter pour cer­tains pro­duits. Mais, il y a un moyen in­tel­li­gent pour maî­tri­ser l’im­por­ta­tion de ces biens de luxe. A sa­voir ce­lui qui veut im­por­ter est libre de le faire, à condi­tion qu’il dis­pose de l’ar­gent né­ces­saire. Il est in­con­ce­vable de re­cou­rir à l’em­prunt pour im­por­ter. Une autre condi­tion à l’im­por­ta­tion pour­rait gé­né­rer des ré­serves à l’Etat. C’est-à-dire, la per­sonne qui veut im­por­ter pour cinq mille di­nars, par exemple, doit dé­po­ser cinq autres mille di­nars en dé­pôt à la tré­so­re­rie. Avec un tel sys­tème, on abou­ti­ra à une baisse de l’im­por­ta­tion, une meilleure maî­trise des ré­serves en de­vises et la cons­ti­tu­tion d’un fonds consé­quent de li­qui­di­tés sans in­té­rêts. Je pense que c’est un moyen beau­coup plus sub­til et bé­né­fique que ce­lui qui a été ins­tau­ré et qui est en quelque sorte

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