LE CMF EST-IL COM­PLICE PAR IN­AD­VER­TANCE?

Le Con­seil du mar­ché fi­nan­cier n’a pas été as­sez vi­gilent et n’a pas eu le bon ré­flexe au bon mo­ment, se­lon plu­sieurs ana­lystes. Si cer­tains vont jus­qu’à l’ac­cu­ser de com­pli­ci­té, d’autres pré­fèrent par­ler d’in­com­pé­tence.

La Presse Business (Tunisia) - - BDUOSSISNIEESRS - Par YBK

Dans les mi­lieux spé­cia­li­sés, comme dans les ré­seaux so­ciaux, le gen­darme du mar­ché fi­nan­cier (CMF) est poin­té du doigt. «Ce­la sent le coup mon­té à plein nez, mais le CMF n’a pas ré­agi à temps. C’est une ar­naque à la Ma­doff que le CMF n’a pas vou­lu dé­mas­quer...», tous les com­men­taires versent dans le même sens : Le CMF n’a pas joué son rôle ! De­puis sa créa­tion, la com­pa­gnie aé­rienne pri­vée a fait cou­ler beau­coup d’encre et sus­ci­té le mé­con­ten­te­ment des spé­cia­listes. D’abord, le rap­port du com­mis­saire aux comptes, que le CMF avait étu­dié avant d’ap­po­ser son vi­sa d’in­tro­duc­tion en Bourse, sou­ligne clai­re­ment la fra­gi­li­té fi­nan­cière du trans­por­teur due, entre autres, à des pré­vi­sions éta­blies. De même, la va­leur boursière de Syphax Air­lines au­rait été gon­flée par la Bourse de Tu­nis, in­dui­sant ain­si en er­reur les in­ves­tis­seurs, se­lon un spé­cia­liste de la place. «Le pros­pec­tus d’in­tro­duc­tion est bour­ré d’in­co­hé­rences et le bu­si­ness plan pré­sen­té par la com­pa­gnie ne tient pas de­bout… Je me de­mande comment le CMF n’a pas fait at­ten­tion à ces er­reurs. S’agit-il d’un laxisme ?» , s’in­ter­roge notre in­ter­lo­cu­teur. En re­vanche, l’un des membre du col­lège CMF, es­time que l’in­tro­duc­tion en Bourse de Syphax était par­fai­te­ment lé­gale. «Il faut com­prendre que le CMF agit en fonc­tion de textes bien pré­cis», sou­tient-il. Il avoue par ailleurs, im­pli­ci­te­ment, l’exis­tence de plu­sieurs ano­ma­lies dans le pros­pec­tus d’in­tro­duc­tion. «Quand on parle du mar­ché al­ter­na­tif, on parle es­sen­tiel­le­ment d’in­ves­tis­seurs ins­ti­tu­tion­nels qui ont les moyens tech­niques et hu­mains suf­fi­sants pour faire leur propre ana­lyse» , re­la­ti­vise-t-il. Après l’in­tro­duc­tion en Bourse de Syphax, le CMF et le con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion de la Bourse semblent avoir né­gli­gé le pre­mier si­gnal d’alerte en­voyé par le CAC : «Suite aux pertes en­re­gis­trées au 30 juin 2012, les fonds propres de Syphax Air­lines sont de­ve­nus en-de­çà de la moi­tié du ca­pi­tal…la si­tua­tion fis­cale de la so­cié­té mé­rite d’être ré­gu­la­ri­sée. En ef­fet, les im­pôts et taxes exi­gibles de­vaient être dé­cla­rés à temps»

METTRE À JOUR LE CMF

«Le CMF est de­ve­nu au­jourd’hui le ta­lon d’Achille de notre sec­teur, et l’af­faire Syphax-Air­lines le confirme», af­firme un di­rec­teur d’un in­ter­mé­diaire en Bourse. A l’ori­gine de cette dé­faillance, il existe, se­lon lui, deux élé­ments prin­ci­paux. D’abord, les textes dé­fi­nis­sant les pré­ro­ga­tives du con­seil et son champs d’ac­tion ; des textes qu’il juge dé­pas­sés par les évè­ne­ments. «Il s’agit d’un sec­teur qui évo­lue à un rythme ac­cé­lé­ré. Il est donc illo­gique que l’or­gane de contrôle de­meure ré­gi par des lois da­tant de 1994. La donne a beau­coup chan­gé, il fau­drait donc mettre à jour ces lois et do­ter le CMF des moyens dont il a be­soin pour as­su­mer ses res­pon­sa­bi­li­tés» . Quant au deuxième élé­ment, tou­jours se­lon notre in­ter­lo­cu­teur, il consiste en «l’in­com-

Newspapers in French

Newspapers from Tunisia

© PressReader. All rights reserved.