QUI CRAINT LA FUITE DES DÉ­PÔTS AMÉ­RI­CAINS?

L’une des plus im­por­tantes places de dé­pôt d’ar­gent chaud voit les Amé­ri­cains ra­pa­trier bru­ta­le­ment leurs fonds.

La Presse Business (Tunisia) - - FINANCIAL TIMES - PAR PAUL J. DA­VIES, FT

Hong Kong a tou­jours été l’une des plus im­por­tantes des­ti­na­tions des dé­pôts d’ar­gent chaud créé par les taux d’in­té­rêts ex­trê­me­ment bas de la Ré­serve fé­dé­rale amé­ri­caine, de­puis la crise fi­nan­cière. Au­jourd’hui, on as­siste au phé­no­mène in­verse, car cet ar­gent com­mence à ren­trer très ra­pi­de­ment aux USA. En ef­fet, les Bourses asia­tiques et les fonds obli­ga­taires ont en­re­gis­tré des re­traits équi­va­lant à 2,1 mil­liards de dol­lars au cours de la semaine der­nière, le plus im­por­tant dé­bours heb­do­ma­daire de­puis août 2011, se­lon Ep­fr, un ca­bi­net d’études. Dans le mou­ve­ment, les fonds spé­ci­fiques consa­crés à Hong Kong ont per­du près de 600 mil­lions de dol­lars, la plus forte sor­tie pour un mar­ché en par­ti­cu­lier. Nous n’en sommes pas à un vi­rage près pour les mar­chés asia­tiques. Le pa­tron de la FED, a seule­ment fait al­lu­sion à un ra­len­tis­se­ment des achats d’obli­ga­tions, ou «tap­pe­ring», dans le jar­gon fi­nan­cier. Il y a en­core du che­min à par­couil rir avant que l’ère de l’ar­gent fa­cile se ter­mine vrai­ment. Ce­pen­dant, pour la plus grande par­tie de l’Asie, et par­ti­cu­liè­re­ment Hong Kong, si les flux mondiaux de ca­pi­taux en viennent à chan­ger de di­rec­tion, le vrai pro­blème ne se­ra pas tant res­sen­ti sur les Bourses et mar­chés d’obli­ga­tions que par les banques. Hong Kong n’est pas seul dans cette si­tua­tion, mais c’est lui qui a en­re­gis­tré les dé­pôts les plus spec­ta­cu­laires d’ar­gent ‘chaud’ dans ses banques. Ils ont aug­men­té de presque 50% de­puis août 2008, pour un to­tal de 2,63 mil­liers de mil­liards de dol­lars de Hong Kong, se­lon la banque Bar­clays. Ce­la a pro­vo­qué un boum du cré­dit qui a fait de la ci­té l’une des rares places fi­nan­cières en Asie où l’ac­ti­vi­té de prêts ban­caires est plus im­por­tante, en pro­por­tion du PIB, qu’en 1997, quand la crise fi­nan­cière asia­tique a frap­pé. Se­lon Ci­ti­group, cette pro­por­tion du cré­dit dans le PIB a aug­men­té de plus de170%, même si l’on en re­tranche les em­prunts en cours, uti­li­sés en de­hors de Hong Kong. Il s’agit du taux le plus éle­vé d’Asie, et faut le com­pa­rer au taux de 1997, qui était de moins de 150%. Tan­dis que les dé­pôts af­fluaient à Hong Kong, une autre chose étrange s’est pro­duite. La pro­por­tion d’ar­gent dé­po­sée dans des dé­pôts à termes, qui, en temps nor­mal, pro­mettent des taux d’in­té­rêt plus éle­vés, a connu une baisse de 65 % en 2008, jus­qu’au seuil his­to­ri­que­ment bas pour cette der­nière dé­cen­nie d’en­vi­ron 45%. Ce­la si­gni­fie que pour plus de la moi­tié de la base de dé­pôts des banques de Hong Kong, les clients peuvent re­ti­rer leur ar­gent au­jourd’hui, s’ils le sou­haitent. L’au­to­ri­té lo­cale des banques, la Hong Kong Mo­ne­ta­ry Au­tho­ri­ty, est vi­gi­lante sur ce point, comme elle l’a été pour l’ex­plo­sion du prix de l’im­mo­bi­lier et autres consé­quences de l’ar­gent ‘chaud’. En 2011, elle a com­men­cé à de­man­der aux banques de conduire des ‘stress tests’, pour com­prendre ce qui se pas­se­rait si la moi­tié de l’ar­gent ex­cé­den­taire ar­ri­vé sur l’île de­puis 2008 dis­pa­rais­sait su­bi­te­ment. Les ré­sul­tats ont été as­sez stu­pé­fiants. Se­lon Shar­nie Wong chez Bar­clays, si la moi­tié des li­qui­di­tés sup­plé­men­taires quit-

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