DES LEN­DE­MAINS MEILLEURS

La Presse Business (Tunisia) - - ÉDITO - Cho­kri BEN NESSIR Ré­dac­teur en chef

On aborde la dis­cus­sion du pro­jet de loi de fi­nances pour 2016 (sou­mis à l’ARP de­puis le 15 oc­tobre), avec une lueur d’es­poir qui se pro­file à l’ho­ri­zon. En ef­fet, se­lon le rap­port du FMI sur les pers­pec­tives éco­no­miques ré­gio­nales pour le Moyen-Orient et l’Asie cen­trale, l’éco­no­mie tu­ni­sienne de­vrait en­re­gis­trer un taux de crois­sance de 3% en 2016 contre 1% en 2015. Soit un de­mi-point de plus que les pré­vi­sions na­tio­nales. L’an­nonce est ve­nue re­bom­ber le torse aux in­ves­tis­seurs et aux en­tre­pre­neurs. C’est que de­puis long­temps, les Tu­ni­siens en­caissent, su­bissent et dé­priment. Et les in­for­ma­tions que les mé­dias re­layent, ne font qu’en­chaî­ner sur les tour­ments gran­dis­sant chaque jour. Con­trai­re­ment à l’an­née der­nière, on a pré­fé­ré une dé­marche de pré­vi­sion lu­cide et pru­dente, puisque l’hy­po­thèse de crois­sance de + 2,5 % re­te­nue, est iden­tique au con­sen­sus des éco­no­mistes et va­li­dée par le FMI avec un pe­tit bo­nus. Le sché­ma de dé­ve­lop­pe­ment pré­vu par ce pro­jet de loi et qui pré­voit un taux de crois­sance pa­reil a été cal­cu­lé sur la base d’un prix du ba­ril de pé­trole à 57 dol­lars et d’un taux de change du dol­lar amé­ri­cain fixé à 1,970 di­nar tu­ni­sien. Dans ce contexte et avec une ges­tion sé­rieuse des fi­nances pu­bliques à même de per­mettre de mettre en oeuvre les en­ga­ge­ments pris, la re­prise se ren­for­ce­ra et se dif­fu­se­ra pour re­jaillir po­si­ti­ve­ment sur une éco­no­mie qui re­com­men­ce­ra à créer des em­plois et faire re­dé­mar­rer les in­ves­tis­se­ments. Dé­jà, l’adop­tion, la semaine der­nière, du nou­veau Code des in­ves­tis­se­ments, par le Con­seil des mi­nistres, prouve la dé­ter­mi­na­tion des pou­voirs pu­blics à al­ler à l’at­table du mal et le com­battre de face. Les dé­pu­tés aus­si doivent conti­nuer à se dé­ployer au pas de charge, pour per­mettre de faire bais­ser du­ra­ble­ment le chô­mage et faire bais­ser la dette pu­blique pour que l’exer­cice 2016 soit ce­lui des en­ga­ge­ments te­nus. Car, pour que notre pays ba­nisse la déses­pé­rance qui le ta­raude, du dé­fai­tisme qui le guette et échappe à l’ou­ra­gan qui em­porte dans ses tour­billons, fi­nances, in­dus­tries et em­plois, cet ob­jec­tif de re­lance reste tri­bu­taire de l’amé­lio­ra­tion du cli­mat so­cial, po­li­tique et sé­cu­ri­taire et de l’en­ga­ge­ment im­mé­diat d’une liasse de ré­formes pour l’ac­cé­lé­ra­tion de la crois­sance. N’en dé­plaise à ceux qui pro­phé­tisent un lent dé­clin pour la Tu­ni­sie et es­pèrent une des­cente aux en­fers, le pays du No­bel de la paix a tou­jours su re­bon­dir, même après les plus dif­fi­ciles pé­riodes de son his­toire. Ce­la dit, pour que ce nou­veau bond soit im­pres­sion­nant, et cette ré­sur­rec­tion soit lu­mi­neuse, il faut que la nou­velle Tu­ni­sie soit au ren­dez-vous avec les préa­lables de cette am­bi­tion éco­no­mique. Il s’agit, en ef­fet, de s’en­ga­ger avec pas­sion dans l’étape à ve­nir, celle du sa­cri­fice, du tra­vail, de la paix so­ciale, du sa­voir, de l’in­tel­li­gence, de la re­cherche, de la cul­ture, du dé­ve­lop­pe­ment, et du par­tage.

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