LES IN­VES­TIS­SEURS CRAIGNENT UNE CRISE DE LI­QUI­DI­TÉ

La ruée vers la sor­tie des titres à re­ve­nu fixe se pro­file comme dé­clen­cheur po­ten­tiel de tur­bu­lences si l’état du marché change. Une for­mule qui fait fré­mir de peur in­ves­tis­seurs et né­go­ciants par­tout et se pro­fi­lant lar­ge­ment à pré­sent une fois de plus

La Presse Business (Tunisia) - - ASSURANCE - Par Da­vid OAKLEY l

In’y a pas eu au­tant de grandes in­quié­tudes au su­jet de la struc­ture des mar­chés du re­ve­nu fixe de­puis la faillite de Leh­man Bro­thers en sep­tembre 2008 et le gel des mar­chés mo­né­taires en août 2007, dé­clarent quelques ges­tion­naires de fonds. Plus pré­ci­sé­ment, les contrô­leurs s’in­quiètent à pro­pos des obli­ga­tions d’en­tre­prises et des mar­chés émer­gents où les prix ont sen­si­ble­ment aug­men­té car les in­ves­tis­seurs se sont rués sur les dettes ven­dues par les en­tre­prises à des taux d’in­té­rêt faibles. Si ce com­merce, qui a fleu­ri au len­de­main de la crise fi­nan­cière et des po­li­tiques agres­sives d’as­sou­plis­se­ment des Banques centrales, de­vait fi­na­le­ment re­ve­nir en ar­rière, une “crise de li­qui­di­té’’ pour­rait bien se pro­fi­ler si les in­ves­tis­seurs se ruaient en­semble vers la sor­tie. Le marché obli­ga­taire a long­temps été un mi­lieu sti­mu­lant pour les in­ves­tis­seurs qui cherchent à vendre leurs par­ti­ci­pa­tions au meilleur mo­ment. A pré­sent, grâce à une ré­gle­men­ta­tion plus stricte des fonds propres pour les banques, qui ont tra­di­tion­nel­le­ment ser­vi d’in­ter­mé­diaires pour les inves- tis­seurs ache­tant et ven­dant des obli­ga­tions, se di­ri­ger vers la sor­tie des titres à re­ve­nu fixe se pro­file comme étant un dé­clen­cheur d’agi­ta­tion fi­nan­cière si le sen­ti­ment po­si­tif cou­rant re­ve­nait. John Stop­ford, ges­tion­naire de mul­tiac­tifs à In­ves­tec, dé­clare: “D’au­cuns disent que ces mar­chés sont à ni­veau à bulle. Si les in­ves­tis­seurs es­saient de sor­tir en même temps, il y a une réelle chance de dis­lo­ca­tion des prix et de crise dans les mar­chés.” Un ges­tion­naire prin­ci­pal du por­te­feuille de re­ve­nu fixe dans une ins­ti­tu­tion du Royaume-Uni ajoute: “Il y a moins d’huile dans le sys­tème. Si cha­cun veut ra­che­ter im­mé­dia­te­ment, il pour­rait y avoir une crise de li­qui­di­té car sans les banques, per­sonne ne fe­rait d’offres pour les obli­ga­tions.” Au cours des der­niers mois, les contrô­leurs se sont in­té­res­sés à la me­nace des obli­ga­tions, pas seule­ment pour les in­ves­tis­seurs mais pour tout le sys­tème fi­nan­cier. Ils s’in­quiètent qu’une crise de li­qui­di­té puisse per­tur­ber l’éco­no­mie dans son en­semble et com­pro­mettre les ac­ti­vi­tés de fi­nan­ce­ment pour les en­tre­prises.

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