“ON EST EN TRAIN DE RÉFORMER SANS UNE RÉELLE IN­TER­CON­NEXION DES DIF­FÉ­RENTS PRO­JETS”

La Tu­ni­sie ac­cuse un re­tard dans le rythme d’im­plé­men­ta­tion des ré­formes. De tels pro­jets de ré­formes avaient mo­ti­vé les bailleurs de fonds à ve­nir en aide d’un pays en tran­si­tion, po­li­tique et éco­no­mique. Tou­te­fois, les rap­ports de ces ins­ti­tu­tions fi­nan

La Presse Business (Tunisia) - - LOI DE FINANCES 2016 - Par YBK

Mal­gré son ton plu­tôt op­ti­miste, le rap­port du FMI sou­ligne noir sur blanc les re­tards en­re­gis­trés par la Tu­ni­sie sur plu­sieurs chan­tiers de ré­formes. Quelles pour­raient être les ré­per­cus­sions de ce e éva­lua­tion ?

Il est vrai que le rap­port est plu­tôt op­ti­miste et que le FMI sou­tient les ef­forts dé­ployés en Tu­ni­sie, mal­gré un contexte mon­dial dé­fa­vo­rable. Le rap­port parle même d’une re­prise et d’un re­tour à la crois­sance ha­bi­tuelle de la Tu­ni­sie (4.7% à l’ho­ri­zon 2020). Ce­la a une im­por­tance ca­pi­tale au ni­veau de la confiance des par­te­naires, des in­ves­tis­seurs, des mar­chés et des bailleurs de fonds.

Cer­taines re­com­man­da­tions du FMI, dont, par exemple, la ré­forme de l’ad­mi­nis­tra­tion, n’ont pas été prises en compte par le gou­ver­ne­ment dans le pro­jet de loi de fi­nances 2016. Comment ex­pli­quez-vous ce­la ? S’agit-il d’un bras de fer ?

Je ne pense pas que ça soit un bras de fer, mais je pense que le FMI com­prend les dif­fi­cul­tés pour mettre en place cette ré­forme et celle du mar­ché du tra­vail. Le FMI at­tend un re­tour à la nor­male sur le plan éco­no­mique pour haus- ser le ton au ni­veau de ces ré­formes. Certes, les deux chan­tiers se­ront sources de ten­sions dans un fu­tur proche entre la Tu­ni­sie et le FMI, sur­tout que les po­li­tiques vont com­men­cer à ré­flé­chir aux pro­chaines élec­tions et les risques po­li­tiques qu’in­dui­ront ces deux ré­formes. Tout est ques­tion de temps.

La Tu­ni­sie est-elle ca­pable d’ho­no­rer tous ses en­ga­ge­ments avec le FMI ?

Oui. Je pense que la Tu­ni­sie se­ra ca­pable d’ho­no­rer ses en­ga­ge­ments. La ques­tion est plu­tôt si la Tu­ni­sie res­pecte ses en­ga­ge­ments, est-ce que ce­la va la mettre dans une autre lo­gique de dé­ve­lop­pe­ment pour at­teindre, dans quelques an­nées, une crois­sance de croi­sière de 7 ou 8 % ? Je ne pense pas. La Tu­ni­sie es­saye d’ho­no­rer ses en­ga­ge­ments sans une réelle vo­lon­té de chan­ge­ment de lo­gique. On est en train de réformer sans une réelle in­ter­con­nexion des dif­fé­rents pro­jets pro­po­sés (Code des in­ves­tis­se­ments, ré­formes fis­cales, sec­teur ban­caire...). C’est tou­jours la lo­gique ver­ti­cale ou sec­to­rielle qui prime. Une vi­sion glo­bale et des ob­jec­tifs clairs de pro­jet de so­cié­té sont ab­sents. Même le plan de dé­ve­lop­pe­ment en cours de réa­li­sa­tion ne se­ra pas le cadre d’har­mo­ni­ser tout ça.

Newspapers in French

Newspapers from Tunisia

© PressReader. All rights reserved.