Le marché do­mes­tique, l’autre al­ter­na­tive

La Presse Business (Tunisia) - - INTERVIEW -

Face à la mo­ro­si­té du marché eu­ro­péen et la dif­fi­cul­té de pros­pec­ter d’autres mar­chés, il convient de don­ner au marché lo­cal une place de choix dans la stra­té­gie sec­to­rielle du sec­teur. Pour in­ver­ser la ten­dance ? Il fau­dra conte­nir la pres­sion des im­por­ta­teurs, dont plu­sieurs opèrent clan­des­ti­ne­ment. « Même pour ceux qui im­portent dans la lé­ga­li­té, il convient de men­tion­ner que plu­sieurs marques eu­ro­péennes ne payent pas les droits de douane, bien que la pro­duc­tion pro­vienne d’autres sites, no­tam­ment la Tur­quie, le Ma­roc et l’Asie », pré­cise M. Bel­has­sen Gh­rab, membre du bu­reau exé­cu­tif de l’Uti­ca. Il dé­plore, par ailleurs, que com­mer­cia­li­ser la pro­duc­tion lo­cale en Tu­ni­sie s’opère à tra­vers un mé­ca­nisme tel­le­ment com­pli­qué qu’il dis­suade tout pro­fes­sion­nel. « C’est cette fer­me­ture du marché qui a cau­sé la dis­pa­ri­tion des pre­mières marques tu­ni­siennes et la fer­me­ture de grandes usines», rap­pelle-t-il. D’où la concen­tra­tion des en­tre­prises du sec­teur sur l’ex­port.

Des co­pies des grandes marques

ex­po­sées par des mar­chands

am­bu­lants. sur le marché lo­cal, à sa­voir la fibre na­tu­relle, syn­thé­tique et les ac­ces­soires. L’amont de la fi­lière est beau­coup plus pauvre que ce­lui des pays concur­rents, no­tam­ment la Tur­quie. Ain­si, le tis­su na­tio­nal reste dé­pen­dant de four­nis­seurs étran­gers et su­bit di­rec­te­ment les fluc­tua­tions des cours de ces pro­duits. Pis, s’ap­pro­vi­sion­ner en tis­su d’ori­gine asia­tique li­mite l’ac­cès au marché eu­ro­péen. Car, nos pro­duits ne bé­né­fi­cient plus de l’ac­cord de libre-échange avec la Zone eu­ro, suite au non- res­pect de la clause de la double trans­for­ma­tion sous nos cieux. En consé­quence, les ar­ticles tu­ni­siens dont le tis­su est d’ori­gine asia­tique se­ront pas­sibles de droits de douane aux fron­tières du Vieux continent. Sur un autre plan, les confec­tion­neurs souffrent des dé­lais de li­vrai­son, re­la­ti­ve­ment longs, des ser­vices de la Ra­pid-poste. Un échan­tillon confec­tion­né en 48h pren­dra trois jours pour ar­ri­ver à des­ti­na­tion, se­lon les es­ti­ma­tions de M. Na­faa En­nai­fer, in­dus­triel et membre du BE de l’Uti­ca. Alors que les grandes en­seignes in­ter­na­tio­nales as­surent l’expédition des échan­tillons de nos concur­rents turcs et ma­ro­cains dans seule­ment 24 heures, com­pare-t-il.

Newspapers in French

Newspapers from Tunisia

© PressReader. All rights reserved.