“LA VO­LON­TÉ PO­LI­TIQUE FAIT DÉ­FAUT”

Au cours de l’an­née 2013, on a comp­té une dou­zaine d’in­tro­duc­tions à la Bourse de Tu­nis. Un re­cord, oui, mais, pas as­sez. La place fi­nan­cière de Tu­nis tarde à dé­col­ler, au mo­ment où d’autres places, no­tam­ment celle du Caire ou de Ca­sa­blan­ca, ne cessent de

La Presse Business (Tunisia) - - INTERVIEW - Par Rid­ha MAAMRI

Est-ce que la place fi­nan­cière re­flète une image fi­dèle du tis­su éco­no­mique tu­ni­sien, no­tam­ment en ma­tière de taille, de l’éten­due des sec­teurs d’ac­ti­vi­té… ? F.H.: Avant de ré­pondre, il fau­drait peut-être re­ve­nir sur l’his­to­ri­que­de­laBour­se­deTu­ni­set­du­mar­chédes ca­pi­taux. C’est une vieille Bourse, plus an­cienne que d’au­tres­pla­ce­sa­rabes,et­des­ré­for­me­syon­té­téen­ga­gées avant même le lan­ce­ment de cer­taines places arabes. La loi fon­da­men­tale de 1994 qui or­ga­nise le fonc­tion­ne­ment de la Bourse a ins­ti­tué tout ce qu’il fal­lait pour l’éta­blis­se­ment d’un marché dé­ve­lop­pé. Nous avons un ré­gu­la­teur, à sa­voir le Conseil du Marché Fi­nan­cier, une Bourse pri­vée dé­te­nue ex­clu­si­ve­ment par des opé­ra­teurs pri­vés, un sys­tème élec­tro­nique de né­go­cia­tion, une cen­trale de dé­noue­ment et de clea­ring, no­tam­ment Tu­ni­sie Clea­ring, des fonds de ga­ran­tie­de­mar­ché,de­sin­ter­mé­diai­re­senBour­se­qui se sont sub­stan­tiel­le­ment amé­lio­rés et mis à ni­veau. La grande ques­tion est alors : est-ce que l’in­fra­struc­ture est en place ? J’y ré­pon­drai oui, sans hé­si­ta­tion. L’in­fra­struc­tu­re­tech­nique,lé­gale,ré­gle­men­tai­re­ré­pond, à mon avis, aux meilleurs stan­dards in­ter­na­tio­naux.

Mal­gré ce e as­sise tech­no­lo­gique, ces compétences confir­mées et ce mon­tage ins­ti­tu­tion­nel, qui dit fi­nan­ce­ment des en­tre­prises dit cré­dit ban­caire ? F.H. : Ab­so­lu­ment ! J’y viens. J’ai vou­lu com­men­cer par dire qu’il n’y a pas de sou­cis pour l’in­fra­struc­ture. Au­jourd’hui, quand on voit le poids du marché, on peu­tê­treun­peu­dé­çu­par­le­fait­que­laBour­se­deTu­nis ne­re­pré­sen­teque22%duPIB,alors­que­dansd’autres pays,ce­laa­voi­sine50à60%et­par­mo­ments­frô­lerles 100% du PIB! La place bour­sière compte quelques di­zaines d’en­tre­prises et des sec­teurs en­tiers n’y sont pas­re­pré­sen­tés,no­tam­ment­les­té­lé­com­mu­ni­ca­tions,le tex­tile,l’agri­cul­ture,l’éner­gie,le­tou­risme…Des­sec­teurs qui­pè­sent­beau­coup­dans­lePIB­mais­qui­son­tab­sents. Et le chiffre le plus im­por­tant, se­lon moi, est que le fi­nan­ce­ment de l’éco­no­mie est as­su­ré à hau­teur de plus de 93% par le sys­tème ban­caire, d’où il ne reste qu’un peu plus que 6% du fi­nan­ce­ment di­rect par la voie des mar­chés de ca­pi­taux. La Bourse de Tu­nis n’a pas at­teint la taille qu’on au­rait pu es­pé­rer, après toutes ces ré­formes et la mise à ni­veau sur le plan tech­nique et ré­gle­men­taire.

Ce e pré­do­mi­nance du fi­nan­ce­ment in­di­rect, via les banques, est-elle la consé­quence d’une mé­con­nais­sance des pro­duits bour­siers et d’un manque de culture fi­nan­cière chez les en­tre­prises tu­ni­siennes ? F.H. : En fait, c’est un mix des deux. Je com­men­ce­rai

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