INDÉCEMMENT VÔTRE !

Le monde de notre foot­ball est de­ve­nu un vé­ri­table ca­si­no pour flam­beurs de tous bords !

La Presse Business (Tunisia) - - OUT OF BUSINESS SPORT - PAR Sa­mi AKRIMI out

Td’abord, quelques chiffres qui donnent le ver­tige. En An­gle­terre, hi­ver et été, les équipes de Pre­mier League ont, pour la pre­mière fois de l’his­toire, dé­pen­sé plus de 1 mil­liard de livres en trans­ferts. De l’ar­gent de poche par rap­port à ce qui nous at­tend. L’été pro­chain, elles pour­ront, en ef­fet, comp­ter sur la manne du nou­veau contrat des droits té­lé qui va leur oc­troyer 70% de re­ve­nus sup­plé­men­taires, soit une somme glo­bale dé­pas­sant les 10,8 mil­liards d’eu­ros entre 2016 et 2019 (soit en­vi­ron 36 mille mil­liards de nos mil­limes !). Le tout équi­ta­ble­ment ré­par­ti entre tous les clubs de la Pre­mier League, Lei­ces­ter et Sou­thamp­ton bé­né­fi­ciant de la même in­dem­ni­té que Chelsea ou Man­ches­ter Uni­ted (un bel exemple de dé­mo­cra­tie… éco­no­mique!). Des­cen­dons à pré­sent du nuage bri­tish pour re­joindre notre pay­sage en­so­leillé. Du cô­té de chez nous, le pré­sident de notre fé­dé­ra­tion de foot­ball et unique vient de bra­der notre cham­pion­nat pour la très mo­dique somme de 9 mil­liards de nos mil­limes, à moins d’une an­née de la fin de son man­dat. En d’autres termes, il s’est ar­ro­gé le droit (ou plu­tôt le non­droit) d’em­pié­ter sur les pré­ro­ga­tives du pro­chain bu­reau fé­dé­ral. Et vous sa­vez pour­quoi il l’a fait? Sur­tout pas pour pro­mou­voir notre foot­ball ou pour ai­der nos clubs à trou­ver des so­lu­tions à leurs im­menses pro­blèmes fi­nan­ciers. Non, mes­sieurs-dames, il l’a fait pour des rai­sons électorales. Les pe­tits clubs des di­vi­sions in­fé­rieures re­pré­sen­tant la ma­jo­ri­té écra­sante du col­lège élec­to­ral de la FTF. Voi­là com­ment on in­ves­tit pour la pro­mo­tion de notre foot­ball. Pour quels ré­sul­tats? Voir pour croire. Ja­mais notre foot­ball n’a été si bas tant à l’échelle des clubs que de l’équipe na­tio­nale celle de l’in­fra­struc­ture et du fair play, celle enfin de l’ar­bi­trage, autre arme fa­tale dont on use et abuse avec une in­sou­te­nable in­dé­cence !

L’EL­DO­RA­DO TU­NI­SIEN

Une ques­tion simple, pour une ré­ponse tout aus­si simple. Qui de la Tu­ni­sie ou de l’Al­gé­rie est la plus riche ? Vous avez ga­gné, c’est l’Al­gé­rie. Pour­tant, la fé­dé­ra­tion al­gé­rienne vient de prendre la dé­ci­sion d’in­ter­dire le re­cru­te­ment de joueurs étran­gers. «Trop de de­vises qui quittent le pays», se­lon leurs res­pon­sables. Dans un pays qui ex­porte pour­tant des quan­ti­tés co­los­sales de pé­trole et de gaz. Ce­la, sans par­ler du pla­fon­ne­ment des sa­laires des joueurs. Mais, qu’à ce­la ne tienne, de­puis quelque temps, les joueurs al­gé­riens ont trou­vé en la Tu­ni­sie un vé­ri­table El­do­ra­do, à l’ins­tar de la star Bou­ned­jah, qui n’est pas le mieux payé en com­pa­rai­son avec Blaï­li ou Dja­bou. Le pre­mier et le se­cond n’étant même pas in­ter­na­tio­naux dans leur pays! Cette manne, elle a éga­le­ment pro­fi­té à d’autres étran­gers (N’djeng par exemple) mais aus­si aux Tu­ni­siens, dont une bonne tren­taine gagne des sa­laires qui os­cil­lent entre 50 et 80 mille di­nars par mois. Primes de ren­de­ment non com­prises s’il vous plaît! Pour quels ré­sul­tats? EST, CA, ESS et CSS ne rem­portent plus de Ligue des cham­pions de­puis des an­nées. L’équipe na­tio­nale? On n’en parle même pas. Elle est de­ve­nue la honte du pays. Pour quand, un dé­bat sur l’état de notre foot­ball au par­le­ment? Quand clubs et FTF nous ré­vé­le­ront les vé­ri­tables chiffres du scan­dale? Quand le gou­ver­neur de la Banque cen­trale nous di­ra le mon­tant des de­vises qui quittent le pays pour les re­cru­te­ments des joueurs étran­gers et leurs sa­laires? Et si tout cet ar­gent n’est dé­cla­ré qu’en par­tie, dans la poche de qui vont les sommes oc­cultes? Au­tant d’in­ter­ro­ga­tions brû­lantes. Sans ré­ponses. Du moins jus­qu’à pré­sent…

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