LE SEC­TEUR FI­NAN­CIER DE­MEURE FRA­GILE

La Presse Business (Tunisia) - - BDUOSSISNIEESRS -

Si tous les cri­tères de réa­li­sa­tions quan­ti­ta­tifs du pro­gramme ap­puyé par le Fonds ont été rem­plis, il a été dif­fi­cile de faire avan­cer les ré­formes struc­tu­relles », telle est la prin­ci­pale conclu­sion sou­li­gnée par le FMI (Fonds mo­né­taire in­ter­na­tio­nal) dans son rap­port pu­blié le 14 oc­tobre. L’ins­ti­tu­tion de Bret­ton Woods s’est mon­trée com­pré­hen­sive, op­ti­miste, mais éga­le­ment in­tran­si­geante : certes, l’éco­no­mie tu­ni­sienne a fait preuve de ré­si­lience face à un en­vi­ron­ne­ment éco­no­mique dif­fi­cile et que le pays a été confron­té à des vents contraires, liés aux me­naces pe­sant sur la sé­cu­ri­té et aux ten­sions so­ciales, mais, au­jourd’hui, la Tu­ni­sie n’a pas le choix. Elle doit ac­cé­lé­rer le rythme d’exé­cu­tion des ré­formes. Car, si la crois­sance éco­no­mique pour­rait at­teindre les 4.7% à l’ho­ri­zon 2020, elle reste, néan­moins, tri­bu­taire de la pro­fon­deur des ré­formes en­ga­gées par le pays. Et l’une des prin­ci­pales ré­formes concerne le bud­get de l’Etat. «La si­tua­tion bud­gé­taire s’est amé­lio­rée en 2015… ce­pen­dant, la com­po­si­tion du bud­get est af­fai­blie… alors que l’in­ves­tis­se­ment pu­blic est des­cen­du à son ni­veau le plus bas (4.2% du PIB), la masse sa­la­riale, qui re­pré­sente 60% des re­cettes, conti­nue à aug­men­ter». Or, au vu de la com­po­si­tion du bud­get pour l’exer­cice 2016 et la hausse de la masse sa­la­riale de plus d’un mil­liard de di­nars, il est clair que cette ré­forme ne s’ins­crit pas à l’ordre du jour pour le gou­ver­ne­ment Ha­bib Es­sid. De même pour la ré­forme de la Caisse de com­pen­sa­tion. Alors que le FMI in­siste sur la ré­duc­tion des sub­ven­tions éner­gé­tiques, ce qui ne peut se tra­duire que par une hausse des prix, la loi de fi­nances 2016 an­nonce le contraire. L’autre ré­forme prin­ci­pale concerne le sec­teur fi­nan­cier qui de­meure, se­lon les ex­perts et les ad­mi­nis­tra­teurs du Fonds, un sec­teur fra­gile et ris­qué. « Le ra­tio des fonds propres pour l’en­semble du sys­tème s’éta­blit au-des­sous des exi­gences ré­gle­men­taires…les prêts im­pro­duc­tifs du sec­teur ban­caire res­tent éle­vés à 15.8% », note le FMI. Pour ce qui est des banques pu­bliques, elles de­meurent structurellement illi­quides, ce qui ac­croît le re­cours au re­fi­nan­ce­ment au­près de la BCT (Banque cen­trale de Tu­ni­sie). Pire, la crois­sance du cré­dit au sec­teur pri­vé, pré­cise le rap­port, reste mo­deste et son ni­veau est lar­ge­ment in­fé­rieur au po­ten­tiel, ce qui ne peut que frei­ner en­core plus l’in­ves­tis­se­ment, et donc re­tar­der la re­lance de l’éco­no­mie na­tio­nale. Même la BCT n’a pas été à l’abri des re­com­man­da­tions du Fonds mo­né­taire, qui, tout en sa­luant la po­li­tique mo­né­taire pru­dente et les quelques dé­ci­sions cou­ra­geuses, ap­pelle au ren­for­ce­ment du cadre lé­gis­la­tif de la banque, pour ren­for­cer son in­dé­pen­dance, et sa po­li­tique.

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