LE COU­RANT NE PAS­SE­RA PLUS

La Presse Business (Tunisia) - - POST-SCRIPTUM - Par Saous­sen BOULEKBACHE

La dé­ci­sion est ferme, le cou­rant ne pas­se­ra plus pour les clients de la Steg tant que ces der­niers n’au­ront apu­ré leurs im­payés. La so­cié­té pro­cé­de­ra à la cou­pure de cou­rant à par­tir du 15 oc­tobre (Re­te­nez bien cette date, car elle coïn­cide avec la fête de l’Eva­cua­tion!) et la dé­ci­sion concerne aus­si bien les par­ti­cu­liers, les in­dus­triels que les éta­blis­se­ments pu­blics… Le ver­dict est tom­bé tel un cou­pe­ret, amère certes, mais né­ces­saire pour le re­cou­vre­ment de quelque 850 mil­lions de di­nars, à même de four­nir une bouf­fée d’oxy­gène à la Steg. C’est que l’en­tre­prise pu­blique tire le diable par la queue alors que l’ar­doise de ses clients à la fin du mois d’août 2015, a cru de 196 MD par rap­port à 2014 (même pé­riode), pas­sant à 654 MD. La fac­ture est donc sa­lée mais pour ap­pré­hen­der l’am­pleur des dé­gâts, sché­ma­ti­sons. Les res­pon­sables de la so­cié­té as­surent qu’un tel mon­tant pour­rait ser­vir à la réa­li­sa­tion d’une nou­velle cen­trale élec­trique mo­derne, d’en­ga­ger de nou­veaux in­ves­tis­se­ments, des tra­vaux de main­te­nance et d’amé­lio­rer la qua­li­té des pres­ta­tions. Quelle que soit l’uti­li­té de l’ar­gent à re­cou­vrer, la dé­ci­sion est prise et les clients de la Steg doivent se pré­pa­rer en consé­quence. Si­non, ils se ré­veille­ront le len­de­main de la date bu­toir avec un mal de crâne gé­né­ra­li­sé. Donc vi­gi­lance oblige, et com­men­çons par les mé­nages. Les chefs de fa­milles pen­se­ront à ajou­ter à leur pa­niers un pro­duit, tom­bé de­puis très long­temps dans les ou­bliettes, les bou­gies. Les plus bran­chés son­ge­ront plu­tôt à re­char­ger leurs bat­te­ries. Voi­là com­ment le mal­heur des un fait le bon­heur des com­mer­çants. Cô­té éta­blis­se­ments pu­blics, les hô­pi­taux doivent vite rac­com­mo­der leurs gé­né­ra­teurs afin d’évi­ter les consé­quences d’une éven­tuelle cou­pure. Les in­dus­triels pen­se­ront, eux, à ali­men­ter leurs stocks de ré­serves et faire face aux pé­riodes plus ou moins creuses qui les at­tendent. Seul bé­mol pour la So­cié­té tu­ni­sienne de l’élec­tri­ci­té et du gaz : cer­tains éta­blis­se­ments, en l’oc­cur­rence les hô­tels, ont fer­mé bou­tique et d’autres sont dé­jà en ces­sa­tion d’ac­ti­vi­té. Ces der­niers au­ront du mal à rem­bour­ser tous leurs créan­ciers. Là, la Steg ne doit pas se­couer da­van­tage les frêles épaules du pauvre ci­toyen, qui, lui, su­bit à chaque fois les foudres de la com­pa­gnie. Si­non le cou­rant ne pas­se­ra plus.

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