«On a tou­jours le choix»

La Presse Business (Tunisia) - - FINANCE ASSURANCE - Jean-Paul Sartre

pres­ta­tion de l’as­su­reur a toutes les chances d’être au ni­veau des at­tentes de ses as­su­rés. Ce­la se­rait de na­ture à fi­dé­li­ser le client et pour­quoi pas «l’équi­per» en autres contrats d’as­su­rance. Qu’en est-il en Tu­ni­sie ? Il est vrai que cer­taines en­tre­prises d’as­su­rance ont fait des ef­forts louables pour sim­pli­fier les contrats qu’elles com­mer­cia­lisent. Mais, force est de consta­ter que ce­la reste in­suf­fi­sant et les contrats d’as­su­rance de­meurent in­com­pré­hen­sibles par la clien­tèle, sur­tout les par­ti­cu­liers. Des exemples édi­fiants ne manquent pas : Les titres des contrats : ils sont com­plexes, voire trom­peurs et en tout cas ne re­flètent pas, pour le com­mun des as­su­rés, le conte­nu de la ga­ran­tie du contrat. «Contrat d’as­su­rance «Tous risques chan­tier» ou «Contrat d’as­su­rance tem­po­raire dé­cès» res­tent des titres vagues. Ne se­rait-il pas plus simple de les rem­pla­cer res­pec­ti­ve­ment par «As­su­rance ou­vrage pen­dant sa construc­tion» et «As­su­rance d’un ca­pi­tal en cas de dé­cès de l’as­su­ré» ? Ne se­rait-il pas plus simple de rem­pla­cer «As­su­rance groupe ma­la­die» par «As­su­rance col­lec­tive de rem­bour­se­ment de frais de soins» ? Des vo­cables à ban­nir. Cer­tains vo­cables in­sé­rés dans les contrats d’as­su­rance ne sont com­pris que par leurs au­teurs, c’es­tà-dire les as­su­reurs. Il faut vrai­ment les cher­cher dans les dic­tion­naires. Si on les trouve ils si­gni­fient «autre chose». Pas la «chose de l’as­su­reur».

Fran­chise : Pour­quoi ne pas dire tout sim­ple­ment «Reste à charge de l’as­su­ré en cas de pré­ju­dice». Les as­su­reurs an­glais l’ont bien com­pris. Ils ap­pellent ce­la, tout sim­ple­ment, «dé­duc­tible» Tierce : Ce mot est uti­li­sé dans les contrats d’as­su­rance au­to­mo­bile qua­li­fiés, faus­se­ment de «Tous risques». C’est pour­tant simple. Pour­quoi ne pas dire «Ga­ran­tie du corps du vé­hi­cule» ?

ABRÉVIATIONSETACRONYMES

Dans tous «les mé­tiers des ser­vices» et sur­tout fi­nan­ciers, comme l’as­su­rance, les pro­fes­sion­nels de­vraient évi­ter l’uti­li­sa­tion d’abré­via­tions et d’acro­nymes. Les as­su­reurs tu­ni­siens en abusent. Un seul exemple. La ga­ran­tie «CAS». Pour les as­su­reurs, ce­la si­gni­fie «contreas­su­rance spé­ciale». Pour le com­mun des «mor­tels» y com­pris So­crate, ce­la ne si­gni­fie rien du tout. Ce­la au­rait été plus simple d’ap­pe­ler cette ga­ran­tie «Frais de sauvegarde des in­té­rêts ci­vils de l’as­su­ré et sa dé­fense de­vant les tri­bu­naux ré­pres­sifs». Par ailleurs, il est im­por­tant de re­le­ver que le fran­çais uti­li­sé dans les contrats d’as­su­rance est aride et com­pli­qué. Ce­la fait- il sa­vant ? Peut-être ! Mais c’est in­ef­fi­cace. Cer­tains as­su­reurs l’ont bien com­pris. Ain­si, ils s’adressent aux as­su­rés pour leur faire com­prendre, par exemple, «vous n’êtes pas ga­ran­tis si…» au lieu de «ex­clu­sions de ga­ran­tie». Mais tout ce­la reste in­suf­fi­sant. For­mu­ler les contrats d’as­su­rance ou les titres en arabe clas­sique ne ré­sout pas le pro­blème. C’est vrai­ment un leurre. L’idéal, en re­vanche, se­rait de sim­pli­fier au maxi­mum, les contrats d’as­su­rance s’adres­sant au grand pu­blic en arabe par­lé tu­ni­sien, ma­nière : «Feu Ab­de­la­ziz La­roui». As­su­reurs ! Plus vous sim­pli­fiez, «fond et forme» vos contrats, plus votre pres­ta­tion se­rait meilleure et rien ne vaut un client sa­tis­fait. Voi­là un cercle ver­tueux.

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