LES AC­TION­NAIRES MI­NO­RI­TAIRES ROU­LÉS DANS LA FA­RINE?

«Même si l’OPR n’est pas sa­tis­fai­sante, et la perte est consé­quente pour le pe­tit por­teur, elle reste une porte de sor­tie en­vi­sa­geable, car on ne voit pas en­core le bout du tun­nel», es­time le vice-pré­sident de l’As­so­cia­tion de dé­fense des ac­tion­naires min

La Presse Business (Tunisia) - - BDUOSSISNIEESRS - Par Rid­ha MAAMRI

Quand les élé­phants se battent, c’est l’herbe qui se re­trouve pié­ti­née. Le bras de fer qui op­pose le fon­da­teur, et ac­tion­naire ma­jo­ri­taire de Syphax Air­lines et les au­to­ri­tés fi­nan­cières, est une sé­rie ma­cabre où les ac­tion­naires mi­no­ri­taires se re­trouvent en plein centre à en ac­cu­ser les contre-coups et à faire le dé­compte des pertes et des pe­tites mises qui risquent de par­tir en fu­mée. L’épi­sode le plus ré­cent est sans nul doute ce­lui du re­jet de l’ap­pel in­ter­je­té par l’ac­tion­naire ma­jo­ri­taire de la com­pa­gnie aé­rienne contre la dé­ci­sion du Con­seil du mar­ché fi­nan­cier (CMF), d’ou­vrir une offre pu­blique de re­trait (OPR). Après ce ver­dict, l’ac­tion­naire mi­no­ri­taire peut, dé­sor­mais, cé­der ses titres à 3.9 di­nars, dans le cadre de cette OPR, alors que la va­leur no­mi­nale de l’ac­tion, le jour de l’in­tro­duc­tion en Bourse, s’ar­ra­chait à10 di­nars. «Même si l’OPR n’est pas sa­tis­fai­sante et la perte est consé­quente pour le pe­tit por­teur, elle reste une porte de sor­tie en­vi­sa­geable, car on ne voit pas en­core le bout du tun­nel» , es­time le vice-pré­sident de l’As­so­cia­tion de dé­fense des ac­tion­naires mi­no­ri­taires (Adam), M. Moez Jou­di. C’est que les ac­tion­naires mi­no­ri­taires souffrent au vrai sens du mot, dé­plore-t-il, dans le cas de Syphax et dans plu­sieurs autres cas. «Ex­cu­sez-moi du terme, ils sont les din­dons de la farce.» , tem­pête-t-il. Dans cette af­faire, le gen­darme de la Bourse de Tu­nis, le CMF, n’a ré­agi que tar­di­ve­ment, sou­ligne-t-il. «De­puis sa créa­tion, l’en­tre­prise était sous-ca­pi­ta­li­sée, son in­tro­duc­tion en Bourse n’était pas conduite sur des bases so­lides et son plan de dé­ve­lop­pe­ment était trop ris­qué» , énu­mère-til, en tant que dé­faillances qui sont pas­sées in­aper­çues. Le rap­port du com­mis­saire aux comptes pré­sen­té à l’as­sem­blée gé­né­rale au cours de l’été 2014, se rap­por­tant à l’exer­cice 2013, a sus­ci­té des dé­bats hou­leux sur fond de si­tua­tion alar­mante qu’il re­flé­tait, rap­pelle notre in­ter­lo­cu­teur. «On sa­vait que cette en­tre­prise ris­quait gros» , note-t-il, fai­sant al­lu­sion que le pe­tit por­teur était à court d’op­tions. A par­tir de là, les ac­tion­naires avaient réa­li­sé que la com­pa­gnie avait beau­coup de failles et en­cou­rait le risque de faillite. «Mais, le pe­tit por­teur a été trom­pé du dé­but jus­qu’à la fin» , ren­ché­rit-il, lais­sant en­tendre que le re­jet de l’ap­pel per­met­tra de mi­ni­mi­ser les dé­gâts.

DES DOUTES

«In­ter­je­ter ap­pel n’était qu’une forme de fuite en avant», consi­dère M. Jou­di. L’ac­tion­naire ma­jo­ri­taire, M. Mo­ha­med Fri­kha, n’a pas été construc­tif, ni po­si­tif, ni re­con­nais­sant ses torts dans cette af­faire, mar­tèle-t-il, men­tion­nant que se lan­cer dans un bras de fer avec le CMF, n’était ni en sa fa­veur, ni en fa­veur de la com­pa­gnie. «L’Adam a te­nu une réu­nion

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