“Les femmes fi­nissent sou­vent par de­voir s’oc­cu­per des choses quand tout va mal. Pen­sez à l’Is­lande ou à l’Afrique cen­trale. Ou re­gar­dez le Ja­pon.”

La Presse Business (Tunisia) - - ASSURANCE -

Elle dé­clare avoir at­teint son pre­mier ob­jec­tif : le mo­ral du FMI va in­fi­ni­ment mieux. “Ce scan­dale est fi­ni ! Per­sonne n’en parle plus au­jourd’hui.” Mais l’autre vo­let de ses ob­jec­tifs est beau­coup plus ar­du : la propre “gou­ver­nance” du FMI, un eu­phé­misme pour dé­crire la fé­roce ba­taille qu’il livre pour s’adap­ter au monde mo­derne. De­puis sa fon­da­tion en 1944, le Fonds — comme l’éco­no­mie mon­diale — a été do­mi­né par les na­tions oc­ci­den­tales. Dans ce cadre, ce sont des Eu­ro­péens, comme Ch­ris­tine La­garde, qui le di­rigent par tra­di­tion. “Même si je pense que le fait d’être une femme a joué dans ma no­mi­na­tion, ad­me­telle. Il au­rait été dif­fi­cile, après le scan­dale, de nom­mer un autre homme fran­çais.” Ch­ris­tine La­garde sait que cette tra­di­tion est un ana­chro­nisme dans un monde où l’Oc­ci­dent perd son pou­voir éco­no­mique. “La sous­re­pré­sen­ta­tion de pays comme la Chine et les mar­chés émer­gents n’est tout sim­ple­ment pas juste. Pas juste !”, s’ex­clame-t-elle, avec pas­sion. Elle sou­tient donc un pro­gramme de ré­formes pour don­ner plus de pou­voir à des pays non oc­ci­den­taux. Mais le Congrès des Etats-Unis ne l’a pas ra­ti­fié. “C’est très frus­trant, ad­met-elle. J’ai pas­sé beau­coup de temps avec des membres du Congrès l’an der­nier, pour leur dé­mon­trer à quel point il est ri­di­cule de se mettre en tra­vers du chan­ge­ment. Je conti­nue­rai à pous­ser et pous­ser pour ça. Je fe­rai de la danse du ventre, s’il le faut, pour y ar­ri­ver. En­tre­temps, dit-elle, J’es­saie d’at­té­nuer ce­ci en met­tant des of­fi­ciels chi­nois aux grands postes du FMI.” Elle forge aus­si des al­liances avec des groupes ré­gio­naux et conti­nue à pous­ser les gou­ver­ne­ments oc­ci­den­taux à adop­ter une ap­proche plus in­clu­sive. “Avec le temps, le G8 de­vra être élar­gi... et si vous com­men­cez à dire ‘Pour­quoi n’in­cluez-vous pas l’Inde et la Chine ?’, alors, vous ver­rez vite que la confi­gu­ra­tion ac­tuelle du G20 in­clut des pays qui ne sont pas im­por­tants pour la sta­bi­li­té du monde. En­suite, il y a la ques­tion de com­ment nous co­or­don­ner mieux avec les prin­ci­pales Banques centrales du monde, sou­pire-t-elle. Elles se réunissent entre elles. Elle suivent leurs propres règles. Elles fonc­tionnent en vase clos et sont im­pé­né­trables. Mais nous de­vons trou­ver com­ment nous co­or­don­ner.” Un autre gros chal­lenge : les hommes. Ou, plus pré­ci­sé­ment, le manque de femmes. Ch­ris­tine La­garde a pas­sé sa vie à être une pion­nière : elle n’a pas seule­ment été pré­si­dente d’un ca­bi­net d’avo­cats d’af­faires in­ter­na­tio­nal, mais aus­si la pre­mière femme mi­nistre des Fi­nances en France, entre 2007 et 2011. Jus­qu’à son ar­ri­vée au FMI, elle a ra­re­ment évo­qué

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