Plus gé­né­ra­le­ment, qu’est-ce qui manque au sys­tème ban­caire tu­ni­sien pour qu’il joue plei­ne­ment son rôle ?

La Presse Business (Tunisia) - - INTERVEW -

Le sys­tème ban­caire tu­ni­sien est tri­cho­to­mique avec des banques pu­bliques, des banques pri­vées contrô­lées par des groupes in­dus­triels tu­ni­siens et des fi­liales de banques étran­gères. Cha­cun de ces groupes ob­serve des stra­té­gies dic­tées par ses ac­tion­naires res­pec­tifs sans que, pour au­tant, il n’y ait une ap­proche col­lec­tive pour re­haus­ser le ni­veau de l’in­dus­trie à un ni­veau com­pa­tible avec les exi­gences de dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique du pays en gé­né­ral et du sys­tème fi­nan­cier en par­ti­cu­lier. Mon constat per­son­nel est que le sec­teur ban­caire tu­ni­sien a pris énor­mé­ment de re­tard par rap­port à ceux de pays si­mi­laires à la Tu­ni­sie, et est bien en de­çà du ni­veau au­quel il de­vait être pour jouer conve­na­ble­ment son rôle de mo­teur de l’éco­no­mie na­tio­nale. Une ré­forme stra­té­gique du sec­teur me semble à

J.A. : Et pour les autres formes de fi­nan­ce­ments. Comment peut-on les pro­mou­voir (Bourse, Pri­vate Equi­ty…) ? J.A. :

Au fait, c’est l’en­semble du sys­tème fi­nan­cier qui mé­rite une ré­vi­sion en pro­fon­deur. Il n’est guère ac­cep­table qu’à ce stade de dé­ve­lop­pe­ment de notre pays, nous ne dis­po­sons pas en­core d’un mar­ché obli­ga­taire, de pro­duits clas­siques de cou­ver­ture des risques ni même d’une courbe de taux. Pis en­core, c’est le manque de cul­ture de mar­chés qui ca­rac­té­rise les opé­ra­teurs éco­no­miques et fi­nan­ciers ain­si que les pou­voirs pu­blics. A titre d’exemple, nos in­ves­tis­seurs ins­ti­tu­tion­nels sont qua­si­ment ab­sents du mar­ché bour­sier et tardent à ins­crire leurs ac­tions dans une po­li­tique d’in­ves­tis­se­ment dy­na­mique et tour­né vers l’ave­nir. Il faut, tou­te­fois, ad­mettre que cette lé­thar­gie est en grande par­tie due à la po­li­tique non im­pul­sive sui­vie his­to­ri­que­ment par l’Etat et par l’exis­tence d’un cadre ré­gle­men­taire re­la­ti­ve­ment contrai­gnant. En per­met­tant, par exemple, aux com­pa­gnies d’as­su­rances d’ins­crire dans leurs ré­serves tech­niques des par­ti­ci­pa­tions dans des fonds d’in­ves­tis­se­ment, même à un ni­veau mo­deste, le gou­ver­ne­ment don­ne­rait un nou­vel élan au sec­teur du ca­pi­tal-in­ves­tis­se­ment qui re­pré­sente un axe prin­ci­pal du dé­ve­lop­pe­ment de nos PME. La Bourse de Tu­nis ga­gne­rait aus­si en vo­lume et en pro­fon­deur avec la co­ta­tion de nou­velles en­tre­prises pu­bliques per­for­mantes.

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